‹ Grammaire élémentaire de la vieille langue françaiseChapitre 50 sur 167 · II. — Participe présent et gérondif · texte numérisé non relu

II. — Participe présent et gérondif

§ 229. — Le mot « gérondif » ayant été jusqu'à présent peu employé dans les grammaires françaises, il est nécessaire de l'expliquer. En français, le gérondif a la même forme que le participe présent, et cette identité de forme a été cause de la confusion des deux temps sous un même nom.

Mais le participe présent doit être, par définition, un adjectif verbal, donnant au nom avec lequel il s'accorde la qualité d'agent de l'action exprimée par le verbe ; il doit pouvoir être remplacé par le verbe à un temps de mode personnel, précédé du pronom relatif : « partant », participe présent, équivaut à « qui part » ou « qui partait ». Au

contraire, lorsqu'on dit : « il nous a remerciés en partant », il est évident que « partant » ne peut pas être remplacé par « qui partait », ne s'accorde avec aucun nom, et exprime une idée toute différente. Il n'a plus la valeur d'un adjectif, comme le vrai participe présent, mais celle d'un substantif exprimant l'action même du verbe, comme l'infinitif ; c'est en quelque sorte le cas régime de l'infinitif. Ce cas régime ne s'emploie d'ailleurs, dans la langue actuelle, qu'après la préposition en; nous verrons, dans les notions de syntaxe, que l'emploi en était moins restreint dans le vieux français. Plusieurs patois se servent aujourd'hui de l'infinitif, même après en. et disent : « en partir », au lieu de « en partant ».

§ 230. — En latin le gérondif se distinguait du participe présent par la forme non moins que par le sens. Gomme en français, le gérondif servait de cas régime à l'infinitif, et il avait les différentes terminaisons des cas régimes des noms et adjectifs. L'un de ces cas (en o) donnait au gérondifla valeur du gérondif français précédé de la préposition en, valeur que notre gérondif a conservée dans quelques locutions comme « chemin faisant », qui équivaut à « en faisant chemin ».

§ 231. — Le gérondif français dérive soit de ce cas en o, soit de l'accusatif (en um). Ces deux cas s'étaient d'ailleurs confondus dans le latin populaire : cantândo et cantândum ne diffèrent que par des lettres qui, d'après les lois de la phonétique, doivent tomber.

Le gérondif de la conjugaison latine en are (français er) était en « andum, ando » devenu ant dans le français par le changement du d en t et par la chute de la finale atone. Or, le participe présent de la même conjugaison était en ântem; em final devant régulièrement tomber, et le t devant les conserver intact, le participe présent s'est confondu

DU VERBE. Il»

avec le gérondif. Canta,ntem, participe présent, etcantacndum, gérondif, ont donné une forme unique : chantant, qu'on pourrait appeler gérondif-participe.

§ 232. — Pour les autres conjugaisons latines, le gérondif était en endum et le participe présent en entem. Nous devrions donc avoir des gérondifs-participes en ent. Mais de bonne heure la flexion ant, de la conjugaison en er, a été appliquée à tous les verbes ; d'où il résulte que les différentes conjugaisons forment leur gérondif-participe de la même façon, en ajoutant ant au radical (au radical suivi de la syllabe iss nour les verbes inchoatifs).

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