‹ Grammaire elémentaire de la vieille langue française (volume 2)Chapitre 153 sur 243 · LOIS GÉNÉRALES DES CONSONNES · texte numérisé non relu

LOIS GÉNÉRALES DES CONSONNES

§ 757. — Sous réserve des exceptions que nous aurons Toccasion d'indiquer à propos de chaque consonne, on peut dire que la transformation des consonnes latines en consonnes françaises est soumise aux grandes lois suivantes :

1® Les consonnes latines se maintiennent quand elles sont au commencement des mots (ou après Iq^ préfixes), ou quand elles sont après une autre consonne et devant une voyelle :

cor : cœur :

[déjgradumi [de]^é

dicit : dit

turrem : ^qur

patrem : père

tkorem : /ieur

[sub]venit: [soujvient

2° Entre deux voyelles, ou après une voyelle et avant une autre consonne.

Les gutturales (c g) se changent en y (écrit i ou y).

Les labiales {p, 6, /, v) se réduisent à v (sauf f qui se maintient).

Les dentales tombent.

Exemples:

Gutturales: peiCAre: pa^r factum: fait

*viïïcutum :

duh{i)tat :

mordentem :

lectum:

vaincu doufe mordant Ut

imperatàrem :

albam:

empereur au&e.

Labiales: faham: fève

/ep(o)rem: lièvre

Dentales : vitwn : vie

patrem : père.

3° Quelle que soit leur place, Vs, les liquides (/,.r) et le» nasales (n, m) se maintiennent.

soror :

lunam :

ripam :

nomen :

mwrwm:

causam ; valere :

perire :

sœur

(une

rive

nom

wur

chose

valoir

périr

pananum : panier

cuTsam : course clavem : clef prœdam : proie dec{i)ïaam: dîme

pastam : paste (pâte) altum : ha/t (haut) * partire : partir man(i)cam: manche.

4° Les liquides se prononcent difficilement après certaines consonnes, précisément après les consonnes énumérées sous le n° 3 (une s, une autre liquide*, ou une nasale). Aussi ces groupes de consonnes ne se trouvent-ils pas dans la langue latine ; mais la chute des voyelles atones, dans la transformation du latin, a fait souvent que deux consonnes, qui étaient d'abord séparées par une voyelle, se sont trouvées réunies. Lorsqu'il était difficile de les prononcer ensemble, une nouvelle consonne s*est introduite entre les deux ; car il est plus commode de prononcer stra que sra.

Entre Z ou n d'une part, et r de l'autre, la consonne euphonique est un d :

môl{e)re donne mo2dre (devenu moudre) gén{e)rum — gendre.

1. Toutefois r et s peuvent être suivis de /; par/er, ma^/e (devenu mâle).

Cléoât. i8

Entre s et r, la consonne euphonique est un t :

antecésa{o)r : ancestre.

Entre m d une part et r ou / de l'autre, la consonne euphonique est un b :

càm(e)ram : chatnbre ^insimul : ensemble.

5® La cinquième loi générale, relative au cas où trois consonnes se suivent, sera formulée plus loin, § 823.

Page 1