‹ Grammaire élémentaire de l'ancien françaisChapitre 25 sur 121 · G FINAL · texte numérisé non relu

G FINAL

G n'existait pas à ia finale en latin. Quand il est devenu final en passant en français il s'est durci en c après une consonne: longum > lonc; largum > lare; *sanguem (lat. cl. sanguinem) > sanc: gerni. ring > ranc. L'orthographe moderne a rétabli le^.

Après voyelle il est traité comme intervocalique(ce qu'il était en réalité) et est devenu i: regem > roi : legem > loi.

G -+- consonne a l'intérieur d'in mot

G suivi d'une consonne à l'intérieur d'un mot (g't, g'd, gr) se change en /'.

Ex. : digitum, digtum > doit (doigt, orthographe moderne); frigidum, jrigdum > froid; fragrare > flairer; nigrum > noir; Ligerim, Lig'rim > Loire.

Groupe ^;/. Ce groupe donne n mouillée, qui est représentée tantôt par in, tantôt par gn ; à la finale cette n s'est asséchée dans la prononciation moderne.

Ex. : pugmtm > poin(g); signum > sein(g);plantâginem, plantag'nem > plantain; propaginem > provain (fr. mod. provin).

Exemples de gn non final : *insigniam > enseigne ; pugnam > poigne; agmllum > agneau; *d ignare (lat. cl. dignari) > deignier, daigner.

Quand le groupe gn était suivi en latin vulgaire d'une consonne, gn donnait à l'intérieur d'un mot in. Ex. :

CONSONANTISME 53

dignitatem, digntatem > deintiet (fr. mod. dignité, mot savant); cognitam, cogntam > cointe ; enseignier, subj. prés. 3 p. sg. enseint; deignier, même temps, même personne deint.

Groupe ng -f- voyelle. Les verbes en -ângere, -ingère (éngere), -ûngere donnent -aindre, -eindre, -oindre: ceindre, plaindre, enfreindre, a. fr. fr aindre, etc.

Gl a donné / mouillée. Ex. : vigilare, vig'lare > veiller; coagnlare, cag'lare > cailler. Règle est un mot savant; régulant, reglam aurait dû donner *reille.

Groupe gu. Le traitement de ce groupe n'est intéressant que dans quelques mots d'origine germanique. Cf. infra, le traitement du tu.

k A l'intérieur des mots le groupe gu, précédé de «, se maintient sous forme de g dur (gu devant e, ï) dans les mots d'origine latine : *linçuaticum > langage; unguentum > onguent; *sanguinum > sanguin.

Dans légua, d'origine celtique, le g tombe et Vu forme avec la diphtongue provenant de é la triphtongue ieu : d'où lieue.

Le mot d'origine germanique tregua a donné également trieue; mais u s'y est aussi consonifié dans la forme trieve, trêve.

La prépàlatale i\ sera étudiée en partie à la fin du consonantisme. Ici nous ne nous occuperons que de son traitement à l'initiale, où elle devient j (g).

Ex. : iocum > jeu; *iocare > jouer; iacere (pron. yalcçre) > gésir ; *iuniciam > génisse ; iuniperum > genièvre.

ï. Prononcée en latin comme y dans yeux et non commej dans^eu.

Si PHONÉTIQUE

V et F persistent à l'initiale.

Ex. : vinum > vin ;

vendere > vendre ; fragilem > fraile, frêle ; *fieam > fie ; ferrum > fer.

Cependant vicem a donné fois (et non vois) et vervecem berbis-brebis (on admet pour ce dernier mot que dans le latin vulgaire il était devenu déjà *berbecem, ou plutôt *berbiceni).

Dans d'autres mots v initial, par analogie avec les mots d'origine germanique, a donné gu, g (=g dur).

Ex. : vadum > gué ; vastare > gaster ; *vulpkulum > goupil (renard) ; vervactum > guéret ; Vasconiam > Gascogne ; viperam > guivre.

Intervocalique v subsiste devant a, e, i.

Ex. : avarum > a ver (avare) ; vivat > vive ; bovarium > bouvier ; *lixivam > lessive.

Il disparaît devant o, u.

Ex. : pavorem > paour, peour, peur ; pavonem > paon ; avunculum > oncle ; oviculas > ouailles.

CONSONANTISME 55

Le traitement de f intervocalique est obscur. En général elle disparaît.

Ex. : *bifacem > biais ; deforis > dehors ; *refusare > reiiser, ruser ; *scrofellasx > écrouelles.

F finale peut s'amuïr quand elle est suivie de s.

On disait autrefois : uns sers, uns cers et au cas régime un serf, un cerf.

Des traces de cet amuïssement sont restées dans œuf et bœuf, que l'on écrit au pluriel œufs et bœufs, mais que Ton prononce eu et bcu.

Le v devenu final en français s'est durci en/.

Ex. : Vivum > vif; captivum > chaitif, chétif; navem

> nef; clavem > clef.

Les groupes de consonnes formés avec v sont peu importants. Citons cependant le groupe Ivr dans des mots comme absolvere, absolv're > absoudre ; pulverem > pulvrem > poudre, où le v a disparu et où un à s'est intercalé. Dans les autres groupes comme vg, v't, v'n, v disparaît : navigare, nav 'gare > nager; civitatem, civtatem

> cité; juvenem, juvnem > jeune (au début juefnè).

Cf. de mêmeNpour/(ph)-f-ft : *Estepbanum > Etienne; aniephonam > antienne. Cependant / s'est maintenue en dissimilant n en r dans : *cofinum > coffre.

5 était dure (sourde) en latin. Elle Test restée, en français, à l'initiale: soir, sel, sœur, salut et, à l'intérieur d'un mot, quand elle commence une syllabe : ver\ser, our\se, etc.

i. Peut-être plutôt *scrobellas.

Seuls les mots d'emprunt comme Alsace, balsamique, ont, dans ce dernier cas, une s sonore (-).

Intervocalique elle est devenue sonore : chose, rose, pause, trésor, etc.

5 H- consonne (ou x, c'est-à-dire es, -h consonne), à l'intérieur d'un mot : s s'est amuïe, dans la langue moderne, en allongeant la voyelle qui précède (allongement marqué ordinairement par un accent circonflexe).

Ex. : insulam > isle, ile :

elemosinam, eVmos'nam > aumosne, aumône ; fraxinum > fresne, frêne ; asinum > âne.

Dans les groupes s'r, scr un à ou un / se sont introduits avant la chute de s.

Ex. : consuere > cousdre, coudre ; *essere > estre, être ; pascere, pacs're >paistre, paître ; cognoscere, cognoesere > conoistre, connaître.

Les groupes suivants sp, st, se sont plus fréquents : s disparait et ia voyelle s'allonge.

Ex. : *crispare > cresper, crêper ; costam > coste, cote ; gustum > goust, goût ; a(u)gusium ]> aoust, août ; *piscare > peschier, pêcher.

De nombreux mots d'emprunt ont gardé s devant p, t, c. Ce sont des mots savants ou des mots empruntés aux langues méridionales de l'Europe.

Ex. Bastion, bastide, suspect, suspicion, sustenter, substantif, aspérité (cf. âpreté), épiscopal (mais evesque, êvcque, etc.).

Groupes se, sp, st à l'initiale. En latin vulgaire un e

CONSONAKTISME hl

(J) était venu se placer devant s : on disait estatua, escribere ou istatna, iscribere, etc.

E est resté et s a fini par s'amuïr.

Ex. : stàbulum > es table, étable ; scalam > eschelle, échelle ; scribere > escrire, écrire ; stoppam > estoupe, étoupe ; sponsam > espouse, épouse.

Les dialectes du Midi ont conservé s dans ce cas-là : escrime, estable, etc.

Les mots commençant pas esc, est, esp sont nombreux en français : mais la plupart sont des mots savants ou des mots empruntés aux langues méridionales (provençal, italien, espagnol). Escalade, estampe, espion, esprit, estomac, escargot, escalier, escarpe, esquille, estacaàe, estrade (a. fr. estréé), etc.

L'histoire de l'amuissement de s dans ces groupes est intéressante, mais compliquée. Il semble s'être produit du xie au xme siècle. L'orthographe a gardé longtemps s et l'Académie ne l'a supprimée que dans la 3e édition (17^0) de son Dictionnaire.

Z n'existait en latin que dans les mots empruntés au grec. *Zelosus est traité comme si on avait écrit ou prononcé ielosus et a donné jalons (jaloux). Dans Lâ^arum ;( est traitée comme s; d'où La\arum > La^rum > lasdre, ladre.

Les mots commençant par % en français sont empruntés au grec ou au grec latinisé (gèle, zpne, zodiaque, ^oologie') ou aux langues orientales (arabe ^ênith, zéro, etc.).

Nasales.

M initiale se maintient, sauf dans quelques mots où elle s'est changée en n.

Ex. : mappam > nappe ; mattam > natte ; *mespulam > nèfle.

M double à l'intérieur des mots s'était réduite à m ; elle a été rétablie dans l'orthographe.

Ex. : flammam > flame, flamme ; summum > some, somme ; gemma m > geme, gemme ;

On a prononcé autrefois : flan-me, sofi-me, avec la première voyelle nasalisée. Cette nasalisation paraît s'être maintenue jusqu'au xvie siècle.

Le groupe mn, mn avait été traité comme mm et la voyelle qui précédait était aussi nasalisée.

Ex. \feminam > femme (a. fr. feme, prononcé/aw-me) ; hominem > orne, pron. on-me; somnum > some, somme ; dominant > dame ; nominare, nom'nare > nomer, nommer.

Xm, groupe plus rare, se réduit à m, en allongeant la voyelle précédente. Ex. : animam,anmam > âme (au début aneme, an-me)\ Hicronimum > Jérôme.

Dans des mots comme damner, condamner, m a été rétablie par une réaction orthographique. Des mots comme automne, calomnier, hymne, omnipotent, etc., sont d'origine savante. Columnam a donné colonne et colombe (terme de métier).

Dans les groupes secondaires ml, m'r un b s intercale.

CONSONANTISME 59

Ex. : insimul, insirnl > ensemble; humilem, hianlem > humble; cumulare > combler; *tremulare > trembler; numerum, num'rum > nombre; *cameram > chambre; Cameracam > Cambrai ; rememorare, rememrare > remembrer.

M entre deux consonnes disparaît.

Ex. : dormis > dors (le radical verbal dorm- reparaît dans dorm-ons, dorm-e^, etc.); dorm(i)torium > dortoir; Firmitalem, Firmtatem > (La) Ferté ; vermis > vers (cas sujet; cas régime ver m, ver).

M devenu finale en français s'écrit tantôt n, tantôt m. Ex. : aeramen > airain; famem "> faim; examen > essaim ; racimum (lat. cl. racèmum) > raisin .

JV initiale se maintient. Ne%, net, nom, nain. Cependant \u\nicornam adonné par dissimilation licorne et non nicorne.

N à l'intérieur d'un mot, après l'accent et après les consonnes p, f, d, t, c, g passe à r.

Ex. : tympanum > timbre ; *cofinum > coffre ; Londinos > Londres ; diaconum > diacre ; Lingones > Langres ; pampinum > pampre.

N intervocalique reste.

Ex. : lanam > laine ; donare > doner l ; lunam > lune ; bonam > bone (bonne).

i. On prononçait don-ner, bon-ne jusqu'au xvie siècle. La graphie avec deux n est due à cette prononciation.

Mais il se produit une dissimilation de n en / dans les mots suivants, où deux syllabes consécutives commencent par n.

Ex. : Bononiam > Boulogne ; *orphanimtm > orphelin ; *gonfanonem > gonfalon.

Groupe nr : un d s'intercale.

Ex.: venerisdiem, venrisdiem > vendredi; cinerem , cin rem > cendre; ponere, ponre > pondre; tenerum, ienrum > tendre ; generum > gendre.

Les parfaits vindrent, tindrent (3e pers. plur.) existaient encore au temps de Vaugelas.

Dans les verbes en -àngere, -en gère {-ingère), -ûngerele groupe ngr est traité comme nr -.plaindre, enfreindre, ceindre, peindre, poindre, joindre, etc.

Les groupes gn, ng donnent n mouillée (écrite gn, et quelquefois ign).

Ex. : agneïïum > agneau; fingentem > feignant (écrit fainéant par une fausse étymologie); plangeniem > plaignant;//w^wto» > joignant : cf. plus haut, traitement de g.

Pour le groupe ni cf. la fin du consonantisme.

N finale d'un mot disparaît devant s.

Ex. : jorn (cas régime singulier), maisy'c?/\>- (cas sujet singulier et cas régime pluriel ; diurnus, dinrnos) ; de même furnutn > forn, furnns ou fur nos > fors; ivem et ivers, etc.

Liquides.

L initiale se maintient, sauf dans niveau pour liveau (de UbeÏÏum).

CONSONANTISME M

Le groupe Vf intercale un à; il en est de même pour le groupe Iv'r où le v est tombé, et d'autres groupes où / est en contact avec r.

Ex. : tollere, toll're > toldre; tnolere > moldre, moudre; absolvere > absoudre ; resolvere > résoudre. Cf. *fulgurem > foudre.

Pour le groupe *'/, cf. jwpra au traitement de t.

Pour *vetulum, cf. j«fra au traitement de cl.

L mouillée : cl, g'I, il, Ij, à l'intérieur d'un mot, deviennent / mouillée (écrite // et ill, comme dans fille, mouiller').

Ex. : *soliclum > soleil ;

somnic'lum > sommeil ; vermiclum > vermeil ; vigilare > veiller ; paleam, paliam > paille ; maculant > maille ; filiam > fille.

L vocalisée : / s'est vocalisée devant consonne après a, e, i, o; après u elle disparaît Qmlicem > puce).

Ex. : malvam > mauve; albam > aube; altam > haute; talpam > taupe; Aidant > Aude; faisant > faux; capillos > chevels, cheveux ; z7/ctf > els, eux.

Les pluriels des noms en el, al ont été formés ainsi : cheval -+- 5 > chevaus, chevel -f- j" > cheveus ; uels > z>w^ ^wx : le signe abréviatif de Wi des manuscrits a été pris pour X et cette lettre est ainsi devenue dans les mots en al, el, etc., le signe du pluriel.

Cette vocalisation de / s'est produite aux xie-xne siècles sans qu'on puisse fixer d'une manière précise la date de ce changement ; mais il semble que la vocalisation était commencée, pour certains mots et dans certains dialectes,

depuis le ixe siècle et qu'elle était terminée au début du xiie. Seulement, dans l'écriture, / s'est maintenue alors qu'elle était déjà vocalisée.

R se maintient à l'initiale. Intervocalique également. Mais les cas de dissimilation de r en / ne sont pas rares.

Ex. : peregrinum > pèlerin ; *paraveredum > palefroi ; *frigorosum > frireux, frileux.

Cf. encore : germ. berïbergam > alberge, auberge.

R intervocalique a une tendance à passer à ^ : au xvie siècle les dames parisiennes prononçaient pè%e, mè^e pour père, mère. Cf. Clément Marot, Epitrc au biau fils de Pa%y. C'est ainsi que s'expliquent les formes actuelles besicles (pour bericles) et surtout chaise pour chaire > cathedram.

Groupes br, pr : r devient quelquefois / par dissimilation.

Ex. : cribrum > crible ;

Cristophorum > Cris toile ; tempora > temple (la tempe).

Fr se dissimile en fi dans fragrare > flairer.

R finale s'est amuïe dans les infinitifs en -er et dans les mots en -er, -ier (boucher, premier), excepté dans les monosyllabes : pair, cher, hier, fier. Elle a dû sonner régulièrement jusqu'au xvie siècle et on sait que les rimes mer : aimer, appelées rimes normandes, ne sont pas rares chez Corneille.

R est aussi sujette à la métathèse. Ex.: *berbicem > brebis1; *formaticum > fromage; torculum, troculum >

i. Berbis dans de nombreux dialectes.

CONSONANTISME 63

treuil; temperare > tremper; *turbulare > troubler; *adbiberare > abevrer, abreuver.

Enfin, dans certains mots, une r adventice s'est introduite, sans doute sous l'influence d'une autre r existant déjà ou pour des raisons obscures (analogie). Les principaux exemples de ce phénomène sont : perdicem > perdrix; tesaurum > trésor; cannabim > chanve et chanvre; incaustum, encaustum > enquei;fundam > fonde, fronde.

Consonnes germaniques.

L'étude du traitement des consonnes dans les mots d'origine germanique est intéressante, mais assez compliquée. Nous ne parlerons ici que de deux ou trois consonnes. D'une manière générale, elles ont été traitées comme les consonnes latines correspondantes.

Le germanique avait un phonème2 correspondant au double w ; en initiale il est devenu g, gu (déjà sans doute en latin vulgaire).

Ex. : werra (cf. anglais war) > guerre ; warda > garde ; wahta > lat. vulg. guacta > gaite (masc. guet; dérivés guetter, guetteur, guet-apens) ; warnjan > lat. vulg. warnire, guarnire > garnir ; Wido > Gui ; Widônem > Guyon ; Waltâri > Gautier ; Winilônem > Guenelon, Ganelon; cf. encore Garnier, Guérard, Guérin, Guillaume, etc.

A l'intérieur d'un mot w d'origine germanique est traité comme v dans : sparwari > épervier, et dans le nom propre Hluthawig, devenu Clothavig, Cloevis, Clovis.

i. Dans la Vie de Saint Alexis; l'a. fr. connaissait aussi pour dire encre le mot airement de atramentum.

2. Le mot de phonème désigne les sons du langage, voyelles ou consonnes.

Chlodowig, lat. vulg. Lodovicus donne en a. fr. Looïs, fr. mod. Louis.

Enfin w final se vocalise en u : blaw (ail. moderne blaii) > bleu.

i7 était un signe d'aspiration dans les dialectes germaniques : elle s'est maintenue, comme signe orthographique, à l'initiale et devant voyelle, dans les mots français qui dérivent de mots germaniques commençant par h : halsberg > haubert, helm > heaume, baga > haie.

Semi-consonne.

Les principaux groupes où entre i semi-consonne ( yod) sont les suivants: pi, bi, vi; ti, di, su, si; ci, gi ; U, ni.

Pi donne ch.

Ex. : sapiû))i[ > q. je sache:

*appropiare > approchier ; Clipiacum > Clichy.

Pigeon (au lieu de *pichon) s'explique sans doute par un affaiblissement de pipionem en pibionem dans le latin vulgaire.

Bi, vi > j, écrit souvent g.

Ex. : gobionem > goujon ;

*rabiam (rabiem) > rage ; rubeum, rubium > rouge ; cambiar e > changier ;

i. L'j, dans cet exemple et dans les suivants, est prononcé comme l*î français de pieu.

GONSONANTISME 65

diluvium > déluge ;

abbreviare > abrégier ;

*sabium (au lieu de * sapins, sapiens) > sage.

Le groupe ti, entre deux voyelles {po-ti-onenî) donne is

Ex. : potionem > poison ; sationem "> saison ; raiionem > raison ; titionem > tison (pour ///Vo;/) ; *minutiat > il menuise (du verbe menuiser) ; otiosum > oiseux ; palatium > palais.

Remarque. — Les mots comme absolution, dévotion, révolution, etc., sont des mots savants.

Des mots comme grâce, espace et négoce, paraissent aussi des mots d'emprunt.

Justice, service (lat. justitia, avaritid) paraissent avoir subi aussi une influence savante : de même pour richesse (lat. vulg. *riketia) et franchise (lat. vulg. *franketid).

Lorsque le groupe ti est précédé d'une consonne, il donne ss (écrit aussi c, ou ^).

Ex. : *captiare > chasser ; *directiare > dresser; *tractiare > tracer ; nuptias > noces ; cantionem > chanson ;

aîtiorem > alzor ; cf. jorxpr, gensor, aux comparatifs ; infanttam > enfance ; suffixes en -aw^ (de -antia), en -g»££, £w.œ (de -entid).

Asglàde. — Grammaire élémentaire de l'ancien français. 5

Sti > iss.

Ex. : angustiam > angoisse ; *frustiare > froisser.

Di > i(y),j à l'initiale.

Ex. : *gauàiam > joie ; medietatem > meitiet, moitié ;

*modiolum > moyeu ; medianum > moyen.

Initial: diurnum > jorn, jour ;

*deusque, dhisque > jusque.

Si > is.

Ex. : *clansioncm > cloison ;

mansionem, masionem > maison ; tonsianem, tosionem > toison ; basiare > baisier (baiser) ; *pertusiat > il permise (perce).

/IT/ > c (prononcé ts au début).

Ex. : *aciarium > acier ;

*glaciam (pour glacieni) > glace ; faciam (jpour faciem) > face ; faciam > (que je) face, fasse.

Après consonne :

lanciam > lance ; Franciam > France.

Solarium, bracchium et lacium (pour laqueum) ont donné : mm/a*, £ra5, las (écrit focr), à l'origine sola%, bra^j la^, c'est-à-dire solats, brats, lats.

Li donne / mouillée, ni donne n mouillée. Ndi aboutit aussi à n mouillée.

Ex. : aliorsum > ailleurs ,

mulierem > moillier (femme) ;

CON'SONANTISME 67

*molliare > mouiller ;

metalliam (pour metalleam) > meaille, maille ;

consilium > conseil ;

paleam > paille1.

*companionem > compagnon ; seniorem > seignor ; *balneare, *baniare > baignier ; Campaniam > Champagne ; Ispaniam > Espagne; Burgun(d)iam > Bourgogne ; verecun(d)iam > vergogne.

Dans quelques mots où ni n'était pas primitif, Yi s'est consonifié, au lieu de mouiller la nasale. Ex. : extraneum, extranium > estrange ; graneam (?), graniam > grange ; lineum, linium > linge.

Mi, mni > ;, g.

Ex. : vindemiam > vendange ; somniare > songier ; *dominionem > donjon ; *dominiarium > dangier (puissance).

Semi-consonne u.

Pour son traitement dans les groupes qu, gu, cf. supra, traitement du c, p. ^9-

En dehors de ces cas, u devient v après d dans des mots comme viduam > vedve, veuve. De même après / et n : annualem > anvel (annuel est moderne), januarium > janvier ; februariu 'm est devenu febrarium, en latin vulgaire : d'où février.

i. Oleum, olium > huile (mot d'emprunt?).

Au parfait des verbes (parfaits en -;>/), u s'est maintenu ou a disparu; cela dépend de la voyelle du radical ; cf. la conjugaison des verbes en -ri et en -oir.

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