‹ Grammaire élémentaire de l'ancien françaisChapitre 60 sur 121 · Cf. Ch. de Roland, 2533-38, le mélange de les et de ces · texte numérisé non relu

Cf. Ch. de Roland, 2533-38, le mélange de les et de ces

Au xvie siècle celui pouvait encore être employé comme sujet d'un verbe.

Celuy n'est parfait poète

Oui n'a une âme parfaite. (D'Aubigné, III, i/jo.)

Celui Dieu (Marot); iceux bœufs (Rabelais).

Icelui, icelle subsistent encore au xvne siècle dans certaines formules de procédure.

Cettui-ci, très fréquent chez Balzac, est rare après Corneille, qui l'a employé trois fois dans CHtandre.

Dans une proposition négative comme la suivante : ni ad cel, celui ne plort et se dément, celui prend le sens de personne, comme on le voit en traduisant : il n'y a personne qui ne pleure et ne se lamente. Cette tournure, très fréquente en ancien français, se retrouve au xvie siècle : Il n'y a celuy qui ne se vante qu'il en a grande quantité (Despériers, Cymbalum, II)1.

Après comme, celui a le sens de quelqu'un.

Ex. : J'en parle corne de celuy que je ai connu.

(Commynes, 7, 2) J'en parle comme de quelqu'un que j'ai connu.

Dès h lendemain délibéra de partir comme celuy qui avait grande envie de retourner (Id., 8, 11) ; = comme quelqu'un. ,

Emploi de Ce, Ço. — L'ancien français emploie volontiers le pronom neutre ço, ce devant les verbes croire, dire, savoir, sentir, voir, etc., quand ces verbes sont suivis d'une proposition subordonnée complétive, que ço, ce servent, pour ainsi dire, à annoncer.

Ex. : Ço sent Rodlan~ que la mort li est prés. (Roi., 2269.) Roland sent que la mort lui est proche.

1. Darmeslcter et Hatzfeld, Le XVIe siècle en France, p. 207.

Ço sent Rodlani que s'espéde li toit. (Roi., 2284.) Roland sent qu'il (le païen) lui enlève son épée. Quant il ço vit que n'en pont mie fraindre. Quand il vit qu'il n'en pouvait rien briser.

(RoL, 23i4.)

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