‹ Grammaire et lexicographie des patois de la Suisse romande. Bibliographie analytiqueChapitre 2 sur 111 · I. SUISSE ROMANDE · texte numérisé non relu

I. SUISSE ROMANDE

p. 351, le destinataire de cette lettre ne peut être que RaynouaRb. Cf. aussi J. Ozrvier, Canton de Vaud, p. 221, note 1, et REYNoOLD, Le doyen Bridel, Bibliographie, nes 98 et 158. Il est aussi question du patois dans une lettre de 1809 à Eloi JOHANNEAU (cf. no 543); voir ibid., no 58.

1044. — Bridel, Philippe. Note sur la probabilité de l’origine suisse des habitants du village français de Courtisols, près de Chälons-sur-Marne, dans Mémoires et dissertations sur les antiquités nationales et étrangères, publiés par la Société royale des Antiquaires de France, t. V (1823),

Le patois de Courtisols ayant été invoqué à l’appui de l'hypothèse de l’origine suisse de ses habitants, BRIDEL trouve, après examen des matériaux publiés, que le patois de l’Evêché de Bâle présente seul quelques affinités. Dans le but d’arriver à des conclusions plus précises, il fit encore traduire en patois de Courtisols une série de mots romands. Le résultat, très négatif, de cette comparaison est communiqué, avec la liste de 134 mots dans les deux idiomes, au t. VI (1824) des Mémoires, p. 219-223.

104$. — C[oquebert de] M{ontbret]. Essai d’un travail sur la géographie de la langue française, dans Mélanges sur l2s langues, dialectes et patois. [publ. par BoTTIN |. Paris, 1831 (voir n° 359), p. 5-29.

Rattache, p. 23 et 29, la Suisse romande aux pays de langue d’oc, mais dit, p. 25, que le franc-comtois est « probablement » en usage dans la principauté de Neuchâtel. L'auteur est visiblement peu renseigné. Cf. n° 1048.

1046. — Olivier, J. Le canton de Vaud, sa vie et son histoire. Lausanne, M. Ducloux, 1837. 2 vol. XVIII-526 et 527 à 1338-XCIV-IIT-IX p.in-80.

Les p. 216-280 s'occupent de la langue et constituent le plus intéressant des anciens travaux sur le patois. L'auteur y disserte en philosophe patriote et en poète romantique beaucoup plus qu’en philologue. Il reconnaît dans le patois romand la véritable langue du Pays de Vaud et des régions avoisinantes. Les nombreuses variétés dialectales recouvrent un fond commun qui est apparenté avec la langue d’oc. Les théories de RAYNOUARD au sujet de cette dernière sont acceptées sous certaines réserves. Par suite des vicissitudes politiques, le roman de nos régions est un dialecte très mélangé, mais le provençal y constitue l’élément prédominant et caractéristique. P. 244 et suiv., les caractères du patois sont analysés au point de vue esthétique et ses qualités comme moyen d’expression mises en relief par des exemples empruntés à la littérature et à la chanson populaire patoises (cf. ne 404). Le sort du romand a été plus ou moins lié à celui de la langue d’oc, et la concurrence victorieuse du français se fait sentir dès le moyen âge. Citations d’actes intéressants par leur langue. L'auteur termine par de belles pages où il plaide avec émotion pour qu’on laisse au patois une petite place à côté du français. Il croit encore

possible de tirer des multiples patois particuliers un idiome épuré, susceptible d’être cultivé littérairement avec succés, et qui serait la langue de notre nationalité intime. D'ailleurs, même si on le laisse mourir, le patois ne cessera pas | de se perpétuer dans notre français « Il est cloué pour jamais à nos corps et | à nos âmes. » Cf. OpiN (n° 1160), p. 12. |

J. OLIVIER s'occupe aussi en plusieurs endroits de son livre des noms de lieux et de leur origine. P. 126 et suiv., discussion de l’étymologie de | Vaud ; p. 153, note 7, origine de Joux; p. 187-188, noms en - ens, - enge; | p- 505-506, notes sur les lieux-dits et les noms de famille; dans les Ecluircissements, p. XXII-XXV, note sur la valeur évocative et pittoresque de nombreux noms, surtout des Alpes.

Les chapitres sur Le putois romand et La poésie populaire ont été reproduits dans les Œuvres choisies de Juste OLIVIER (Lausanne, Bridel, 1879), t. |, p. 204-242.

1047. — Daguet, Alexandre. Études sur l'histoire littéraire de la Suisse depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours. Culture helvétoromaine, dans la Revue suisse, t. IX (1846), p. 481-497.

Parle sommairement, p. 494-495, des patois romands et de leur origine, et donne la palme au dialecte de la Gruyère. Se trouve aussi p. 26-27 du tirage à part des Etudes (119 p. in-8°).

1048. — Berghaus, Heïnrich. Sprachkarte von Frankreich. Gotha, 1847. — 2me édition, 1852 (voir n° 26).

Cette carte, qui donne la division en dialectes du territoire gallo-roman, est basée sur les travaux anciens de ADELUNG-VATER, COQUEBERT DE MONT- BRET (no 1045) et FALLOT. Pour la Suisse romande, l’auteur renvoie à EBEz, Anleitung in der Schweitz zu reisen, 1, p. 261-262. II mentionne les divergences d'opinion relatives à l'appartenance des patois suisses à la langue d’oc ou à la langue d’oil. Lui-même fait de Neuchâtel et du Jura bernois une subdivision du franc-comtois et englobe le reste de la Suisse romande dans un groupe unique, le vaudois, faisant partie du domaine de la langue d’oc.

1049. — H{umbert], J[ean]. [Sur les patois romands), dans la Bibliothèque universelle de Genève, t. XII, octobre 1849, p. 237-242. :

A l’occasion de la publication des Paniers, de RASPIELER, par KOHLER et FEUSIER (voir no 926), l’auteur passe en revue les travaux sur les patois romands et dit entre autres, p. 238, que DuBois DE MONTPERREUX « s’occupe activement d’un dictionnaire patois neuchâtelois, auquel il ajoute de nombreuses dissertations sur l’origine et les phases de la langue romane ». J. Humserr touche la question de savoir si le patois jurassien est de même famiile que le savoyard. Il examine les causes du discrédit dans lequel est tombé le patois et signale l’extrême diversité de ses variétés et la difficulté

qu’il y a à l'écrire. Cite, p. 241, le fait, incontrôlable aujourd’hui, qu’à Gland (Vaud) la moitié du village rend le ch français par fs et l’autre moitié par le th anglais ; un simple ruisseau forme la limite.

1050. — Berlepsch, H. A. Schweizerkunde. Land, Volk und Staat, geographisch-statistisch, übersichtlich-vergleichend dargestellt. Braunschweig, Schwetschke und Sohn, 1864. XII-907 p. in-8°. — 2me édition : 1875, VII-798 p. in-8°.

Chap. X, p. 524-541 (ire éd.), Sprache ; p. 534-537, Franzôsische Dialekte. Quelques renseignements sur l'extension du domaine français dans les cantons mixtes de langue. Caractéristique et particularités phonétiques remarquables des patois. Exemples de mots singuliers du Val d’Illiez et de l’incompréhensibilité du patois d’Hérens ; deux fragments de chansons patoises. Le tout est emprunté à des auteurs antérieurs. La seconde édition abrège.

1051. — F{avrat}, L. Quelques mots sur les patois de la Suisse française, dans le Conteur vaudois, 1869, n° 17. — Reproduit dans les Mélanges vaudois (n° 466), p. 169-172.

Notes sornmaires destinées à servir de préambule à une « séance de patois » donnée par l’auteur à Lausanne et dans d’autres villes du canton de Vaud. Il discute superficiellement les rapports de nos dialectes avec ceux du Midi de la France et indique quelques traits distinctifs des principaux patois vaudois.

1052. — F{avrat], L. Chronique des patois, dans le Conteur vaudois, 1869, n° 42 (16 octobre), p. 3-4.

Comme preuve de l'intérêt que suscitent les patois, mentionne les travaux de G. QUINCHE, à Valangin, du curé CHENAUX, à Vuadens, et de L. CRoI- SIER, à Saint-Triphon. Un Valaisan s’occupe aussi de la composition d’un recueil de mots. Annonce que deux ouvrages patois viennent d'être mis en souscription: une traduction des fables de La Fontaine, par le Dr Maz- HERBE, à Bonvillars (voir n° 428), et la Couspiralion de Compesières, publiée par Ph. PLAN (no 786). Suggère la création d’une Société des patois romands, qui mettrait en contact les amateurs dispersés et faciliterait l’élaboration d’un grand glossaire.

1053. — Gatschet, À. Die Sprachen und Dizlekte der Schweiz, dans Allgemeine Beschreibung und Statistik der Schweiz... herausg. von Max Wire, t. | (Zürich, Orell, Füssli & Comp., 1871), p. 296-325. Gr. in-8°.

La partie concernant les patois romands est un essai de synthèse méritoire pour l’époque où il a été écrit. Dans l'introduction historique, p. 296-299, l’auteur traite de la période celtique, dont on retrouve quelques vestiges dans

les patois, de la romanisation et de la formation d’une « Mischsprache » vulgaire, d’où sont sortis les dialectes romands et italiens, enfin des invasions

germaniques et de leurs résultats. Après une description sommaire de la limite des langues (cf. no 37), il parle de la multiplicité des dialectes suisses, qui devraient être recueillis scientifiquement avant leur disparition prochaine. Les patois romands sont divisés, p. 302, en a) Patois des Alpes : 1. Valais. 2. Genève. b) Patois de la Plaine: 3. Vaud. 4. Fribourg c) Patois du Jura : s. Neuchâtel, 6. Jura bernois. P. 303-304, considérations générales sur ces patois et sur leur vocabulaire. Liste de mots empruntés à l’allemand. Transformations remarquables de mots latins (plusieurs étymologies erronées). Les différents groupes cantonaux sont ensuite passés en revue et l’auteur cite comme spécimens les textes suivants : p. 304, Oraïison dominicale en patois de Vissoie (Valais) ; p. 305-306, chanson vaudoise, La mal épousée : Llé la fellia de noûtron vezin, avec trad. fr.; p. 306, 3 couplets de la coraule fribourgeoise du Moléson (ne 551); ibid., fable Les femmes et le secret, en patois de Savagnier (Neuchâtel), avec trad. fr. (d’après n° 836).

1054. — [Daguet, Alexandre]. Étude des patois de la Suisse romande, dans Le Dimanche, t. 1 (1871), p. 60-61.

Petit article à l’occasion des recherches, encore inédites, de HÆFELIN. Recommande, à côté des travaux linguistiques, une étude esthétique et littéraire et cite un fragment de sa défense du patois, parue jadis dans l’Ernulation (voir no 563).

105$. — Pont, l’abbé G. Origines du patois de la Tarentaise, ancienne Kentronie. Paris, Maisonneuve et Cie, 1872. 149 p. in-8c.

À côté des rapprochements dilettantesques qui doivent montrer les origines teutoniques, scandinaves, celtiques, latines et grecques du patois savoyard de la Tarentaise, cet ouvrage renferme, sous le titre de Parallèle avec le patois de la Suisse romande (chap. IX, p. 89-124), une longue liste alphabétique de mots du patois savoyard mis en regard de mots correspondants empruntés au Glossaire de BRIDEL. Aucun commentaire n’indique les conclusions que l’auteur tire de cette comparaison.

1056. — Granier de Cassagnac, À. Histoire des origines de la langue française. Paris, Didot, 1872. XVI-554 p. gr. in-8°.

Le grand champion de l’origine gauloise des patois fait du « suisse » un des treize dialectes de langue d’oc de sa classification (p. 220) ; il lui attribue 30 sous-dialectes, évidemment parce que le Glossaire de BRIDEL-FAVRAT, seule source de ses connaissances en dialectologie romande, a publié 30 versions de la parabole de l'Enfant prodigue (il n’y en a en réalité que 26 qui appartiennent à la Suisse française, voir no 362). P. 252-253, parmi les parallèles destinés à montrer le fond gaulois commun à des patois très éloignés, liste comparative de 35 mots en dialecte suisse et en gascon. Nos patois donnent encore lieu çà et là à quelques autres observations de même valeur, ainsi, p. 228-229, mots divers pour dire « enfant » et « cochon » ; p. 426, le volsque babu « fils », identifié avec le romand boubo, boueube, etc.

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