DE COSTE
§ 526. — Decoste, vieille préposition, a le sens de « à côté de ».
Joinvilk : « Et se vindrent arangier de coste nous. » C'est-à-dire : « Et ils vinrent se ranger à côté de nous. »
DEDANS (latin DE DE INTUS)
§ 527. — Dedans est souvent préposition :
Châtelain de Couci : « Dont je l'ai tant dedens mon euer amée. »
Villehardouin : « Dedens ces huit jors furent venu tuit li vaissiel et li baron. »
Au XVII* siècle dedans est encore employé fréquemment comme préposition :
La Fontaine : « Et dedans son domaine Chacun dormoit aussi. »
DEFORS (dehors)
§ 528. — Defors, ordinairement adverbe, est quelquefois préposition :
Chanson de Roland : « Defors sun'cors veit gésir la buele. » Poème de Floire et Blanc heflor : « Defors les murs, loing du portai, Ot une place principal. » Mot à mot : « Dehors les murs, loin du portail, il y avait une place principale. »
DEJUSTE, DEJOSTE §529. — Même sens que juste, joste (Voy. plus loin).
DELEZ (près de) § 530. — Ce mot est formé avec « de » et « lez » (latin
latus)y préposition encore employée dans quelques noms de lieux.
Chanson de Roland : « Dekz un églantier. »
DÈS (latin DE-EX)
§ 531. — Dès signifie aujourd'hui : au moment même de, à Vépoque même de. Dans Tancienne langue, la signification de cette préposition était plus étendue ; elle ne s'appliquait pas seulement au temps, mais aussi à l'espace, et elle avait toute la valeur de « depuis ».
Chanson des Saxons : « Dès le mont Saint-Michiel jusqu'à Chastel-Landon. »
Joinville : « Dès Ausone jusques à Lyon. »
Chanson de Boncevaux : « Dès le matin jusqu'à soleil couchant. »
DESSOUS, DEDESSOUS (latin DE-SUBTUS)
§ 632. — Dessous s'employait dans l'ancienne langue aussi hien comme préposition que comme adverbe.
Chanson de Roland : « Desuz un pin.... un faldestoel i out. » Mot à mot : « Dessous un pin il y avait un fauteuil. »
Au XVII* siècle, dessous avait encore cette valeur. La Fontaine écrit :
« Le lièvre était gîté dessous un maître chou. »
Aujourd'hui dessous n'est plus préposition que dans les locutions : « par dessous, de dessous. »
§ 533. — Dedessous se trouve avec le sens de « dessous, sous » dans la Chanson de Roland : « Lur chevals laissent dedesuz\xne olive. » G'est-à-dire : « sous un olivi^ ».
DESUR, DESSUS (latin DE-SUPER, DE-SUSUM)
§ 534. — CSes deux mots, dont Tun a disparu, et dont l'autre est devenu adverbe (sauf dans les locutions prépositives /?ar£?e5sti5, de dessus), s'employaient à la fois comme prépositions et comme adverbes :
Chanson de Roland : « Oliviers muntet desur un pui haltur. » Nous dirions: «Olivier monte swr une colline élevée. »
Dessus est resté préposition jusqu'au xvn* siècle.
Molière : « Dessus quel fondement venez-vous donc, mon frère?... »
DEVANT, DEDEVANT
§ 535. — On trouve dedevànt avec le sens de devant, comme dedessous avec le sens de « dessous, sous. »
Chanson de Roland : « Dedevànt lui ad une pierre brune. » G'est-à-dire : « devant lui. »