ADVERBES, PRÉPOSITIONS, CONJONCTIONS, NÉGATIONS, INTERJECTIONS
Il y a deux points importants à relever dans la formation des adverbes : la formation avec le mot latin mente, devenu le suffixe -ment en français, et l'addition aux adverbes de s dite adverbiale.
La formation avec mente est commune à toutes les langues romanes, le roumain excepté : bellement, bonement, malcment, largement, longuement, franchement, etc.; avec des adjectifs de la 2e déclinaison : corahnent, for(t)ment, granment (mod. grandement), loyalment, roialment, etc.
Aujourd'hui certains de ces adverbes ont donné à l'adjectif la forme féminine : grandement, fortement, mais la plupart, formés avec des adjectifs en -ent ou -ant (participes), ont gardé l'adjectif invariable et, dans ce cas-là, il s'est produit une assimilation : innocent1 -ment > innocen nient > innocemment ; prudent -ment > pruden-ment, prudemment ; constant-ment > constamment ; incessamment, etc. De là les adverbes actuels terminés en -emment ou en -animent.
i . T entre deux consonnes doit tomber ; l'ancienne langue écrivait un enfant, des en fans, etc.
S se trouve en ancien français dans des adverbes provenant d'adverbes latins terminés par s : mais < magis, plus, fors < forts. De là s est passée à d'autres formes d'adverbes ou de prépositions : sine -f- s > sans, onques, avuecques, guères, sempres, tandis, jadis.
Parmi les locutions adverbiales, citons celles qui sont formées avec la préposition à et un nom en on au pluriel : a tâtons, a trotons, a genouillons, a chevauchons, a reculons, a ventrillons (couché sur le ventre), a reùsons (sur le dos), etc.
Principaux adverbes.
Lieu.
Lieu où l'on est : ici, ci < ecce hic ; ça < ecce hac ; là < Mac; où < ubi.
Lieu d'où l'on vient: dont < de unde; ex. : dont vene^vous?
Y < Un et en < inde sont des adverbes de lieu, mais ils sont aussi pronoms : j'y pense, j'en parlerai.
Céans et léans (ecce hac intns, Mac intus) sont restés vivants jusque dans la langue moderne.
Sus (sursum devenu susunî) signifiait en haut, jus, en bas (jus vient de deorsum > diosum > josum et jusum par analogie de susunî). Composé : dessus. Dessous < de subius.
Eni < intus ; dedans < de de intus.
Hors < forts ; dehors ; cf. encore les prépositions .
Temps.
Hui < hodie; hier < heri; demain < de mane. Autres adverbes: encui < hinc hodie, aujourd'hui; anuit,
cnuit « hoc nocteirf), celte nuit; main < mane, matin; oan, ouan (< hoc anno), cette année.
Ains, ainçois < *antius, avant < ab ante, auparavant8; onc, onques <^unquam-[-s, jamais. ]a, ja mais, même sens.
Ore, ores, or < 'ad hora, maintenant ; composés : encore < hinc ad hora; désormais > de ex hora magis, deslor, etc. D'ores en avant est devenu dorénavant. Alors, lors « ad iila hora -\- s) .
Maintenant < manu tenente.
Endementfes « in dum intérim + s), pendant.
Cf. encore: savent < subinde; sempres < semper-\-s, aussitôt; adès < adde ipsum? bientôt; todis, pour ions dis, toujours; pieça pour pièce a, ensuite, etc.
Quantité.
Molt (< multuni), beaucoup. Très « trans), au delà; trestout < trans totum, complètement. Par (per), beaucoup : Tant par fit bel s = il fut très beau ; on le rencontre surtout avec le verbe cstre (par est re).
Beaucoup (beau coup) a pour équivalent grand coup; ces deux adverbes sont essentiellement du moyen français, quoiqu'on les rencontre déjà chez Joinville.
Giières (germanique waigro) signifie beaucoup; asse* a souvent le même sens.
Trop marque souvent la grande quantité3 et non l'excès, comme aujourd'hui.
Peu se disait pou, plus tard peu, et alques — auques {aliquid ^r s).
i . Ou plutôt ad no*-tem ?
i. Auparavant est composé lui-même de par avant précédé de l'article contracté au.