VIII. — Impératif
. § 303. — L'impératif latin n'avait que deux personnes,
la deuxième du singulier et la deuxième du pluriel.
Notre impératif singulier dérive de l'impératif singulier
:j40 grammaire du VIEUX FRANÇAIS.
latin, excepté dans les verbes avoir, être^ savoir, vouloir, où il est tiré du subjonctif.
§ 304. — Or Fimpératif latin était en a pour la conjugaison en are, et en e ou en i pour les autres : cànta, rédde, senti. Les voyelles atones tombant, excepté Va qui doit être représenté par un e muet, il en résulte que Fimpératif de la première conjugaison française (qui correspond à la conjugaison latine en àré) se terminera par un e muet {chanté) et que Fimpératif des autres verbes se réduira au radical sans flexion. Nous écrivons aujourd'hui « rends, sens », c'est-à-dire que nous ajoutons une s au radical (quelquefois avec suppression de la consonne finale, comme dans sens, pars). Cette s est mise là par analogie avec les secondes personnes des autres temps ; mais on ne la trouvait pas dans Fancienne langue, pas plus qu'en latin ; on disait et on écrivait : rend (ou rent), sent, part.
§ 305. — Les verbes inchoatifs ont Fimpératif en is, terminaison dérivée régulièrement du latin isce.
§ 306. — En dehors de la première conjugaison, on trouve L'impératif en e muet lorsque le radical du verbe «e termine par des consonnes appelant une voyelle d'appui : ouvre, offre, etc.
§ 307. — Quant àla deuxième personne dupluriel, elle est identique, dans nos verbes, à la même personne de Findicatif présent. Elle ne vient pas de Fimpératif latin, qui aurait donné une forme identique au participe passé; car portâte (impératif) et portàtum (participe passé) doivent aboutir à la même forme française, porté. Nous avons aussi une première personne du pluriel, qui est identique à la même personne de Findicatif présent *.
1. Mais il faut se rappeler que le subjonctif avait deux formes pour tes deux premières personnes du pluriel : ions, iez, et aussi, comme t'iodicatif, ons, ez. On peut donc supposer que Tirapératif se rattache
§ 308. — Les quatre verbes qui dérivent leur impératif singulier du subjonctif empruntent au même temps les personnes du pluriel :
soyons ayons veuillons sachons soyez ayez veuillez sachez.
Toutefois, dans les deux derniers, on remarquera la suppression de Vi des terminaisons subjonctives ions, iez (Voyez la note du § 307).