IV. — Verbes français en « aindre, eindre
oindre ».
§ 207. — Les verbes français en aindre, eindre, oindre, dérivent de verbes latins dont le radical se termine par ang, ung, ing. Le g final a produit un double eff'et : 1* il a transformé les voyelles a, m, i en les diphtongues ai.
oi, et; 2® il a mouillé Vn. Mais la mouillure de ïn n'est sensible aujourd'hui que dans les formes où le radical est suivi d'une voyelle : « ils plaigneniy poignanij etc. » Partout ailleurs Vn elle-même a disparu de la prononciation, en produisant la nasalisation de la voyelle précédente: « il /î/amt, joindre, etc. » Quant au d de l'infinitif et du futur, nous l'expliquerons § 213.
§ 208. — Lesyerhes geindre ei craindre n'ont été rangés parmi les verbes en « aindre, eindre » que par analogie. Leur radical latin se termine par m et non par ng. Ce? verbes devraient avoir, et ont eu envieux français, comme radical atone, ^ew, crem, et comme radical tonique giem, criem. On disait « cernant, cremant » au lieu de geignant, craigna,nif « il gernsLii, il cremait, que je gième, que je crième, etc. » (Voyez § 159.) Pour la forme étymologique de l'infinitif de ces verbes, voyez ci-dessous § 217.