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Libre il se diphtonguait en ei, oi

U. Nyrop dit que cet e était très ouvert (Gram. hist. de la langue jrançaise, I (ire éd.), j; i~ 1.2. Il s'agit sans doute, dans sa pensée, de la période postérieure à la Chanson de Roland.

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Vers le milieu du xne siècle cet e est devenu ouvert devant une consonne : d'où messe (prononcé messe), fève au lieu de fève; mais à la fin des mots il est resté é fermé : aimé, porté, pré, etc .

E dit muet ou féminin était toujours atone : ex. protonique l : gésir, ferir, veoir, secir, périr, conquérant, fesis (parfait de faire, 2 p. sg.), desis (de dire), etc. Posttonique : marbre, temple, fève, faire, etc .

E ouvert suivi de / devient èa puis eâ ; on a ainsi la combinaison eal, puis eau; cf. supra, p. 17.

Il existait deux 0, un 0 ouvert et un 0 fermé.

0 ouvert tonique provenait de 0 latin entravé (dôrsum > dos), du latin au (aurum > or; thesaurum > trésor; fabricam > faurgam > forge).

0 fermé était prononcé comme notre 0 fermé et peutêtre comme notre ou : mais vers 11 00 la graphie est 0. Il provient, à la tonique, de ô et û latins. Cf. supra.

U et i étaient prononcés comme dans la langue moderne.

Diphtongues.

Les diphtongues les plus importantes étaient les suivantes.

Ai, prononcée avec a (comme dans bataille) à l'origine de la langue, puis prononcée comme aujourd'hui dans fait, chaîne, faîne. Aux environs de 1100 on la prononçait déjà ainsi.

t. Pour les protoniques G. Paris donne la règle générale suivante : « Tout e protonique libre provenant d'une voyelle latine libre, dans le français du xie siècle, est un e, sauf dans les mots savants. » G. Paris, Extraits de la Ch. de Roland, 6e éd. (1899), p. 5.

La diphtongue au se prononçait aou (et non comme aujourd'hui o).

Ei, prononcé avec t fermé, devient oi vers le milieu du xie siècle.

Oi1 se prononce ôt au début du xne siècle : au xnie siècle il devient oc, plus tard oui, et enfin oua dans la langue moderne.

Ou- se prononçait oou dans des mots comme pont <C potuit, sont < sapuit, ouï < habuit, pou < paucum, rou < raucum ; dons < duos, sour < super, etc.

Ue, provenant de o ouvert, comme dans nuef < nçvcm et nçi'itm, buef < bçvem, prueve < prgbat, se prononçait iié : cette diphtongue est devenue eu (œ) à partir du xme siècle.

Voyelles nasales.

Les principales voyelles nasales sont an prononcé comme aujourd'hui, en, in et on.

En se prononçait à l'origine comme en dans moyen; mais à l'époque de la Chanson de Roland (tin du xie siècle) en assonait avec an.

In se prononçait avec un i et non comme aujourd'hui, où nous prononçons fin comme moyen et plein avec un e. Ainsi dans la Chanson de Roland on trouve, dans la même laisse, pin, enclin, ling (lignage, origine) assonant avec merci, oubli.

On se prononçait comme aujourd'hui. Mais de plus

i . On distinguait au début oi avec o ouvert de oi avec o fermt : à partir du xme siècle les deux diphtongues ont donné oé. i. Ici aussi on distinguait un o ouvert et un o fermé.

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on avait une voyelle nasale dans des mots comme pomme (Ta. fr. prononçait pon-me), bonne (a. fr. bon-ne), colonne (pron. colon-ne), etc.

Parmi les diphtongues nasales citons : aim, ain, dans des mots comme claimet, aiment l, main, compaing, fraindre, chastaigne, mots dont Va assone ordinairement avec a, et ein dans plein, sein, seing, geindre.

Consonnes.

Leur prononciation présente quelques différences avec la prononciation moderne. Il existait, au début de la langue, un d intervocalique qui avait le son du th anglais doux ; il provenait de d ou t latins entre deux voyelles ou entre une voyelle et r, l : espede > spatam; vidrent < viderunt ; vide < vitam, muder < mut are. Ced est tombé peu après l'époque de la Chanson de Roland. Il devait être peu sensible au début du xne siècle.

L'ancienne langue avait également un t qui se prononçait comme th anglais dur, mais il n'existait qu'à la fin des mots : il aimet, chantei, vertut, pitiét. Ce t est tombé approximativement à la même époque que le d étudié dans le paragraphe précédent2.

Le son ts à la finale est représenté ordinairement par l : amez < amatis ou amatus, de même chante^ (pron. chantéts), oz < hostis (armée), toz < totus (pron. tots) ; noz < nostros (pron. nots)', cf. miel%, viel%, dol^ (où l-\-s a donné %, c'est-à-dire ts).

C se prononce ts devant e, i : centum > cent (pron. tsent), placeat > place (pron. plaise), cœlum > ciel (tsiel),

i. On prononçait sans doute: clain-met, ain-ment. 2. On les note ordinairement d (S) et t.

civitatem > citét (tsitét). L'élément dental initial ne disparaîtra qu'au cours du xme siècle.

Ch se prononce tch : caput > chief (pron. tcbief), carum

> chier (pron. tchier), sapiat > sache (pron. satche)y ricum > riche (pron. ritche).

G devant e, i et j devant a, o, u se prononcent dj comme dans djinn : diurniim >jorn (pron. djorri), judicare^> jugier (pron. djudjier), jacere > gésir (pron. djesir), *gau~ diam >joie (pron. djôye).

Tch et dj (c'est-à-dire ch, j , g) ont fini par perdre l'élément dental et se sont prononcés ch et j : c'est la prononciation moderne, qui a commencé au xme siècle.

A7 mouillée est représentée par ign et à la finale par ing: lineam > ligne, mais ling (pron. lign)} *mo)itaneam

> montaigne, (pron. montagne), *capitaneum > châtaigne (pron. tchalagne), casianeam > chastaigne (pron. tchasla gne); ces mots assonent, dans la Chanson de Roland, avec reflambe, chambre, France.

L mouillée est notée par /// à l'intérieur des mots et il à la fin.

Ex.: *miràbiliam > merveille ; *soliculum > soleil; periculum > péril (pron. perilh ; cL périlleux et non périleux) .

S se prononçait toujours à la fin des mots : les ornes ; elle était probablement douce devant un mot commençant par une voyelle (comme auj. les hommes = le^ôme(s)) et dure devant un mot commençant par une consonne : les paiens (auj. lé paien, vers i ioo les païens).

S plus 1, m, n, v, b, d, f, j, est tombée vers l'époque de la Chanson de Roland (deuxième moitié du xie siècle). Devant p, t, l'amuïssement de s est postérieur. Dans l'orthographe s se maintient, dans ce cas, jusqu'au milieu du xvme siècle.

La semi-consonne u, dans les groupes qu, gu sonne

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ou devant a : germ. zuarnjan > guarnir (pron. gouarnir); germ. wardan > guarder (pron. gouarder)\ quantum > quant (pron. qouant), quatuor > quatre (pron. qouatré). Devant les autres voyelles u se prononçait sans doute u ou ne se prononçait pas du tout : guide, guerre (pron. guide, guerre ? ou comme aujourd'hui ?).

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