C. R. Romania, XXXIV, p
1232. — Dumur, Louis. Folklore savoyard et genevois, dans le Mercure de
France, 1° novembre 1907, p. 189-191. — Analysé dans la Semaine littéraire (Genève), 9 novembre 1907, p. 536.
Constate que certaines chansons en patois savoyard publiées dans un précédent numéro par M. A. vaAN GENNEP étaient aussi connues jadis à Genève, mais que le français y a aujourd’hui complètement évincé le dialecte. Rappelle que l’ancienne littérature populaire genevoise, à commencer par le Cé qu'è laino (n° 735), est presque entièrement dialectale. Dans la ville même, il existait encore il y a une trentaine d'années toute une génération qui comprenait le patois. Est d’avis que Genève et son territoire doivent être considérés comme le véritable centre de l’idiome dit savoyard, qui est resté jusqu’au milieu du XVIIme siècle la langue vulgaire de toutes les classes de
la population genevoise. Les étudiants étrangers qui fréquentaient alors l’Académie se plaignaient de ne pas entendre un mot de français en dehors des cours, s’ils ne logeaient pas chez des pasteurs. Aujourd'hui les efforts des puristes dont M. PLuDp'Hux (voir chap. V) est le type tendent à faire disparaître les derniers vestiges de l’ancien langage local. Et pourtant bon nombre de ces expressions honnies sont intéressantes et d’une esthétique excellente. Le tout est de savoir choisir. Le Glossaire genevois de ]J. Hum- BERT devrait être repris et mis au point.
Dans le numéro du 16 novembre 1907, p. 376-377, M. A. van GENNEP s'oppose à l’idée de regarder Genève et le Genevois comme « le véritable centre » du dialecte savoyard. Ni Chambéry, ni une autre ville ne sauraient d’ailleurs revendiquer ce titre. Dans le groupe de parlers étroitement apparentés qui s'étend de la Bresse jusqu'aux hautes vallées du Piémont, aucun ne peut prétendre avoir été le patois originel dont tous les autres seraient issus. Si LITTRÉ cite toujours le «genevois » à côté du normand, du bourguignon, etc., cela tient uniquement à ce que, de son temps, il n’existait pas encore de dictionnaire savoyard et que le parler de Genève avait été seul l’objet de recherches utilisables. Il n’en est plus de même aujourd’hui. Quant à la conservation des provincialismes, M. vAN GENNEP abonde dans le sens de M. Dumur et voit dans la connaissance d’un patois un avantage dont on devrait faire profiter les enfants partout où cela est possible.
1233. — Schinz, Albert. Autour d'un accent, dans la Revue de philologie
française et de littérature, t. XXII (1908), p. 291-301.
Discute s’il faut écrire et prononcer genevois, comme on le fait à Genève, ou génevois, suivant l’usage d’auteurs français. Insuffisamment renseigné sur le développement historique, M. Scxinz conclut en faveur de génevois et. condamne genevois au nom des «principes phonétiques du français ». Dans une note additionnelle (p. 301), M. CLÉDAT fait des réserves sur ces conclusions et explique génevois comme une erreur possible de lecture. Cf. n° 1234.
1234. — Jeanjaquet, J. Genevois ou génevois ? dans le Bulletin du Fiasanes
t. VII (1908), p. 60-63.
Combat la thèse de M. Scxinz (n° 1233) et cherche à établir que genepois est une forme tout à fait normale et légitime, à laquelle il n’y a pas de raison de préférer la variante genevois. Montre que le développement Genava > Genève, que M. Scinz explique mal, est conforme à la phonétique locale.
1235. — Constantin, A. et Désormaux, J. Essai de grammaire. Deuxième
partie, Chapitre V. Du verbe, dans la Revue savoisienne, t. L (1909), p. 55-66, 103-118.