Cf. pouilleux, a. fr. peouilleux
> verrouil ; *conuculam > conçdam > quenouille ; *ranunculam > rançclam > grenouille.
U long tonique, comme /, se maintient dans toutes les positions; suivi d'une nasale devenue finale, il donne la
voyelle nasale un (œ).
Ex. : durai > dure ; pûrum > pur ; secûrum > seiïr,
sur :
flûmen > flun (fleuve); plùtnam > plume ; ûnuin > un ; lûnam > lune ; *agûrium (lat. cl.
augârium) > e-iir, plus tard eur, heur, dans
bonheur, malheur.
Le son u (iï) est propre au français et au provençal ; les autres langues romanes ont gardé le son ou du latin1. On a voulu attribuer ce changement de ou en u à une influence celtique; mais cela n'est pas démontré.
U long tonique suivi de c, g donne par la palatalisation du c la diphtongue ni.
Ex. : tructam > truite; déstructura > destruit ; conductum > conduit; fructum > fruit; *brûgitum (lat. cl. rugituni) > bruit.
L'ancien français disait aussi lutte, de luctam, lutte.
U suivi d'un yod donne le même résultat, même s'il n'est pas en contact immédiat avec le yod: *ûstium (lat. cl. ostiurri) > huis; *pertûsium > pertuis.
Diphtongues.
parmi les diphtongues latines au est la seule qui soit
i . Sauf quelques dialectes du Nord de l'Italie.
VOCALISME 25
assez fréquente1. Elle a donné, quand elle était tonique, g ouvert.
Ex. : aurum > or ; audit > il ot (entend) ;
thesaurum > trésor ; laurum > lor (laurier) ;
pauperem > povre> fr- m- pauvre ;
*gaudiam > joie ; daudere > clore ;
aucam > oie (et ouè) ; fabricant, faurga > forge ;
*paraulam (de parâbolani) > parole.
Au en contact avec // latin, par chute d'un c, donne ou. Ex. : paucum > pou (peu); raucum > rou (cf. en-rou-er).
VOYELLES PROTOMQUES ET POSTTONIQUES
Les voyelles protoniques ou prétoniques se maintiennent ordinairement, quand elles sont initiales d'un mot.
Quand elles sont libres, il se produit quelques modifications peu importantes.
Quand elles sont entravées, elles subissent encore moins de changements.
Pour les voyelles protoniques qui ne sont ni initiales, ni' en syllabe initiale, ni contretoniques on sait qu'elles sont considérées comme contrefinales et traitées comme si elles étaient après l'accent principal.
Nous ne nous occuperons ici que des voyelles protoniques initiales ou en syllabe initiale.
A reste a. Ex. : avril ; avoir ; amer (aimer) ; amer (< lat. amarum)] aval «ad vallem); baron; clamer; naïf; savoir; laver, etc.
i . Les diphtongues se, ce ont été traitées plus haut ; cf. e ouvert et e fermé.
A initial ou en syllabe initiale, suivi ou précédé de r, passe ordinairement à e: granarium > grenier; armeniam > hermine; *ranunculam > grenouille; sarcôfagum > cercueil; * mater iamcn, mafriamen > merrain.
A libre en syllabe initiale après c devient e (ca > che).
Ex. : cabalhim > cheval; *caprioîum > chevreuil; capillum >> cheveu ; camisiam > chemise.
Cabane, canal (cf. chenal) et autres mots commençant par ai sont sans doute des mots d'origine méridionale ; plusieurs sont d'origine normanno-picarde; cf. infra, traitement du C.
Chapelle, chapitre, chanoine, chameau, etc., ne paraissent pas être d'origine populaire.
Quand a précédé de c en syllabe initiale est suivi de /, il se maintient ordinairement.
Ex. : cal or cm > chaleur ;
calere > chaloir, cf. nonchaloir ; calamcUum > chalumeau.
A formant un hiatus d'origine romane avec û se dissimule en e.
Ex. : *habutitm > «*, eu ; *saputum > seûj su ; *sabucnm > seù, su (su-reau).
maturum > meùr, mûr; *agurium (pour augurium) > eiir, eur.
^4 protonique entravé se maintient.
Ex. : cantate > chanter ;
lassare > lasser ;
carbonem > charbon ;
castaniam, lat. cl. castaneam > chastaigne, etc.
Cf. encore manteau, chanter, vanter, etc.
VOCALISME 27
A protonique, initial ou en syllabe initiale, suivi d'une consonne -f- yod, ou en contact avec un i provenant de r, donne la diphtongue ai1;
Ex. ; adjutare > ajntare > aidier; axellam > aisselle; laxare > laissier; tractare > traitier; lactucam > laitue; rationcm > raison ; sationem > saison ; ma(n)sionem > maison.
Gomme on le voit par ces derniers exemples, il n'est pas nécessaire que Va soit en contact immédiat avec i pour que la diphtongue ai se produise.
Il n'est pas nécessaire de distinguer, à l'initiale protonique, e ouvert de e fermé.
E libre, initial ou en syllabe initiale, se maintient, sous forme d'e muet, et disparaît dans quelques mots, quand il est en hiatus, par suite de la chute d'une consonne.
Ex.: *etaticum > eage, âge; debere > devoir; vedere (lat. cl. videre) > veoir, voir; sedere > seoir; *minare, mcnare > mener; *seperare (pour separaré) > sevrer; vjtellum (lat. cl. vitellum) > veel, veau; sigillum > seel, seau, sceau; *veracum (pour veraceni) > verai, vrai.
Dans quelques mots e s'est transformé en u sous l'influence de la consonne précédente.
Ex. : gemellum > jumeau (cf. les Gémeaux) ; *fimarium > fumier (et non femier) ; bibitis, lat. vulg. bebetis > buvez (a. fr. bevei).
E entravé reste, avec le son d'^ ouvert devant r~, dV fermé dans les autres cas.
i. Prononcée ai à l'origine, mais devenue ey vers noo, puis e (e ouvert) au milieu du xne siècle.