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Subj. prés, et non indicatif

Anglade. — Grammaire élémentaire de l'ancien français. 15

Ex. : Co'st grant merveille que li miens cuers tant duret1.

(Alexis, 445.) C'est étonnant que mon cœur supporte tant de

souffrances.

Co'st grant merveille que pitiet ne t'en prist.

(Alexis, 44o.) C'est étonnant que la pitié ne t'ait pas saisi. Deus ! quel dolor que li Franceis nel sévent !

(Roi., 716.) Dieu ! quel malheur que les Français ne le sachent pas ï ... Moût me mervoil Que folement vos voi 01 ter.

(Chr. deïroyes, Ivain, 1099.) Je m'étonne beaucoup de vous voir agir si follement.

Omission de la conjonction Que. — Une des particularités de l'ancien français c'est le non-emploi de la conjonction que dans les subordonnées complétives, surtout après une proposition principale négative. Les exemples de cette omission sont innombrables2.

Ex. : Ço sent Rolan~ la veut ad perdue. (Roi., 2297.) Roland sent qu'il a perdu la vue.

Ne lesserat bataille ne lur dont. (Roi., 869.) Il ne laissera pas de leur donner bataille. Caries li Magnes nepuet muer nen plort. (Roi., 84 1 •) Charlemagne ne peut s'empêcher de pleurer.

L'omission de la conjonction que est surtout fréquente après savoir, être certain, etc.

Ex. : Ço set boni bien, n'ai cure de manace. (Roi., 293.) On sait bien que je n'ai cure des menaces.

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