‹ Grammaire elémentaire de la vieille langue française (volume 2)Chapitre 98 sur 243 · Imparfait · texte numérisé non relu

Imparfait

§ 459. — L'imparfait du subjonctif a souvent, dans l'ancienne langue, la valeur d'un conditionnel présent ou celle d'un conditionnel passé. « Il chantast » peut signifier : « Il chanterait », ou « il aurait chanté. »

Chanson de saint Alexis: « E Deus I dist-il... ici ne volsisse estre. » Mot à mot : « Eh Dieu I dit-il, je ne voulusse pas être ici. » C'est-à-dire : « je ne voudrais pas être ici. »

Joinville : « Et quant li roys vint à Poy tiers, il vousist bien estre arieres à Paris. » Mot à mot : « Et quand le roi vint à Poitiers, il voulût bien être de retour à Paris. » C'est-àdire : « il aurait bien voulu, »

§ 460. — Le conditionnel présent, ou l'imparfait de l'indicatif qui le supplée après si ( s'il était ici) , sont encore aujourd'hui remplacés par l'imparfait du subjonctif: 1* quand on sous-entend la conjonction conditionnelle, dans les tournures telles que : « Fût-il ici, j'irais; » 2** après que suppléant si : « s'il venait et que nous fussions ici... » 3* dans tous les cas où l'mdicatif doit être remplacé par le subjonctif : « Je ne crois pas qu'il vînt^ môme si vous lui écriviez. »

Mais aujourd'hui l'imparfait du subjonctif ne peut avoir la valeur d'un conditionnel passé.

§ 461. — L'imparfait du subjonctif est quelquefois employé, dans l'ancienne langue, avec le sens du parfait du subjonctif :

Joinville : « Nous sommes ou plus grant péril que nous fussiens onques mais. » Mot à mot : « Nous sommes dans

le plus grand péril que nous fussions jamais. » On dirait aujourd'hui : « où nous ayons jamais été, »

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