Rapidum a donné rade
Intervoealique il s'est affaibli en v devant a, e, i, et il a disparu devant o, u.
Exemples :
i ° debere > devoir ; bibernum > hiver ; caballum > cheval ; tabernam ]> taverne ; subinde > souvent ; cubare > couver.
2° sabucum > seû, su (dans su-reau) ; *habutum > e-iï, eu ;
* début uni > de-ù, du ;
* taboue m > taon.
Emprunts aux langues méridionales, probablement au provençal : abeille, cabane, ciboule, cabus (chou), etc.
Groupes bl, br à l'intérieur des mots.
Le groupe bl, VI reste sans changement.
Ex. : sabulum > sable ; stabulum > étable ; tabulam > table.
Remarque. — Tôle et parole paraissent empruntés aux dialectes de TEst où le groupe b'1 vocalise le b en u.
Br, Fr devient vr.
Ex. : libram > livre ; Hahram > lèvre ; liber are, lib'rare > livrer ; fa bru m > fevre ; febritarium > février.
CONSONANTISME 39
De même que p disparaît dans les groupes pt, pd, b disparaît dans les groupes ht, bs, bv, bm. Ex. : dubitare > dub'tare > douter; *subitanum, sub'tanum > soudain; obscurum > oscur ; subvenire > souvenir ; submônere (lat. cl. submônere) > semondre, etc.
Dans les mots comme obscur, absent, obstiné, subvenir, observer, etc. , le rétablissement du b est dû à une influence savante.
B devenu final passe à / comme p final. Ex. : trabem > tref ; sébum > suif; mais le traitement de ce dernier mot est obscur.
De?
ENTALES.
T initial persiste; le groupe tr également. Terram > terre; trente, trembler, etc.
Tremere, devenu sans doute en latin vulgaire *cremere, a donné membre en a. fr. et non *triembre; d'où, par suite de l'analogie des verbes en -oindre provenant de -angere, la forme moderne : craindre.
T intervocalique disparaît, après être passé par le stade â.
Ex. : vitam > vide, vie ; rotundum > redon, reond, rond ; metallea > médaille, meaille, maille1 (médaille est une forme méridionale); *terratorium > terredoir, terreoir, terroir (Prov. terradou). Cf. les nombreux mots en -oir. Les participes passés en -ata, -ïta, -ûia donnent ée, ie, ûe {parée, finie, venue).
Le maintien du t intervocalique s'explique par l'influence savante dans des mots comme : natif (à côté de naïf, forme populaire), créateur, nature, métal, etc.
i . Avoir maille à partir — avoir argent à partager.
Dans matin il provient d'un double tt (jnat'tinus pour mat ut in us); mâtin vient de mastin; dans des mots comme pâture, pâte, etc., le maintien du / s'explique par une ancienne forme pasture, paste.
Groupes Tr. 77.
Tr : le t disparaît après être passé par â : ordinairement r se redouble.
Ex. : patron > pedre, père ; matrem > medre, mère ; petram > pièdre > pierre ; latronem > ladron > larron ; nutrire > nodrir > nourrir :
*petronem, > pedron > perron ; *materianien, mafriamen > merrain1.
Des mots comme patrie, patrimoine, patron, sont des mots savants; patrouiller est mis pour patouilkr .
Ti' : / peut s'affaiblir en d puis s'assimiler à / suivant qui s'est quelquefois vocalisé.
Ex. : Roîlandum (pour Rotolandum) > Rodlant,Rollant ; spatulam > espadle, espalle, épaule.
Ordinairement ce groupe passe à tl puis à tr.
Ex. : cpistola?n, epis'tlam > epistle, épistre ;
apostolum > apostle, apostre ;
capitulum > chapitre :
titulum > titre. *Vetulumt àe\en\i*vec!um, a donné vieil.
i. Le groupe *W donne ir dans repairier (auj. repérer) de repatriare : peut-être merrain vient-il de *maleramen et non de *materiamen.
i. Ce groupe ne se trouve pas dans le latin classique ; mais il existe en latin vulgaire, surtout dans les proparoxytons, par suite de la chute des voyelles pénultièmes : apostolum, apost'lum.
CONSONANTISME 41
T final latin après voyelle (ou devenu final en français) s'est maintenu pendant quelque temps, jusqu'à la fin du xie siècle ; il se prononçait sans doute comme le th dur anglais; puis il a disparu.
Ex.: amat > aimet, aime; amatum.^> amét, aimé; finitum > finit, fini; *perdutum > perdut, perdu; virtutem > vertut, vertu; bonitatem > bontét, bonté.
Dans sititn, lat. vulg. setem, par suite d'une influence non expliquée1, / s'est transformé en f; soif.
T final (ou devenu final) après consonne se maintient. Ex. : dormit > dort; venit > vient ;factum > fait; dictum > dit.
T-+-S final devient ^, qui en ancien français se prononçait ts.
Ex. : amatus > amez (pron. amét s) ; natn s > nez (pron. nets) ; hostis > oz (pron. ots) ; nostros > noz, nos.
D initial se maintient. Dos, devoir, dur, dormir, douleur.
D intervocalique disparaît en passant par â.
Ex. : audire > ouir ; *gaudïre(\a.t. cl. gaudere) > jouir ; sudare > suer ; denudare > dénuer ; vider e > veoir, voir ; sedere > seoir ; laudare > louer ; *codam > queue ; fidelem > féal (fidèle est un mot savant), etc.
Des mots comme crudité, nudité, et beaucoup d'autres, dénoncent une influence savante.
i. Peut-être y a-t-il eu l'influence de la forme : je boif, de bibo.
Groupes Dr, Dl.
Dr, d'r donne rr par disparition de à (devenu d'abord d) et redoublement de r ; mais quelquefois aussi il reste un r simple.
Ces différences paraissent s'expliquer par la chronologie.
Ex. : ridtrt, rid're > rire ; credere > croire : claudere > clore; cathedram > chaiére, chaire; quadraUim > carré; hederam > ierre (lierre, mis pour l'ierrè)
Dl, d'I, groupe très rare, donne dr dans les mots suivants : scândalum > esclandre; Vàndalum > Vandre (Vandale). Modulum a donné modle, molle, moule.
D devenu final disparaît, après voyelle, apiès s'être maintenu jusqu'à la fin du xie siècle, avec le son de th anglais doux.
Ex. : nudum > nu ; crudum > cru ;
fidem > foi ; mercedem > merci.
Le d a été rétabli dans quelques mots pendant la période de la Renaissance.
Ex. : pedem > pied (a. fr. pié), nid, nœud, etc.
D final d'origine germanique se trouve représenté par/.
Germ. bed (ail. mod. Bett) > bief. Cf. Elbeuf, Paimbœuf (de noms germaniques terminés en -bodd), et des noms propres de personnes comme Marbeuf<i (Marbodo).
• D devenu final après consonne s'est changé en t au début de la langue : grandem > grant, tarde > tart ; subinde > souvent ; dans la plupart des cas la langue moderne a rétabli le d : grand, tard, sourd, tourd.
CONSONANTISME 43
Palatales.
Groupes Cl, Cr initiaux.
Les groupes cl, cr initiaux se sont maintenus.
Ex. : clausum > clos ; crudum > cru ; crucem >• croix.
Il y a cependant quelques exemples d'affaiblissement, qui s'expliquent par la phonétique syntactique2. Classicum
> glas ; crassum > gras (influence de gros ?) ; craticulam
> gre-ïlle, grille.
C initial -f- voyelle. Ici il faut distinguer trois cas : i° co, eu3; 2° ca; 3° ce, ci.
Tableau des points de formation contre le palais des groupes ca, ce, ci, co, eu, en réalité : ka, ké, ki, ko ,kou, et des groupes
Dents Gorge
i. Prononcé k en latin : kantare, kentum. konsul, etc.
2. On appelle phonétique syntactique la phonétique des mots considérés non individuellement, mais comme faisant partie d'une phrase.
3. C'est-à-dire kou, cf. infra ; kii devrait être placé dans le troisième groupe.