LOIS GÉNÉRALES DES CONSONNES
§ 757. — Sous réserve des exceptions que nous aurons l'occasion d'indiquer à propos de chaque consonne, on. peut dire que la transformation des consonnes latines en consonnes françaises est soumise aux grandes lois suivantes :
1° Les consonnes latines se maintiennent quand elles sont au commencement des mots (ou après les préfixes), ou quand elles sont après une autre consonne et devant une voyelle :
cor : cœur
[dejgradum : [de]^ré
dicit : dit
turrem : four
patrem : père
ûorem : /leur
[sub]venit : [soutient
2° Entre deux voyelles, ou après une voyelle et avant une autre consonne.
Les gutturales (c g) se changent en y (écrit i ou y).
Les labiales (p, b, f, v) se réduisent à v (sauf f qui tombe excepté devant les liquides).
Les dentales tombent, après s'être réduites a d.
Exemples :
Gutturales : pacare : payer f factum : fait
'vincutum :
vaincu
dub(i)tat :
doufe
mordentem :
mordant
lectum :
lit
imperatorem :
empereur
nlbam :
auoe.
Labiales : /abam : fève
lep(o)rem : lièvre
Dentales : ritam : vie (d'abord vide)
patvem : père (d'abord pédre)..
3° Quelle que soit leur place, Vs, les liquides (/, ?') et les nasales (n, m) se maintiennent.
soror :
sœur
ci/rsam :
course
\unam :
/une
clavem :
ctef
ripant :
rive
praedam :
proie
nomen :
nom
declirxxam
: dime
vaurum :
mur
eausam :
chose
pastam :
paste (pâte)
va\ere :
vaioir
altum :
ha/t (haut)
perire :
périr
* partire :
partir
'pa.na.rium :
panier
mrm(i]cam
: manche.
4° Les liquides se prononcent difficilement après certaines consonnes, précisément après les consonnes énumérées sous le n° 3 (une s. une autre liquide l. ou une nasale). Aussi ces groupes de consonnes ne se trouvent-ils pas dansla langue latine ; mais la chute des voyelles atones, dans la transformation du latin, a fait souvent que deux consonnes, qui étaient d'abord séparées par une voyelle, se sont trouvées réunies. Lorsqu'il était difficile de les prononcer ensemble, une nouvelle consonne s'est introduite entre les deux ; car il est plus commode de prononcer stra que sra.
Entre / ou n d'une part, et?' de l'autre, la consonne euphonique est un d :
mô\{e)ve donne mo/dre (devenu moudre) gên.(n)rum — gendre.
1. Toutefois r et s peuvent être suivis de l : par/er, mas/e (devenu mâle).
Cl.ÉDAT. >8
Entre s dur et r, la consonne euphonique est un t :
antecéss(o)r : ancestre.
Entre m d'une part et r ou / de l'autre, la consonne eu phonique est un b :
câm(e)ram: chambre *insimul : ensemble.
5° La cinquième loi générale, relative au cas où trois consonnes se suivent, sera formulée plus loin, § 823.