‹ Grammaire élémentaire de l'ancien françaisChapitre 28 sur 121 · ARTICLE · texte numérisé non relu

ARTICLE

Masculin sing. c. s. Li

c. r. lo, le

Pluriel, es. li

c. r. les

Féminin sing. la (wallon et picard le) Pluriel. Q^las) les

Remarques. — Au cas sujet masculin singulier li provient de *itlï pour ille.

Au cas régime singulier lo se rencontre jusqu'au début du xiie siècle : il devient le par suite de son emploi comme atone.

i. Pour quelques pronoms il y avait même deux autres cas, datif singulier et génitif pluriel (lui, lor).

Au féminin pluriel la forme las n'apparaît pas.

Les principales formes combinées sont : del, devenu plus tard deu et du (on trouve aussi don); al, pluriel aïs, puis, par vocalisation de l, ans, écrit aux; al du singulier est passé à au par analogie. En le devenait enl, el, plus tard tu, ou ; il ne s'est pas maintenu. En les devient es, maintenu dans quelques expressions : bachelier es lettres, es sciences, etc.

Le latin avait trois genres pour le substantif : fém. rosa, masc. mu rus, neutre templum; le neutre a disparu dans le latin vulgaire où l'on trouve membrus, vestigius, folius, palatins, au lieu de membrum, vestigium, etc.

Le neutre s'est maintenu, en ancien français, dans la déclinaison des adjectifs et des participes passés.

Les pluriels neutres latins en -a ont donné en général des noms féminins en français : folia > la feuille ; arma l'arme ; corna (pour cornua) > la corne ; gaudia > la joie ; labra > la lèvre, etc.

Mots invariables. — Les substantifs dont le radical latin était terminé par s (mens-is, urs-us, curs-us) ou les neutres terminés en -us, comme tempus, corpus, ont donné en français des substantifs monosyllabiques invariables :

temps, corps, cours, ours, mois, etc.

Restes de cas. — On rattache aux nominatifs latins les formes suivantes: queux < coquus ; geindre (garçon boulanger) > junior ; chantre, peintre, maire, sire, et quelques autres.

Il existe aussi dans l'ancienne langue quelques restes du génitif pluriel : Chris tianor, Paienor (la gent paienor), Francor (la gesiefrancor), ancienor (la gent ancienor), mil-

. rose.

soldor (un cheval milsoldor*). Cf. encore la Chandeleur <C*Candelorum (pour Candelarum; sous-entendu festa), leur < illorum.

Déclinaison des féminins.

On distingue, dans les substantifs féminins, deux déclinaisons : les cas sujets et les cas régimes sont semblables.

Singulier, c. s.

Pluriel, c. s.

î roses.

On admet que le nominatif pluriel de la ire déclinaison latine était terminé en -as dans le latin vulgaire : rosas au lieu de rosae, d'où la forme française roses.

Ainsi se déclinent : chose, dame, flamme, pomme, chambre, feuille, arme, etc., et autres substantifs renvoyant à des noms latins en -a, ou à des substantifs neutres devenus féminins; cf. supra, p. 3, 78.

Sing. flor (flour).

VluT.flors (flours).

Ici non plus, comme pour rose, il n'y a pas lieu de distinguer les cas sujets des cas régimes.

Ainsi se déclinent fin, doulour, coulour, gent, nef, part,

. Un cheval de mille sous, lat. mille solidorum.

mort, raison, maison, saison. La seule question intéressante est la suivante.

Ces substantifs féminins ne paraissent pas avoir eu s au cas sujet du singulier, à l'origine : mais ils la prirent à partir du xne siècle1.

Page 1