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CONSTRUCTION DU COMPARATIF

L'ancien français construit le comparatif avec que, comme le français moderne.

Ex. : Plus se fait fiers que lion ne liépart (Roi., 1 1 1 1 .) Il se fait plus fier que lion ni léopard. Plus aimet Dieu que trestot son lignage.

(Alexis, 2 5o.) Il aime Dieu plus que tout son lignage.

Mais l'ancien français peut construire aussi le comparatif avec de, devant des substantifs, des pronoms, et — comme aujourd'hui — devant des noms de nombre.

Ex. : N'ave^ baron qui miel^ de lui la facet. (Roi., 75o.) Vous n'avez pas de baron qui forme mieux l'avantgarde que lui (Ogier de Danemark).

Meillors vas sais de vos onqaes ne vi. (Roi., 1857.) Jamais je ne vis de meilleurs vassaux que vous. Meillor vassal de lui ja ne demant. (Roi., 3377.) Jamais je ne chercherai, je ne demanderai de meilleur vassal que lui.

Sur l'emploi du superlatif formé avec le plus, le moins, le mieux sans article, cf. supra, Article, p. i63.

Le comparatif d'égalité se construit avec corne, qui est

1 . Tous ces exemples sont donnés par Tobler, Vermischte Beitraege, I(ire éd.), p. n3.

par excellence, pendant tout le moyen âge, la conjonction de la comparaison; cf. infra, Propositions subordonnées.

Ex. : Fist une corde si longe corne ele pot.

(Aucassin et Nicolete, 12, 14.) Elle fît une corde aussi longue qu'elle put.

Après le comparatif, il arrive souvent que la proposition subordonnée contient la négation, sans que ce soit une règle absolue.

Ex. : Plus est isnels que n'est oisels qui volet. (Roi., 1 073.) Il est plus rapide que n'est un oiseau qui vole.

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