‹ Grammaire élémentaire de l'ancien françaisChapitre 63 sur 121 · C. Gode/rois, cui a me soit sauvée · texte numérisé non relu

C. Gode/rois, cui a me soit sauvée

(Roman de Bauduin de Sebourc, XXV, 64) Godefroy, dont l'àme soit sauvée.

Cui peut aussi s'employer avec une préposition.

Ex. : D'icel saint home par cui il gariront. (Alexis, 33o.) De ce saint homme par qui ils seront sauvés.

Autres exemples de eut mis pour de qui, dont.

Barons cui père établirent l'Église.

(Vie de saint Thomas, 2 44 7.) Les barons dont les pères fondèrent l'Eglise. A cui porte Ladres gisoit. (Rendus de Mol liens, 43, 3 .) Devant la porte de qui gisait Lazare.

Dans ces derniers cas, comme dans le suivant : en la cui garde li rois Pavât mis (c'est-à-dire, en la garde de qui), cui, servant de régime à garde, est construit sans la préposition de, comme dans les expressions l'enseigne Char le, lo corn Roland, la Char Ion, etc.

Dont. — Dont s'employait assez librement pour exprimer des rapports divers : un anel dont il Tout esposede (Alexis, 73) : un anneau qu'il lui avait donné en l'épousant. Cette liberté régnait encore au xvue siècle (Haase, Synt. fr., § 37).

Dont peut se rapporter à toute une phrase précédente : li roys s'en revint en France, dont il en fu moût blasme^ (Joinville, 77 £). Cet usage s'est maintenu jusque dans la langue contemporaine1.

Lequel. — Lequel n'apparaît guère avant le xme siècle; il est très fréquent au xive siècle et son usage ne se restreint qu'au xviie.

Pronom-adverbe Où. — Le pronom-adverbe où peut se rapporter dans l'ancienne langue à des personnes (cf. supra En, Y).

Ex. : Ensi dist Charles, ou il n'ot qiiaïrer.

(Aimeri de Narbonne, G.Paris, Cbrest., v. 280.) Ainsi dit Charles, che% qui il n'y avait que tristesse.

Cet emploi, qui était assez rare en ancien français, devient d'un usage courant au xvne siècle.

Ex. : Vous ave% vu ce fi^s> ou mon espoir se fonde.

(Molière, Etourdi, IV, 2.)

Il ne reste que moi

Où l'on découvre eucore les vestiges d'un roi.

(Racine, Alexandre, II, 22.)

Omission du pronom relatif. — L'ancienne langue omettait volontiers le pronom relatif après des propositions négatives ou restrictives. « Le trait le plus caractéristique du Roland est l'omission fréquente de que ou qui entre la proposition principale et les propositions subordonnées3. » Cela est vrai naturellement des autres

1. Cf. des exemples d'Andrieux et de G. Sand dans Ayer, Grammaire comparée de la langue française, 4e éd., p. 452.

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