livre
ripam :
rive
*sep{e)rare :
sevrer
dehere :
devoir
irit{o)lium:
trètle
càhallum :
cheval
*hah{e)rdbeo :
avrai (puis aurai).
suhinde :
souvent
levât :
lève
5o Les liquides (1, r).
§ 801. — LV tombe exceptionnellement devant ïs dans dorsum, qui a donné dos,
§ 802. — VI redoublée se réduit à une seule /, mais le plus souvent la consonne redoublée du latin a été rétablie dans Torthographe : elle (anciennement ele, latin illam), belle (anciennement bêle, latin bellam).
§ 803. — Vt devant une consonne s'est conservée quelque temps, puis s'est changée en m, et a formé diphtongue avec la voyelle précédente ou s*est confondue avec elle : falcem et falsum ont donné fa/s, puis faws (faux), multum a donné moft, mou/t, puis moui; mal{o)s : mafe, puis maws (maux); *volit : vueft, veu/t, puis veut; ma\[e)dicere : ma/dire, puis maudire. Au pluriel des mots en el (sauf cie/), o/, il, 17 s'est maintenue devant l's *. Toutefois, dans plusieurs mots en il, par exemple dans sourcil, VI est tombée de la prononciation, même au singulier, mais on continue à l'écrire.
§ 804. — Vl non suivie d'une autre consonne, mais cor-
1. Dans plusieurs dialectes de rancienne langue, on a dit teus (au lieu de tels)^ queus (au lieu de quels), morteus (au lieu de mortels), etc.
respondant à deux / latines, s'est changée en w à la fin des mots, dans mou (anciennement mo/, latin mo/fem), cheveu (anciennement cheve/, latin, capiZ/um), nouveau (anciennement nouve/, nouvea/, latin noveWum), etc. Toutefois les formes avec / vocalisée en u se sont d'abord produites au cas sujet singulier et au cas régime pluriel, où 1'/ était suivie d'une s.
§ 805. — VI mouillée est tombée après ou: *genûculum a donné genouily puis genou.
§ 806. — VI s'est changée en r dans lusciniolum, qui a donné rossignol, et, devant une nasale, dans ulmum qui a donné orme, Olnam qui a donné Orne (nom de rivière). Elle s'est changée en n dans libellum, qui a donné niveau.
§ 807. — Vr est devenue /dans pèlerin de peregrinum, autel de allare.
6® Les nasales (n, m).
§ 808. — Vm finale des mots latins, à de rares exceptions près (n'en de rem, mou et mieu de wieum), n'a laissé aucune trace dans les langues romanes.
§ 809. — Vm suivie d'une autre consonne s'est changée en n : coûte (aujourd'hui écrit comte) de com[i)tem,
§ 810. — M est encore devenue n au commencement . des mots mespilum (nèfle) et w^appam (nappe).
M suivie d'une autre consonne s'est maintenue (sans devenir n) quand on a intercalé une consonne de soutien : €unï{u)lum a donné comble,
§ 811. — Deux m ou deux n consécutives se sont réduites à une seule ; mais souvent les deux consonnes ont été ensuite rétablies dans l'orthographe : auuatam donne anée (année), grammaticam : gramaire (grammaire).
§ 812. — Mn se réduit à m : hom{i)uem a donné homne, puis home (homme).
Clkdat. 19
§ 813. — Nm se réduit aussi à m dans ammam qui a donné âme; mais Vn s'est conservée assez longtemps devant l'm de ce mot {anme, écrit quelquefois aneme), et s'est même changée en r dans certains dialectes : arme.
§ 814. — Dès le latin populaire, n était tombée devant s : mensem était devenu mesem, qui a donné mois.
§ 815. — N finale est tombée d'assez bonne heure après r ; diurxLum a donné jorn, jor, jour.
§ 816. — Aujourd'hui, « ou m suivies d une autre consonne n'indiquent plus que la prononciation nasale de la voyelle précédente. Gomme consonnes proprement dites elles ne se sont réellement conservées que seules entre deux voyelles ou après une consonne.
§ 817. — Vs est tombée, à une époque relativement récente, devant toutes les consonnes : paste est devenu /)d^tf, caresme: carême, esté: été^ etc. L's ne s'est maintenue devant une autre consonne, que dans un certain nombre de mots qui ne sont pas d'origine populaire, ou qui ont subi une influence savante : pasteur, dévaster, etc.
§ 818. — Quand l's au commencement d'un mot latin était suivie d'une consonne, on la trouve précédée d'un é dans le mot français correspondant : scalam est devenu eschelle, scutum : escu, etc. L's est ensuite tombée, sauf exceptions, mais Ve s'est maintenu : échelle, écu,
§ 819. — L's latine entre deux voyelles est devenue en français s douce : chose (causam), léser (*lœsare), etc. * § 820. — L's redoublée s'est conservée double jusqu'à nos jours dans l'orthographe ; mais depuis très longtemps elle ne se prononce plus que comme une s simple {dure) : passer de *passare.
. TKANSFORMATION DES CONSONNES. 327
8°xetz.
§ 821. — L'a? se composant d'un c dur et d'une s, laxare a donné régulièrement laisser : Vs s'est maintenue (les deux s indiquant simplement la prononciation dure de la consonne), et le c a produit la diphtongaison de l'a précédent en ai. Quelquefois il y a eu métathèse des deux consonnes dont se compose l'a?. Le même verbe laxare, prononcé lascare (au lieu de lacsare), a donné lascher; car le Cj suivant une autre consonne, et placé devant un a, doit se changer en ch (§ 763).
§ 822. — Le z, dans les mots d'origine populaire, s'est changé en j : zizyphum a donné jujube, et zelosum : jaloux.