‹ Grammaire et lexicographie des patois de la Suisse romande. Bibliographie analytiqueChapitre 51 sur 111 · Canton de Vaud · texte numérisé non relu

Canton de Vaud

Voir aussi t. I, n° 431; t. I, nos 1154, 1160, 1162, 1164.

1292. — Recueils manuscrits perdus du XVIIIe siècle.

Nous avons déjà reproduit sous no 1041 les indications de COURT DE GÉBELIN concernant des vocabulaires du patois vaudois qui lui avaient été fournis par SEIGNEUX DE CORREVON (1695-1775), le doyen J. L. MuRET (1715-1796) et Ch. G. DE Loys DE BoCHAT (1695-1754). Ces collections du XVIIIe siècle n’ont pas été retrouvées et la note de COURT DE GÉBELIN est la seule source, directe ou indirecte, des mentions qu’on en trouve plus tard dans HALLER, Bibl. der Schweizergesch., t. IT, no 12, BRIDEL, Avis littéraire (voir no 1283), PIERQUIN DE GEMBLOUX, Hist. des Palois, p. 324, Many LAFON, Tableau hist., p. 322, VULLIEMIN, Der Kanton Waat (no 1295), . t. II, p. 1. Dans ses Mémoires critiques, t. II, p. 12, Loys DE BOCHAT a invoqué lui-même ses collections de mots patois à l’appui de ses théories celtomanes : « Je pourrois fournir plusieurs centaines de mots et de façons de parler purement celtiques, qui sont encore en usage dans notre patois et n’ont rien de commun avec le françois. Mais l’ample recueil que j'en ai fait, quoique je ne possède que très imparfaitement cette langue du Peuple des environs des villes, beaucoup plus mêlée de françois, tant en termes qu’en phrases, que celle des gens de la campagne éloignés des villes, grossiroit trop mon ouvrage. » Quant aux professeurs RUCHAT (1678-1750), LE CLERC et CHa- VANNES, que VULLIEMIN place aussi au nombre des précurseurs de BRIDEL (voir no 1153), nous ignorons en quoi consistaient leurs travaux sur les patois. S’il est regrettable que tant de documents utiles se soient égarés, il ne faudrait pas, d’autre part, s’en exagérer la valeur, toutes ces anciennes recherches étant généralement caractérisées par une fausse orientation et une méthode défectueuse.

1293. — Henchoz, doyen. [Vocabulaire de Rossinière]. Manuscrit autographe appartenant à M. A. Favrop-Coune, à Château-d'Œx. 3 cahiers infol. de 37, 93 et 56 p. écrites. Commencement du XIX: siècle.

Précieux recueil de 4636 mots relevés tous, au bon temps du patois, à Rossinière, où le doyen HENCHOZ était pasteur (voir no 1284). Les matériaux sont classés par ordre alphabétique, avec un ou plusieurs suppléments à la fin des lettres. La transcription est à peu près phonétique, c’est-à-dire que l’auteur ne note généralement pas de lettres étymologiques qui ne se prononcent pas. Les sons s et £, très fréquents dans ce dialecte, sont représentés par une espèce de Ë£ et par 8. L’épaississement de s et 7 est rendu par ch et j. Ce souci constant de reproduire exactement la prononciation locale est très remarquable à cette époque. HENCHOZ était également bien doué pour

examiner le côté sémantique des mots. Il le prouve dans la lettre 4, dont les articles sont souvent assez étendus. Il y indique aussi la première personne de l'indicatif présent, lorsqu'elle contient un autre radical que l’infinitif. Dans la suite, malheureusement, les articles deviennent plus sommaires. L'auteur s'est aussi occupé d’étymologie, sans utilité pour nous. Partant de l’idée que les patois sont du français corrompu, c’est à cette langue qu'il attribue la majorité des étymologies, le latin est très faiblement mis à contribution, l'inconnu beaucoup. Voici les chiffres de son classement pour la lettre À : total des mots : 312; hébreu, grec, allemand : o ; français : 223 ; latin : 12; inconnu : 33; richesses : 40. Par ces dernières, il entend les mots qui n’ont pas de correspondant pour le sens dans la langue littéraire et qui constituent des « richesses du patois ».

Ce glossaire a servi de source à BRIDEL, qui cependant a laissé de côté les mots qui se retrouvent en français et quelques autres, sans qu’on en voie la raison. Il a remplacé les lettres grecques par th et dh, mais non sans les confondre parfois. HENCHOZ lui a rendu des services qu’il aurait bien pu reconnaître quelque part. MOREL-FATIO a également copié et incorporé à son Glossaire (n° 1291) le travail du doyen.

Il existe en outre en deux exemplaires un extrait du Vocabulaire de Rossinière, l’un ayant appartenu à B. DuMUR, ancien président du tribunal, à Lausanne, et actuellement déposé à la Bibliothèque de cette ville, en deux cahiers, intitulé Collection de mots du patois de Rossinière, sous le rapport de leur origine étrangère et de leur énergie, par le Doyen Henchoz ; l’autre copié de celui-ci, à la machine à écrire, 92 p. in-4°, relié, même titre, déposé aux Archives cantonales, à Lausanne.

1294. — Dumur, Louis. Petit Vocabulaire Patois et Supplément. Manuscrits

de la Bibliothèque de Lausanne, cotés K 959. Commencés à Savigny, en 1842, et terminés à Lausanne, en 1874. VIIT-416 et 534 p. in-4°.

Fruit de lectures assidues, de conversations et de patientes recherches, ce précieux glossaire, d’une très belle écriture, constitue l’une des meilleures sources du Glossaire romand. Il compte environ 9000 mots. Les pages de droite du Supplément avaient été d’abord laissées en blanc ; elles ont été plus ou moins remplies par de nouvelles additions. Dans une introduction de huit pages, l’auteur, qui a vécu de 1800 à 1882, expose très modestement le but qu’il se proposait. Il n’avait pas l’intention de publier son œuvre, mais de la léguer à une « Société conservatrice des patois ». Cette Société ne s’étant pas formée, Benjamin Dumuer, fils de Louis, déposa les volumes en 1903 à la Bibliothèque de Lausanne. L'auteur parlait lui-même couramment le patois de Lavaux, qui forme le fond du vocabulaire ; mais celui-ci s’est enrichi à l’Étivaz et à Savigny, où DUMUR a été pasteur. Il est regrettable que les mots ne soient pas toujours suffisamment localisés, car, à part cela, tout est très louable : l’auteur s’applique à distinguer les diverses acceptions des mots ; il cite de bons exemples, qui trahissent souvent l’impression du moment où il les a notés; les définitions sont claires et précises ; des proverbes ou locutions donnent de la couleur. Les mots français qui ont pé-

nétré en patois ne sont reçus que si leur signification a été modifiée. Pas d’étymologies, mais quelquefois un renvoi sensé à d’autres mots. DUMUR s’est inspiré du petit vocabulaire qui termine le Recueil Corbaz (n° 1287), il a consulté le manuscrit de BRIDEL. A son tour il a été utilisé ou reproduit par MORATEL (n° 1296) et MorEL-FATIO (n° 1291). Il est aussi l’auteur d’une riche collection de proverbes (n° 412) et d’une chrestomathie patoise (n° 439).

129$. — Vulliemin, L. Der Kanton Waat. St. Gallen & Bern, 1847-1849 (voir n° 411).

Dans cette édition allemande de l’ouvrage de VULLIEMIN, traduite sur le manuscrit par WEHRLI-BoIsoT, on trouve, outre les morceaux patois mentionnés sous n° 411, une liste de noms du diable en patois et d’autres termes se rapportant aux superstitions (t. I], p. 31-32), ainsi qu’un petit vocabulaire patois d'environ 200 mots (t. Il, p. 10-14), avec traduction allemande et quelques notes sans importance du traducteur. La plupart de ces mots se retrouvent dans le vocabulaire du Recueil Corbaz (n° 1287). Les fautes d’impression sont nombreuses. Le tome s’ouvre par quelques réflexions générales sur les patois vaudois et leur littérature (p. 1-4), écho des écrits de BripeL. Les éditions françaises n’ont conservé que les noms du diable et quelques mots de sorcellerie.

1296. — Moratel, J. L. Glossaire du patois vaudois. Manuscrit en 3 volumes in-fol. Vers 1850.

Cet ouvrage important est malheureusement perdu. Tout ce que nous avons pu en retrouver dans les papiers conservés par la famille, ce sont les fiches originales des lettres 4-C. Mais MoREL-FATIO avait eu à sa disposition le manuscrit complet et l’a entièrement incorporé à sa grande compilation (n° 1291), de sorte que la perte est réparable en utilisant cette copie. Né à Sédeilles près de Payerne, MORATEL (1809-1866) a pratiqué le patois dès sa jeunesse. Ayant exercé plusieurs professions dans différents milieux, il était bien placé pour inventorier son dialecte. Il abonde en termes techniques des métiers et de l’agriculture. Sa transcription et son choix d’exemples sont dignes d’éloge. Il ne mérite pas la critique que lui adresse MoREL-FATIO (fiches 34976-34985), d’avoir pillé le manuscrit de BRipet, dont il s’est servi, mais qu'il a notablement enrichi. Toutefois, ses étymologies ne valent souvent pas mieux que celles de son devancier, et les mots qu’il extrait d’anciens documents, sans nommer ses sources, sont incontrôlables. Sa connaissance pratique de diverses langues lui a fourni des parallèles utiles. Il a largement mis à profit son glossaire pour les notes dont est accompagnée son édition de PyrHon et de L. BORNET (no 573); il est aussi connu par une Flore romane (voir plus loin, $ 8 b). Lorsque la Société d’histoire de la Suisse romande voulut publier un dictionnaire patois, elle hésita entre ceux de BRIDEL et de MORATEL. ODIN (n° 1160), p. 14, regrette qu’elle ait donné la préférence au premier. Ce sont sans doute le caractère plus général de l’œuvre du doyen et sa célébrité qui l’ont déterminée. Elle eût encore mieux fait de publier les deux.

1297. — Däniker. Notes patoises. Manuscrit au Bureau du Glossaire. 41 p.

in-8°, 1851.

Renferme 8 pages de mots recueillis à Montet sur Cudrefin (Vully) en suivant le vocabulaire de AHN, Franzôsische Umgangssprache. Ce sont environ 900 des termes les plus usuels, en mauvaise orthographe. L'auteur essaye ensuite de transcrire en patois une des conversations d’AHN et reproduit par ordre alphabétique une partie des matériaux donnés précédemment. Cinq pages de provincialismes notés à Montet. Le reste est occupé par des copies, en partie sténographiées, de VULLIEMIN, Der Kanton Waat (no 1295) et de morceaux patois connus.

1298. — Croisier, L. Additions au Glossaire de Bridel. Manuscrit. Vers 1870.

La Chronique des patois donnée par L. FAVRAT dans le Conteur vaudois du 16 octobre 1869 (voir n° 1052) dit entre autres : « Notre ami CROISIER, des Thermes de Lessus (Saint-Triphon), recueille des mots et des expressions destinés à enrichir, le moment venu, une nouvelle édition du glossaire de BRIDEL. » La nécessité de cette nouvelle édition ne s’est pas fait sentir, mais nous avons retrouvé chez M. F. DuPERTUIS, à Cully, l’exemplaire du Glossaire dans lequel CRoISIER notait ses additions nombreuses et intéressantes provenant de la Plaine du Rhône.

1299. — Cornu, Jules. Glossaire de Cuves. Manuscrit. Vers 1873.

Tout en préparant sa phonétique de Cuves au Pays-d’Enhaut (n° 1155), M. CoRNU a demandé dans cette localité à peu près tous les mots vaudois du Glossaire de BRIDEL. Ils sont inscrits au crayon, mais d’une manière encore parfaitement lisible, dans un exemplaire de cet ouvrage que l'auteur a bien voulu mettre à notre disposition. M. Cornu se contente généralement de mettre un C en marge à côté des mots dont il a vérifié l’existence et de souligner la forme de Cuves, quand BRIDEL cite plusieurs variantes phonétiques. Mais toute prononciation qui diffère sensiblement est indiquée en transcription phonétique. Assez souvent l’observateur ajoute un mot, un sens, une explication ; il corrige mainte erreur. Beaucoup de doutes, jaissés par les inexactitudes du doyen, se trouvent ainsi éclaircis. Quelques formes proviennent de Château-d’'Œx. La version de la parabole de l'Enfant prodigue donnée par FAVRAT pour cette localité est rectifiée p. 443-444.

1300. — Divorne, L. Glossaire patois. Manuscrit. Vers 1875.

Petit recueil de mots caractéristiques du Pays-d’'Enhaut, qui nous a été signalé, mais est actuellement introuvable, de sorte que nous ne pouvons pas donner de renseignements précis.

1301. — [Dulex-Ansermoz, J. D.]. Dicchenéro patois, dans l’Agace (voir

Série de vocables intéressants de la Plaine du Rhône, choisis sans système, mais avec de bonnes explications et quelque phraséologie. L'auteur n'oublie pas les emplois figurés; il était doué pour faire la chose plus en grand.

1302. — Aubert, Eug. [Glossaire de la Vallée de Joux]. Manuscrit de la Bibliothèque de Lausanne, coté K 953. Cahier cartonné d’environ 70 pages écrites, in-4°. Vers 1895.

Collection d’à peu près 1200 mots et expressions de la Vallée de Joux, intéressante et précieuse par le fait que l’auteur s’est appliqué à recueillir surtout les vocables qui ne se retrouvent pas en français, et recommandable par le soin qu’il a mis à en bien noter la prononciation. Les mots sont groupés alphabétiquement, mais le classement n’est fait que pour l’initiale. Deux pages de formes verbales donnent la conjugaison partielle des verbes étre, avoir, aller, s'asseoir. Comme le témoigne la lettre d’envoi jointe au manuscrit, ce recueil, adressé à la Bibliothèque de Lausanne en 1899, était destiné par son auteur, alors juge de paix au Solliat, à enrichir les matériaux du Glossaire romand. |

1303. — Jaberg, Karl. Matériaux lexicographiques des Alpes vaudoises. Environ 7000 fiches, chez l’auteur, à Berne. 1902-1906.

Importants matériaux, recueillis à l’aide de bons sujets et transcrits phonétiquement pendant plusieurs séjours faits à Leysin (environ 3000 fiches), à l’Étivaz (environ 1500 fiches), aux Ormonts (environ 1400 fiches), à Chesières et à Gryon. Un millier d’autres fiches concernent l’emploi des formes verbales dans la phrase. Cf. no 1168. L'auteur tient le tout à la disposition du Glossaire romand.

1304. = Pasche, Ch. Patois d’Oron. Manuscrit communiqué par l’auteur au Bureau du Glossaire en 1903. Deux cahiers de 96 et 36 p. in-4°.

Copie du vocabulaire qui termine le Recueil Corbaz (no 1287), avec, en regard, les mots ou formes qui se retrouvent à Oron.

130$. — Matter-Perrin, L. Dictionnaire français et patois. Manuscrit au Bureau du Glossaire, communiqué en 1904. 456 p. en cahiers in-8e.

L'auteur, habitant de Payerne, a pris pour base de son travail un dictionnaire français d'environ 10,000 mots, qu’il a tous traduits dans le patois qui se parle, sans divergences bien notables, dans la Broye vaudoise et fribourgeoise. En patoisant ainsi une quantité de termes savants de la langue littéraire, il attribue au dialecte des mots qu’il n’a jamais possédés. Ne donnant pas d’exemples et excluant par son arrangement français-patois les significa-

tions qui n’ont pas d’équivalent direct en français, il reste nécessairement à la surface du patois. Les pages 438° et suiv. contiennent les paradigmes des verbes avoir, étre, aimer, finir, recevoir et rompre ; chaque verbe est suivi d'une petite liste de mots qui se conjuguent de même.

1306. — Meylan, Louis. Petit Vocabulaire du Patois du Chenit (Vallée de Joux) Manuscrit communiqué en 1905 au Bureau du Glossaire. 32 p. in-4°.

Donne les correspondants patois, sans exemples, d'environ 1500 mots français, en suivant l’ordre d’un vocabulaire systématique.

1307. — Pasche, Ch. Patois d’Oron et environs. Manuscrit communiqué en 1907 au Bureau du Glossaire. Cahier de 47 p. in-4°.

Copie du travail de M. ISABEL sur le patois des Ormonts (ne 1162). avec indication des formes correspondantes du patois de l’auteur; à la suite, 12 pages de mots divers. Cf. n° 1304.

1308. — Jaillet, J. Quelques mots de patois de Vallorbes. Manuscrit communiqué en 1907 au Bureau du Glossaire. Cahier in-8° oblong.

Ayant entendu parler du Glossaire romand, l’auteur s’est mis, à 75 ans, à recueillir environ 1200 mots de son patois. Il les transcrit approximativement. les groupe par lettres et les explique en français, sans exemples. Il y a peu de mots rares. A la suite, il énumère les noms des saisons et des mois, les noms de nombres et les parties de l’ancienne charrue. Il transcrit en prose patoise la fable des deux rats de La FONTAINE, et termine son ouvrage par les noms des vents et des parties de la maison.

1309. — Odin, Louise. Glossaire du patois de Blonay. Préface de Ernest MureT. Publié avec l’appui de la Confédération et de la Commission du Glossaire des patois de la Suisse romande. Lausanne, Bridel, 1910. XITT-715 p. in-80. (Mémoires et documents publiés par la Société d'histoire de la Suisse romande, hors série.)

Le Glossaire proprement dit va jusqu’à la page 652. Les p. 653-678 sont occupées par des noms propres : noms de lieux de la commune de Blonav, du district de Vevey, du canton de Vaud, de la Suisse et de l’étranger, dans l’ordre alphabétique de la prononciation de Blonay, avec indications géographiques et explications du nom. Suivent quelques désignations ethniques : allemand, etc.; les formes patoises des noms des familles bourgeoises de Blonay, des prénoms d'hommes et de femmes, avec toutes leurs variantes du parler familier; une longue liste de surnoms et sobriquets et plusieurs

noms propres divers. Le volume se termine par les proverbes et dictons cités sous n° 1025, plus de $o0 numéros, avec traduction française (p. 679- 705) et un supplément au glossaire (p. 707-712).

Dans sa Préface, M. E. MuRET présente l’ouvrage et raconte avec émotion la vie de l’auteur, qui, après avoir perdu le fils, romaniste et dialectologue (voir nes 1160 et 1161), avec lequel elle comptait publier son glossaire, consacra la fin de sa vie à réunir et à rédiger ses matériaux. sans avoir la satisfaction de voir son livre achevé. Mais la collaboration de M. Murer est allée plus loin : c’est lui qui a engagé Mme ObIN à remplacer sa transcription d’amateur par une orthographe phonétique, qui a obtenu de la Société d’histoire la publication de l’ouvrage, qui lui a procuré les subventions nécessaires et qui, après avoir lu toutes les épreuves, a donné la forme définitive aux appendices si utiles et si nouveaux dans un livre de ce genre.

Le Glossaire de Blonay est, par la richesse de son information, non pas une source, mais un vrai pilier du Glossaire romand. Il comprend à peu près 12 000 articles. Dans le domaine des patois gallo-romans, nous ne voyons, à part le Trésor dôu Félibrige du poëte MISTRAL, aucune œuvre qui pénètre ainsi jusqu’au tréfond de la langue. Les matériaux sont tous de première main et proviennent exclusivement du même village. Il est étonnant de voir une femme instruite arriver à posséder le patois à ce point. Elle voit tous les aspects de ses mots. Elle les illustre surtout d'exemples saisis sur le vif et d’une phraséologie qui doit être à peu près complète. Toute la vie vaudoise d’autrefois défile devant nos yeux, car l’auteur a eu soin de noter tous les traits de mœurs parvenus à sa connaissance, non par recherche du pittoresque, maïs pour peindre un tableau fidèle de la vie populaire. L'étymologie, qui dépare tant de livres semblables, est laissée complètement de côté. On remarque bien dans le nombre quelques mots français, affublés à la patoise, qui auraient pu être supprimés; par-ci par-là un mot patois est altéré, ce qui s’explique facilement par le fait que l’auteur n’a pas voulu sortir du cadre étroit de ses recherches et s’est volontairement privée d’un contrôle souvent nécessaire, aussi par l’état d’un patois en train de devenir une langue morte. On aurait préféré que le scrupule du classement phonétique ne fût pas poussé jusqu’à considérer comme des lettres à part chaque nuance des voyelles : a, à, &, ä, etc., ce qui empêche quelquefois de trouver rapidement un mot; nous ne saurions toujours approuver la fusion ou la séparation des éléments d'une phrase, et ne considérerions pas p. ex. foledziva, « tout le jour », comme étant un seul mot. Mais que signifient ces petits défauts en regard de l’énormité de la tâche accomplie par une seule personne ? Il y a aussi un assez grand nombre de mots qui n’apparaissent pas ailleurs dans les sources du Glossaire romand.

M. V. F[AvRAT] a annoncé la publication dans le Conteur vaudois de 1911, n° 1, et a donné de longs extraits dans les nos 3-8. M. M. R[EYMOND] en a fait autant, sous le titre Coutumes de Blonay, dans les Arch. suisses des trad. pop., XV (1911), p. 95-98.

C. R. Rev. sav. 1910, p. 267 (J. Désormaux) et 1912, p. 281. — Journal de Genève, 10 janvier 1911. — Gazette de Lausanne, 29 janvier 1911 (J. Bonnard). — Romania, XL, p. 478 (A. Thlomas]). — Zeitschr. f. franz. Spr., XXXVII *,p. 280-281 (D. Behrens). — Herrigs Archiv, CXXVI, p. 299- 300 (H. Morf). — Bull. de dial. rom., IV, p. 57-58 (P. Bfarbier]). — Litbl.

f. germ. u. rom. Phil., 1912, col. 326-327 (H. Urtel). — Neue Zürcher Zeitung, 30 janvier 1913, n° 30 (J. Jud). — Arch. s. des trad. pop., XVIII, p. 200- 201 (E. Tappolet).

1310. — Horning, Adolf. Die Mundart von Panex-sur-Ollon (Waadt). Beitrag zur Wortkunde. Manuscrit au Bureau du Glossaire. 1911.

Environ 800 mots, parmi lesquels plusieurs expressions très locales, notés pendant un séjour fait à Chesières et communiqués au Glossaire en 1913. En dialectologue expérimenté, M. HoRKNING a soigneusement transcrit et contrôlé ses matériaux, précisé le sens en traduisant en français et en allemand, où cela lui paraissait nécessaire ; il s’est informé de significations occasionnelles et a ajouté quelquefois une petite remarque philologique. Ce petit vocabulaire à été découpé et collé sur fiches pour être incorporé aux matériaux du Glossaire romand.

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