CANTON DE BERNE
moins modifié, corrompu et mélangé de langages voisins. Mais le celtique ayant pour primitif la langue sanscrite, fille de l’hébreu, c’est du sanscrit que dérive directement le patois. Donne comme preuve une liste de 36 mots patois renfermant les articulations #ch, dj, ch, avec, en regard, les racines sanscrites dont il les fait dériver. Conclut que si, pour trois lettres seulement, on trouve tant d’analogies entre les deux langues, on peut juger quelle quantité il y en aura pour les 25 lettres de l'alphabet. Cf. Actes, t. XII, p. 42, l'indication d’observations présentées par X. KOHLER à la suite de la lecture du mémoire de PARRAT.
1262. — Dufour, Louis. Recherches sur l’origine des Genevez; village de l’ancien Évêché de Bâle, dans les Mémoires et documents publiés par la Sociéte d'histoire et d'archéologie de Genève, t. XV (1865), p. 83-112.
Considère le nom du village des Genevez, près de l’ancienne abbaye de Bellelay, ainsi que ceux des Geneveys neuchâtelois, comme dérivant de Genève et signifiant les Genevois. Montre par des actes qu'il y a eu à la fin du XIIe et au commencement du XIVe siècle des établissements d'étrangers sur le territoire de Bellelay et qu’à cette époque les troubles politiques de Genève ont provoqué des émigrations. Rapproche les anciens noms de famille des Genevez de noms attestés à Genève. Quelques observations sur l'intelligence et les mœurs distinctes des Genevézats. Termine, p. 105-107, par des notes sur la Langue des Genevézats et prétend qu’il y a une grande différence entre leur patois et les autres parlers du Jura. Mais le tableau comparatif (p. 107) où il met en parallèle 31 mots donnés comme particuliers aux Genevez avec ceux du patois de Genève n’a aucune valeur probante. DurouRr constate luimême que presque tous ces mots existent aussi en vaudois ou en savoyard. Toute la question linguistique devrait être reprise et se baser sur une enquête sérieuse. Voir aussi chap. VI.
1263. — Thiessing, Dr. Das Patois der Elsgäuer, 1876 (voir n° 935).
Regrette que le patois ajoulot n’ait pas encore été étudié comme il mériterait de l’être et se propose d’en signaler les particularités les plus importantes. Suivent des remarques d’amateur sur son origine et sa prononciation, quelques formes verbales, la flexion des adjectifs, des étymologies, le tout servant d'introduction à un aperçu .de la littérature dialectale analysé sous n° 935.
1264. — Schindler, Dietrich. Vocalismus der Mundart von Sornetan. Leipzig, J. B. Hirschfeld, 1887. IV-84 p. in-8°. Thèse de doctorat de Leipzig.
Première étude scientifique d'un patois jurassien, limitée au vocalisme d’un village du district de Moutier. Même pour ce thème restreint, la documentation devrait être plus étendue et l’interprétation historique laisse à désirer. L’Appendice (p. 76-84) fournit quelques matériaux de comparaison avec d’autres patois du Jura bernois et avec les parlers neuchâtelois et vaudois.
C.R. Romania, XVILE, p. 480. — Litbl. f. germ. u. rom. Phil., 1889, col. 143-145 (H. Morf). — Zeitschr. f. franz, Spr. X?, p. 130-131 (A. Odin). — Rev. des pat. gallo-rom., II, D. 149-154 (L. Gauchat).
1265. — Horning, À. Die Schicksale von en + Kons. und an + Kons. im Ostfranzôsischen, dans la Zeitschrift für romanische Philologie, t. XI (1887), p. 542-551.
Sur le sort de en + consonne dans le ‘Jura bernois, voir p. 546, 549-550.
1266. — Rossel, Virgile. Nos patois, dans les Actes de la Société jurassienne d'Émulation, Ile série, t. I (1889), p. 253-255.
Petite pièce de vers consacrée à l’éloge du patois jurassien, qui disparaît.
1267. — Horning, A. Zur Lautgeschichte der ostfranzôsischen Mundarten, dans la Zeitschrift für romanische Philologie, t. XIV (1890), p. 376-396.
Examen critique des parties du t. I de la Grammuïre de MEYER-LüBkE (no 1077) qui traitent des dialectes français de l’Est. L'auteur s’appuie, dans ses discussions, sur des formes recueillies par lui-même dans le Jura bernois, spécialement à Tavannes. Il invoque aussi, à l’occasion, des formes neuchäteloises, vaudoises ou valaisannes.
1268. — Degen, Wilhelm. Das Patois von Crémine. Halle a. S., Karras, 1896. 35 p. in-8° et une carte. Thèse de doctorat de Bâle.
Bonne contribution à la connaissance d’un patois de la vallée de Moutier en voie de disparaître. L'auteur a pris comme modèle la dissertation de M. GAUCHAT sur le patois de Dompierre (ne 1190). L’exposé est malheureusement restreint à la phonétique des voyelles. La morphologie du verbe a été publiée plus tard, voir n° 1277.
C. R. Litbl.f. germ. u. rom. Phil. 1897, col. 169-170 (L. Gauchat). — Herrigs Archiv, XCIX, p. 456-459 (H. Urtel). — Rom. Jahbresber., V, I, p- 276-277 (A. Zünd-Burguet).
1269. — Biétrix, À. Grammaire patoise [de l’Ajoie]. Manuscrit autographe a la Bibliothèque de Porrentruy. 188 p. in-4°. 1896-1897.
La p. 1 indique comme sous-titre: Études sur le Patois Romand du Pays d'Ajoie et de son voisinage. Débute par un Avant-propos (p. 1-10) dans lequel l’auteur prétend que le patois est devenu très grossier et invite la jeunesse à renoncer à son usage. La Grammaire patoïse (p. 11-129) suit l’ordre traditionnel des parties du discours. Elle serait plus utile si elle était moins calquée sur la grammaire française et mettait mieux en relief les particularités dialectales. La partie la plus intéressante est celle qui traite du verbe (p. 54 et suiv.). On y trouve les formes de « être » et « avoir » et celles de 7 conjugaisons types: ainmdi « aimer », œuvie « ouvrir », finy « finir », rontre « rompre », enfüe « allumer », voyey « vouloir », saivoy « savoir ». Ces para-