Et aussi devant s + consonne : vestir, peschier
Ex.: fer mare (lat. cl. firmaré) > fermer; sermonem
> sermon; vertutem (lat. cl. virtutem) > vertu; mercedem > merci; *fellonem > félon; cessare > cesser; Jfstrictum, lat. vulg. destricium > destreit, détroit, etc.
£ suivi d'une nasale (ti, ni) -\- consonne forme avec cette nasale la voyelle nasalisée en (prononcée an, a).
Ex. : inflare ]> enfler; ingeniiini, lat. vulg. engenium > engin; intrare > entrer; imperium > empire: *impejorarc
> empirier.
E -\-c, g, e H- consonne -+-jwd > «, puis aï1.
Ex. : medietatem > meitiet, moitié;
*terc (lat. cl. &m) > leisir, loisir ; necare > neiier, neier, noyer ; *pectorinam > peitrine, poitrine ; vecturam > veiture, voiture ; exitt > eissir.
£ en syllabe initiale suivi de r, / (ou même précédé de r, /), passe quelquefois à a, les groupes et — ar, el — al étant phonétiquement très voisins.
Ex. : mercatum > marché; per > par (par n'ayant pas d'accent est protonique par rapport au mot qui le suit) : pervenire > parvenir; * perganûno > parchemin; *remare
> ramer : \elosum, *ielosum > jaloux ; *glenare > glaner; *bilanciam, lat. vulg. belanciam > balance; silvaticum, selvaticum > salvage, sauvage; delphinum >dalfin, dauphin.
Leoneni a donné lion, par suite du passage de e à / en hiatus et laetitiam, devenu leesse, a donné liesse. Dans ci ment (de cementum pour caementum) Yi paraît être dû à l'influence de la palatale initiale.
i. Pour les transformations de cette diphtongue, cf. le traitement de ç tonique supra, p. i5.
VOCALISME 2»
0 ouvert et o fermé libres en syllabe initiale ont abouti dans la langue moderne à ou (à l'origine de la langue o fermé).
Ex. o ouvert : movere > mouvoir; probare > prouver; *jocare > jouer; locare > louer; *volere (lat. cl. vellé) >» vouloir; *potere (lat. cl. possé) > pouvoir; dolere > Vouloir; sçlere > souloir, etc.
Ex. o fermé : sobinde (lat. cl. sûbinde) > souvent; nodare > nouer ; plorare > plourer t ; solatium > soûlas, etc,
O ouvert entravé en syllabe initiale reste o. Ex. : dçrmire > dormir ; *sçrtire > sortir; mgrtalem > mortel ; portare > porter, etc.
Au contraire o fermé entravé donne ou.
Ex. : sobvenire (Idit. cl. subvenire) > souvenir; cçrreniem
> courant; notrire > nourrir; *sofferire (lat. cl. sufferre)
> souffrir ; dobtare > douter, etc.
O ouvert ou fermé suivi d'une nasale -f- consonne forme avec cette nasale la voyelle nasalisée on.
Ex. : computare > conter, fr. mod. compter; commeatum
> congiet, congé; nomerare, nom rare >nombrer'; nçminare, nomnare > nommer (prononcé, au début, nonmer), etc.
Dans quelques mots usuels employés comme proclitiques on est passé à an : dominam, domnam > dame ; dominus > danz ; cf. dameisel — damoiseau, dameiselle — damoiselle; * ' dominiarium donne dongier (puissance) et danger. Enfin non s'est affaibli en nen ; cf. nen-il, nennil « non Mi).
i . Plourer comme demourer est devenu pleurer sous l'influence des formes accentuées sur le radical : je pleure, tu pleures, etc.
30 PHONETIQUE
0 ouvert ou fermé suivi d'une consonne -+- yod ou d'une palatale (c, g) donne ci (pin devant nasale).
Ex.: *fçcarium > foyer ; *locarinm ^> loyer; otiosum
> oiseux; potionem > poison: çxorem (lat. cl. uxorem)
> oissour (épouse) ; *longitanum > lointain ; joncturam (lat. cl. juncturam) > jointure.
Octobre est un mot savant. L'ancienne langue avait oitouvre.
Remarque. — Sororcm donne serour (sœur) par dissimulation de o-o en e-o] ; *conuclam > quenouille ; rotundum
> reond, rond, présentent une dissimilation de même nature.
C'est ainsi que s'expliquent également semondre de submonere (lat. vulg. sobmônërè), secourir de siiccurrere, stlonc (selon) de sublongiim, mots où Yo initial (u) est fermé.
1 long se maintient en syllabe initiale.
Ex. : fïlare > filer; limare > limer: privare > priver; *mtrare(\aA. cl. mirart) > mirer.
Quand la voyelle tonique est un î, Pi de la syllabe précédente se dissimile en e.
Ex. : dïvinum > devin (divin est un mot savant); dïvïsum > devis (diviser, indivis sont des mots savants) ;ftnire
> tenir (finir est moderne) ; *pittttum > petit ; mîsistï > mesis, mei's, mis.
Vïcïnnni, devenu dans le latin vulgaire vecinum, donne veisin, voisin.
i. On trouve déjà serorem, retundum, dans des inscriptions du iii< siècle.
VOCALISME 31
Les mots premier, merveille présentent également le passage de ï initial à e (lat. prlmarium, mîrabilia pluriel neutre de mirabilis).
Dîrectum est devenu à' rectum, drectum en latin vulgaire,
d'où : dreit, droit.
U long en syllabe initiale reste sans changement : dûrare >• durer ; ilsare ^> user.
Cf. cependant *jûniciam (lat. cl. junix) > génisse et jûniperum, devenu en latin vulgaire junéperum (peut-être jeneperum), qui donne genièvre, où le yod initial parait avoir dissimilé Vu en e.
Suivi d'un c, il long donne la diphtongue ai. Ex. : lûcéntem > luisant; dûcéntem > duisant (dans conduisant, séduisant, etc.)
Au
Au protonique initial devient o (ouvert) comme au tonique.
Ex. : pausare > poser; auriculam > oreille; *ausare > oser; *raubare > dé-rober.
Devant une voyelle cet o est passé à ou : audire > ouïr; *gaudïre(\dit. cl. gaudere) > jouir; laudare > louer.
Au -h c, au -f- consonne -+- yod aboutissent à la diphtongue oi.
Ex. : aucellum (lat. cl. avicelluni) > oisel ; *gaudiosum >joïous, joyeux.
Augustum et augurium étaient devenus en latin vulgaire agustum, agurium; d'où aoust, août;eùr, eur(boneur, maleur ; fr. mod. bonheur, malheur, par influence de heure).
Semi-consonnes (i, u).
La semi-consonne i se trouve tantôt dans une syllabe tonique ou protonique (ratiônem > raison, potionem > poison), tantôt, et même plus souvent, dans une syllabe posttonique : *gaudiam > ]o\e,*ustium > huis. Elle sera étudiée à la fin du consonantisme.
En ce qui concerne le traitement des voyelles en contact immédiat ou indirect avec la semi-consonne \y cf. supra, aux différentes voyelles.
La semi-consonne u (dans qui, quando, quare), beaucoup moins importante d'ailleurs que /, sera étudiée également à la fin du consonantisme.
Voyelles posttoniques.
Elles ont été traitées plus haut (p. 9-10), à propos de l'accent.