Ge comme dans guerre, gi comme dans guide
K dans ki, ke (et kiï) est dit prépalatal, c'est-à-dire formé dans la partie antérieure du palais dur; k~\-a est dit médiopalatal ; ko, kou, postpalatal.
i° Co reste, eu (koiî) également.
Ex. : Cor > cœur;
cotera > queux (pierre à aiguiser) ;
coquum > queux (cuisinier) :
eodam (pour cauda) > queue ;
ciiram > cure ;
corium > cuir.
2° Ca. Pour ce groupe il suffit de rappeler ici sommairement ce que nous avons dit à propos de a.
Le groupe ca initial accentué donne eh -f- te, si a est libre : carum > chier; *capum > chief; canem > chien; capram > chièvre.
Caulem donne c/wwi et causant, chose. Ici l'a n'est pas pur : il y avait une diphtongue : le traitement n'a pas été le même que si Va avait été pur.
Si a est entravé, le groupe se maintient sans changement : cameram, cam'ram > chambre ; contai > il chante ; campum > champ.
Quand le groupe ca est avant l'accent, le c se change en ch (a passe à e, s'il est libre, et rester s'il est entravé1): càbâllum > cheval; camisiam > chemise; camïnum > chemin; carbônem > charbon.
Le traitement de ca initial est un des traits qui distinguent le plus nettement la langue d'Oc de la langue d'Oïl ; cependant, d'une part dans les dialectes méridionaux qui forment la frontière linguistique avec la langue d'Oïl, ca initial passe à ch ; par exemple en périgourdin, limousin, auvergnat, dauphinois, etc.
D'autre part deux dialectes importants de la langue
i. Cf. supra, p. 36, pour les mots traités différemment.
CONSONANTISME 4o
d'Oïl, le normand et le picard, gardent le groupe ca intact : rescaper, cantel, castel, le Cateau, Cambrai (et non Chambrai), etc.
Beaucoup de mots commencent par ca dans le français moderne : ce maintien de ca s'explique par des emprunts (langues du Midi, normand, mots savants, mots anglais, allemands, etc.).
3° C-\-e, c-j-i initiaux donnent s dure, écrite ordinairement cx.
Ex. : ceram > cire ; cinerem > cendre ; centum > cent ; cilïum > cil.
*Circare > a. fr. cerchier, fr. mod. chercher, par assimilation du premier phonème (c) au second (ch).
C APPUYÉ INITIAL D'UNE SYLLABE A LTNTERIEUR d'un MOT
Lorsque c est, à l'intérieur d'un mot, précédé d'une consonne, et qu'il commence une syllabe (per-currere), le traitement dépend, comme quand il est initial d'un mot, de la voyelle qui le suit.
i) Cons.-j-co, eu; c se maintient: percurrit > .par-
court; sarcôfagum > sarcou, sarcueu, cercueil; mais verecundiam > vergogne, parce que le c s'est affaibli avant la chute de e qui précède. De même les suffixes -dicum,
i. Cette transformation de ke, ki en se, si s'est produite lentement et par des changements successifs dont les principaux paraissent être, en particulier pour ke, les suivants: k'e, kye, tye, tche, tse, se; toutes ces transformations se sont produites (sauf tse) avant l'époque du français écrit.
Pour la transformation de ka en ch (che ou chie) le point de départ est la formation d'un i entre les deux éléments : k'a, kya, tya ou tye, tcha ou tche : cette dernière prononciation existait à l'époque de nos premiers textes; cf. infra.
46 PHONETIQUE
-ticutn ont donné je, ge, par suite de l'affaiblissement de c en^-en latin vulgaire; le g s'est ensuite fondu dans Yi qui le précédait.
Ex. : *aetaticnm > eage, âge ; *coraticum > courage ; jormaticum > fromage ;
medicum > miège ; *pedicum > piège ; *sedicum > siège ; *silvaticum > sauvage.
2) Ca commençant une syllabe après une consonne à F intérieur d'un mot devient ch ou g*.
Ex. a) buc\cam > bouche; maricam > manche ; pec\catum > pechiét, péché ; vac\cam > vache.
b)fabricare, fabr'carc > forgier ; fabricam > forge ; *carricare > charnier ; delicatum, del'catum > delgiet (délicat).
3) C-\-e, c-\-i, commençant une syllabe après consonne, donnent s dure écrite ordinairement c.
Ex. : ramicellum > ram'cellum > rinceau; rumicem > rum'cem > ronce ; mtdicinam > med'clnam > mecine (médecine , mot savant).
C IXTERVOCALIQUE.
Il faut distinguer ici aussi le point d'articulation. i° Postpalatal, c'est-à-dire devant 0, m (0/;), c intervocalique disparaît.
60NS0NANTISME 47
a) Avant l'accent : secûrum > seiir, sûr ; *placûlum > pieu, plu; *tacûtum > teii, tu.
b) Après l'accent : paucum > pou (peu) ; raucum > rou; focum > fueu, feu.
2° Voyelle -f-r#.
#) Après 0, u, c disparaît.
local > il joue; local > il loue; advocatum > avoué {avocat, forme savante ou méridionale).
£) A, e, i,-\-c : c passe à yod (f).
Pacat > paie ; w&r^rtf > neier, noyer ; plecare > pleier, ployer; picam >pie; *ficam^>Re (figue est d'origine méridionale). Dicam > q. je die, est très régulier.
3° Voyelle -f- ce, ci. C se transforme en s (pron. %), en dégageant un yod (is).
Placere > plaisir; lacère > taisir; *racïmum (pour r#cemuni) > raisin; coquinam > cocinam (pron. cokina) > cuisine.