‹ Grammaire et lexicographie des patois de la Suisse romande. Bibliographie analytiqueChapitre 52 sur 111 · Canton de Fribourg · texte numérisé non relu

Canton de Fribourg

Voir aussi t. I, nos 589, 592; t. IT, nos 1179, 1187.

1311. — {Fontaine, Aloys] Verzeichniss einiger Wôürter, der im welschen Theile des Cantons Freyburg üblichen Volkssprache, welche meist vom Franzôsischen nicht abstammen, dans Helvetischer Almanach für das Jahr 1810 (voir n°5 536 et 1175), p. 104-118.

Collection, qualifiée de simple essai, de 370 mots caractéristiques qui, d’après leur forme dialectale, semblent provenir de la partie moyenne du canton. Peu de ces mots se retrouvent avec le même sens en français. Les fautes d'impression sont assez nombreuses, surtout des confusions de # et de u. La traduction en allemand de toute la liste, classée alphabétiquement, est instructive, cf. acuè « vermôgende Kraft», dèpuérar «in Krüppelstand setzen » etc. À servi de source à BRIDEL (no 1284) et au Recueil Corbaz (no 1287).

1312. — Bornet, Louis. Glossaire gruyérien. Manvscrit au Bureau du Glossaire. 72 p. in-fol. et plusieurs feuilles de notes.

C’est probablement pendant son séjour dans le canton de Neuchâtel, à partir de 1856, que l’auteur (né en 1818, mort en 1880) a pris des notes sur son patois, auquel il tenait beaucoup et dont ïl s'était servi dans quelques œuvres vraiment poétiques (voir tome I). Il a laissé l’ébauche d’un glossaire, dont certains articles sont entièrement rédigés, tandis que d’autres ne sont qu’esquissés. La lettre Z manque. La fin de l’œuvre est moins soignée que le commencement. Les pages ne sont remplies qu’à gauche, la partie de

droite est laissée en blanc pour des additions, qui sont nombreuses pour certaines lettres. Si BORNET avait pu mettre la dernière main à son glossaire, il en aurait fait un ouvrage d’une grande valeur. Ses définitions très exactes sont imitées des dictionnaires des langues littéraires ; il recherche avec zèle les divers emplois de ses mots, les phrases dans lesquelles ils entrent habituellement ; ses exemples sont typiques. Il n’est pas hanté d’étymologie. Sa transcription est calquée sur l'orthographe française, mais suffisamment claire. Les feuilles détachées qui nous ont été communiquées avec le glossaire sont les unes un premier jet du dictionnaire, les autres ont plutôt trait à la grammaire patoise qu’il rêvait d'exécuter (voir no 1181); on y remarque des listes d’adjectifs, de mots dérivés de l’allemand, de mots groupés d’après leurs sons, des dérivés en -dre, etc. |

1313. — [Chenaux, Joseph]. Locutions proverbiales. Manuscrit autographe à la Bibliothèque de Fribourg. 14 p. in-4°. Vers 1870.

Donne 108 locutions, avec traduction française. Se rattache aux travaux de J. CHENAUX sur les proverbes, dont plusieurs manuscrits se trouvent à la même bibliothèque. Voir no 584.

1314. — Cornu, Jules. Vocabulaire de la Gruyère. Manuscrit sur fiches et plusieurs carnets ou cahiers au Bureau du Glossaire. Vers 1872.

Notre savant confrère a profité d’un séjour prolongé dans la Gruyère pour étudier à fond la langue harmonieuse et riche qui s’y parlait encore purement il ya quarante ans. Il se l'était même appropriée et savait l'écrire, voir n° $88. Les matériaux lexicologiques qu’il a bien voulu céder au Glossaire romand ont le double mérite d’être transcrits en écriture strictement phonétique et d’embrasser les divers villages de la Gruyère, désignés par des sigles. M. CoRNU a aussi demandé les mots vaudois contenus dans BRIDEL et a découvert ainsi maïint vocable disparu depuis. Il a souvent noté des phrases qui l'avaient frappé et ajouté par-ci par-là une étymologie. Il a eu plusieurs collaborateurs, entre autres L. RuFFIEUX. Grâce à M. Cornu, à L. BORNET et aux auteurs nommés sous n9s 1316, 1317, 1322, 1324, 1325, cette contrée du canton de Fribourg peut être considérée comme étant l’une des mieux représentées dans le Glossaire.

1315. — Boissonnas, L. Patois de Môtier. 1 feuille manuscrite, in-4°, au Bureau du Glossaire. 1875.

À la demande de M. E. RiTrER, à Genève, l’auteur, qui était pasteur à Môtier, a réuni une petite liste d’une quarantaine de mots usuels. L'envoi était accompagné d’une lettre, où nous lisons que le patois est encore très vivace, en 1875, dans gette partie du Vully, ce qui crée des difficultés pour l’enseignement et l’Église. M. RITTER a fait don de ce document à l’entreprise du Glossaire romand.

1316. — Ruffieux, Louis. Glossaire du patois de la Gruyère. Manuscrit au Bureau du Glossaire. Deux cahiers in-4°. Vers 1880.

L. RuFFIEUX était un collectionneur passionné de patois. Il avait appris le latin et trouvé seul certaines correspondances entre les sons de cette langue et ceux de son dialecte (Gruyères). Cela lui permettait de faire de l’étymologie à sa façon, avec quelques heureuses trouvailles et des écarts bien excusables. Les dérivations latines tiennent cependant peu de place dans son glossaire, auquel il a travaillé pendant de longues années avant de nous le livrer en 1899. Il traduit les mots patois, tirés presque exclusivement de la Gruyère et sûrement transcrits, très laconiquement en français, sans exemples. Il laisse de côté tout ce qui est sans intérêt dialectologique et arrive à un total d’environ 4700 mots. Il était bon connaisseur de plantes et d’animaux, de sorte que cette partie du vocabulaire est particulièrement bien représentée. Il a saisi au vol bien des expressions aujourd’hui vieillies et oubliées. Comme correspondant du Glossaire jusqu’à sa mort (1909), il a répondu régulièrement à nos questionnaires ; ses réponses, où il donne plus de détails que dans son glossaire, nous serviront d’excellent contrôle. Voir plus loin d’autres travaux du même auteur, sous Nomenclatures spéciales, Etudes et Glossaire des patois de la Suisse romande.

1317. — Gérard, L. et Dupâquier, Ed. Dictionnaire français-patois gruyérien ou vocabulaire de locutions usuelles. Manuscrit au Bureau du Glossaire. Cahier cartonné in-4°. 1883.

La Préface de 7 pages explique le but de l’ouvrage, qui est de venir en aide à ceux qui ne savent pas se faire comprendre de leur entourage parlant patois. et contient une grammaire très succincte : flexions des substantifs et adjectifs et paradigmes des verbes avoir, être, aimer, dire, blanchir, aller, choir. Le dictionnaire comprend plus de 4000 mots traduits simplement du français en patois gruyérien, y compris beaucoup de termes savants, qui ont cependant cours en patois: abcès, absence, s'abstenir, etc. En dépit du titre, les locutions font totalement défaut. L'ouvrage se termine par des copies de textes patois connus, sauf le dernier: description en prose d’une « Bénichon ».

1318. — Bovet, Nicolas. Roumanda. Manuscrit chez M. P. Bover, voir n° 1319. Cahier cartonné, 27 p. in-4°. 1885.

Roumanda était le nom d’une société qui s'était formée en 1885 dans le but d'élaborer un glossaire des patois fribourgeois. Elle est mentionnée par L. FAVRE, Nos patois (no 1246). Le cahier, qui porte le même nom sur son étiquette, contient les procès-verbaux de ses séances, où l’on s’est surtout occupé de questions de transcription et d’étymologie. Dans un autre cahier oblong, de $1 pages, le même auteur a noté une quantité de mots du patois de la Glâne, généralement pas expliqués. Ce manuscrit appartient également à M. P. Bover.

1319. — Bovet, Pierre. Matériaux d’un vocabulaire fribourgeois. Cahiers manuscrits et fiches chez l’auteur.

M. P. Bover, ancien instituteur, de Sâles (Basse-Gruyère), qui a été correspondant du Glossaire et quelque temps copiste à notre Bureau, a continué les recherches de son oncle, le chapelain BOVET (n° 1318), et d’un autre parent, Pierre BOvET, cordelier, et recueilli ainsi les éléments d’un vaste glossaire fribourgeois, resté manuscrit jusqu’à ce jour. Il fait en grande partie double emploi avec les fiches que l’auteur nous a fournies comme correspondant du Glossaire. M. BOVET a également rédigé un essai de grammaire comparative du patois et du français, une botanique patoise, et réuni les noms de lieux de la Gruyère, avec indication de la prononciation locale.

1320. — Notes sur les patois fribourgeois. Liasse de papiers de différents formats, au Bureau du Glossaire. Vers 1885.

Ces notes de divers auteurs inconnus, qui nous ont été communiquées en 1901 par M. le prof. Ducresr, à Fribourg, se rattachent sans doute aux travaux de la société la Roumanda (voir no 1318). Ce sont des réflexions sur la manière de transcrire le patois, sur ses origines, et surtout des fragments de. vocabulaires (premières lettres de l’alphabet), de valeur et d’étendue très inégales, mais non pas dépourvus d’intérêt. Malheureusement la traduction en français fait presque toujours défaut. Un long essai de dictionnaire latinpatois, lettre 4, n’a aucune utilité.

1321. — Rabiet, Eugène. Notes sur le patois fribourgeois. 1889-1891 (voir n° 1189).

La forte liasse de notes laissées par l’abbé RABIET, dont nous avons parlé au chap. II (n° 1189), contient aussi des matériaux lexicologiques. Il s’agit surtout d’une liste de mots recueillis dans une famille qui parlait le patois de Givisiez. Elle occupe une vingtaine de pages in-4°, et explore, sans système bien arrêté, certains domaines de la vie rustique. L’observateur emploie la transcription de la Revue des patois gallo-romans, mais il n'entend pas toujours bien les sons patois; il note p. ex. uniformément par à les voyelles finales des mots correspondant à côte, fourche, veillée, qui sont toutes différentes, erreur qui se reproduit continuellement sous sa plume; il confond les sons é et ch, etc. Ses sujets ne l’ont souvent pas bien compris, de sorte qu’il faut utiliser ces matériaux avec précaution. On rencontre aussi des noms d’animaux et de plantes mis sur fiches (43 et 27), des traits de superstition, des sobriquets de villages, 80 proverbes de la collection CHENAUX-CORNU (no 595), donnés dans la prononciation de Givisiez, de longs extraits de l’ouvrage de HÆFELIN (no 1187), des copies de textes patois tirés des Étrennes fribourgeoises (no $80), et des notes diverses sur les patois de France.

1322. — Gauchat, Louis. Glossaire fribourgeois. Environ 5000 fiches. A partir de 1890.

Bien longtemps avant que l’entreprise du Glossaire fût organisée définitivement, M. GAUCHAT avait commencé à établir sur fiches un glossaire fribourgeois en dépouillant ses notes prises à Dompierre et à Charmey, ainsi que la littérature patoise du canton de Fribourg et le glossaire de L. BORNET (no 1313). Ces fiches n’existent plus à part, ayant été incorporées aux collections générales du Glossaire romand.

1323. — Spicher, E. Glossaire du dialecte de la Broye. En préparation chez

l’auteur vers 1900.

Ce que nous avons vu de cet ouvrage, assez volumineux, était une sèche énumération de vocables, en patois de Cheyres, dans le genre du dictionnaire de MATTER-PERRIN (no 1305). L'auteur ne voulait pas s’en dessaisir il y a une quinzaine d’années et nous n’en avons plus entendu parler depuis lors.

1324. — Ruffieux, Cyprien. Fragment d’un glossaire gruyérien. Manuscrit

au Bureau du Glossaire. 4 cahiers in-4°. 1906.

M. C. RurFIEUX, connu par ses anecdotes savoureuses en patois (voir t. I), avait l'habitude de noter dans des carnets les mots ou locutions pittoresques dont il se proposait de faire usage dans ses morceaux. Il avait commencé à en tirer un glossaire qui va de À à Bouratchi et qui se distingue par son abondance phraséologique. Mais, à notre grand regret, ce travail n’a pas été continué.

132$. — Glasson, Léon. Recueil de mots patois de la Gruyère. Registre

manuscrit relié en cuir et 5 carnets de formats divers chez la famille de l’auteur, à Fribourg. 1908-1913.

M. GLassoN, décédé en 1913, n’avait cessé de noter au jour le jour, sans grand souci d’exactitude dans la transcription et la traduction, les mots de son patois qui lui venaient à l’esprit. À mesure que sa collection grandissait, il la recopiait proprement dans un nouveau répertoire. Le registre final comprend environ 2350 mots. Un des carnets offre l’ordre inverse du français au patois. L'auteur a également laissé un carnet et un livre in-4, où il a mis au net un petit nombre de poésies ou anecdotes patoises de sa facture. Tous ces documents entreront probablement à la Bibliothèque cantonale et universitaire de Fribourg.

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