‹ Grammaire élémentaire de l'ancien françaisChapitre 65 sur 121 · Brunot, Gram. hist · texte numérisé non relu

Brunot, Gram. hist

2. Il s'agit à vrai dire ici d'une proposition relative et non pas interrogative, comme dans le cas précédent.

dans des propositions qui marquent l'hypothèse ou dans des propositions exclamatives.

Ex. : Qui donc odist Monjoie demander,

De vasselage H poùst remembrer. (Roi., 1 182.)

Si quelqu'un avait entendu ce cri de Monjoie, il

aurait pu avoir une belle idée du courage. Qui lui veïst Sarrasins desmembrer, De bon vassal li poùst remembrer. (Roi., 1970.) Si quelqu'un lui avait vu démembrer les Sarrasins,

il aurait pu se représenter un bon vassal. Qui puis veïst Roland et Olivier De lor espées et ferir et chapler ! (Roi., 1680.) Ah ! Si on avait vu Roland et Olivier frapper de

leurs épées !

Même en dehors de ces cas, qui, employé comme pronom absolu, avec un sens indéfini, peut être traduit par si on, comme dans l'expression moderne : tout va bien, qui peut attendre.

Ex. : Dieus, corne est biaus, qui l'a bien regardé !

{H non de Bordeaux, 34 1 h-) Dieu ! comme il est beau, pour celui qui l'a bien

regardé, si on le regarde bien.

De no% aveirs ferons gran% départ ides Lamainmenude,qui l' almosne desidret . (Alexis, 523.) De nos biens nous ferons de grandes et nombreuses distributions, si quelqu'un désire l'aumône.

Cet emploi de qui, du moins avec un conditionnel, est resté très vivant jusqu'au xvie siècle et on en trouve des exemples au xvue ' .

Qui seroit contraint d'y vivre, on trouveroit moyen d'y avoir du repos. (Malherbe, II, 373.)

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