Cf. Haase, Synt. fr., § 38 A
3. G. Paris, Extraits de la Chanson de Roland, 6e éd., p. 52.
textes. C'est là une habitude si différente de la syntaxe moderne qu'elle déroute souvent les débutants. Ex. : Soi ciel n'ai borne plus en ait de meillors. (Roi., 1 4^2 .) Sous le ciel il n'y a pas d'homme qui en ait de
meilleurs.
Cel nen i at Mon joie ne déniant. (Roi., i525.) 11 n'y a personne qui ne demande Montjoie1. Jamais niert home plus volenters le serve. (Roi., 2 254.) Jamais il n'y aura un homme qui le serve plus
volontiers.
Suppression de l'antécédext Ce. — Dans les interrogations indirectes, le pronom interrogatif2 neutre que est précédé, dans la langue moderne, de ce, à moins que ce que ne soit devant un infinitif.
Ex. : Save^-vous bien ce que vous faites? Mais : je ne sais que faire.
L'ancienne langue employait que comme pronom interrogatif neutre sans antécédent.
Ex. : // ne sont que çofut. (Pèlerinage, 386.) Il ne savait ce que c'était.
Ne sève nt que font. (Alexis, 3 70.) Ils ne savent ce qu'ils font.
Or ne sai jo que face. (Roi.) Je ne sais que l'aire.
Cette tournure s'est maintenue longtemps. Au xvie siècle, elle est constante : Je ne sais que c'est; sa?is sçavair qu'ils faisoient, tant ils estoient troublés*.
1 . Cri de guerre des soldats de Charlemagne. 1. ^ous croyons que c'est un interrogatif plutôt qu'un relatif. 3. Exemples de la Satyre Ménippée et d'Amyot cités par Darmesteter et Hatzfeld. Le XVIe siècle en France, ire éd., p. 258.
Hélas ! mon cher Morel, dy-moy que je feray, Car je tiens, comme on dit, le loup par les oreilles.
(Du Bellay, Œuvres choisies, 2191.)
Au xvne siècle, les exemples ne sont pas rares.
Ex. : Qui n'avait jamais éprouvé que peut un visage d'Alcidt.
(Malherbe.) Le roi ne sait que c'est d'honorer à demi. (Corneille.) Voilà, voilà que c'est de ne voir pas Jeannette.
(Molière, Etourdi, IV, 6.) Vous savez bien par votre expérience Que c'est d'aimer.
(La Fontaine, Contes, III, 5.)
C'est par une omission de la même nature que s'explique la tournure suivante, si commune dans la langue du moyen âge : faire que avec le cas-sujet et ellipse du verbe : faire que fols, c'est-à-dire : faire (ce) que (fait) un fou*', faire que sages, c'est-à-dire : faire (ce) que (fait) un sage; faire queprox, agir en preux; faire que traïstre, agir en traître.
On trouve encore dans La Fontaine (Fables, V, 2) :
Celui-ci s'en excusa, Disant qu'il ferait que sage De garder le coin du feu.
Qui = Si l'on. — Qui sujet d'un verbe au conditionnel ou, ce qui est la même chose en ancien français, à l'imparfait ou au plus-que-parfait du subjonctif, a le sens de : si quelqu'un, si Von, si on : cet emploi a lieu surtout