‹ Grammaire élémentaire de l'ancien françaisChapitre 54 sur 121 · ARTICLE INDEFINI · texte numérisé non relu

ARTICLE INDEFINI

L'article indéfini un se rencontre quelquefois dans les plus anciens textes, surtout devant les noms concrets, mais en général il est omis, principalement dans les cas suivants : après les verbes estre, paraistre, devenir : riches hom fit {Alexis, i4); après des termes de comparaison : si fait droite sa reie corne ligne qui tent (Pèlerinage, 297) (= il fait son sillon droit comme une ligne qui se tend) ; après une proposition négative et surtout après des adverbes négatifs comme onques, jamais (c'est encore la règle aujourd'hui).

Ex. Tene% mon helme, oncques meillor no vi (Roi., 629). Tenez mon heaume, je n'en vis jamais de meilleur.

Même en dehors de ces cas particuliers l'omission de l'article indéfini1 est la règle, surtout au pluriel et devant des noms abstraits.

Ex. : Sur pâlies blancs sièdent cil chevalier. (Roi., 110.) Les chevaliers sont assis sur des tapis blancs. En% en lor mains portent branches d'olive. (Roi., 93 .) Entre leurs mains ils portent des branches d'olivier.

Omission devant un nom abstrait.

Ensemble ot lui grant masse de ses homes. (A lexis, 2 1 4 •) Avec iui une grande masse de ses hommes. Dame, dist-ele, jo ai fait si grant perte. (Alexis, i48.) Dame, dit-elle, j'ai fait une si grande perte.

1 . Le pluriel de l'article indéfini un a été remplacé dans la langue moderne par des, qui est le pluriel de l'article partitif.

Sorpiei se drecet, mais il at granl dolor. (Roi., 2234-) Il se dresse sur pieds, mais il a une grande douleur.

ARTICLE PARTITIF

L'article partitif est très rare dans l'ancienne langue (on n'en trouve pas d'exemple au xie siècle) et il ne commence à être fréquent qu'au xve siècle. On l'employa d'abord avec des substantifs compléments. On disait au xie siècle:

manger pain, manger viande, boire vin; ne faire mal; avoir dommage, etc.

Au xvie siècle l'omission de l'article partitif est encore fréquente.

Ils leur disent injures. (Ronsard, Elégies, XXX.) On sème contre icelle horribles rapports.

(Calvin, Inst. Cbrét., Préf.)

Le nouvel usage s'établit au xvne siècle; mais les exemples d'omission ne sont pas rares, du moins au début du siècle ; car, à la fin les exemples deviennent plus rares, surtout en prose.

Ex. : Je voulais gagner temps pour ménager ta vie.

(Cornielle. Polyeucte, V ' , 2, 1875.) Il avait vu sortir gibier de toute sorte. (Id., IV, 161.)

Emploi des cas. — Le cas-sujet s'emploie non seulement en fonction de sujet, mais aussi d'attribut, avec les

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