‹ Grammaire et lexicographie des patois de la Suisse romande. Bibliographie analytiqueChapitre 75 sur 111 · Géographie linguistique · texte numérisé non relu

Géographie linguistique

1552. — Tappolet, E. Ueber die Bedeutung der Sprachgeographie, mit besonderer Berücksichtigung franzôsischer Mundarten, dans Aus romanischen Sprachen und Literaturen (Festschrift H. Morr), p. 385-416. — Tiré à part : Halle, Niemeyer, 1905. 32 p. in-8e.

Développement d’une leçon d'ouverture faite à l'Université de Zurich en janvier 1903. Oriente sur l'application de la méthode cartographique aux faits de langage et discute la question des limites dialectales. Prenant comme point de départ les cartes parues de l'Aflas ling. de la France, réunit 38 limites choisies sans plan arrêté, d’après des critères surtout phonétiques et lexicologiques, et fonde ses conclusions sur les résultats obtenus. S’occupe, après M. Gau- CHAT (n° 1112), des divisions dialectales de la Suisse romande, mais sans aborder les problèmes lexicographiques auxquels a été plus spécialement appliqué le terme de géographie linguistique dans les études qui suivent.

C. R. Romania, XXXVIIT, p. 173 (A. Th[omas]). — Herrigs Archiv, CXV, p. 460-463 (H. Morf). — Rom. Jahresber., XI, I, p. 240 (H. Urtel). — Germ. Jabresber., XXVII, p. 131, et XX VIII, p. 22.

1553. — Gilliéron, J. et Mongin, J. Étude de géographie linguistique. Scier dans la Gaule romane. Paris, Champion, 190$. 30 p. in-4° et cinq Cartes.

Très important travail, qui est comme le manifeste d’une nouvelle école philologique. En comparant les cartes scier, scie, sciure de l'Atlas ling. de la France et en étudiant les aires respectives des représentants actuels de serrare, resecare, sectare, secare sur ces cartes, leur extension et leurs rapports, les auteurs, ou plutôt M. GILLIÉRON, car c’est lui qui est le créateur de la méthode, arrive à découvrir que les couches lexicologiques modernes en recouvrent de plus anciennes, qui elles-mêmes peuvent être secondaires. Cette recherche, qui rappelle les procédés de la géologie, conduit à l’aire primitive serrare, datant de l’époque de la romanisation du pays. Pourquoi ce type a-t-il été remplacé ? Il avait un concurrent redoutable dans son homonyme serare «serrer», ce qui est prouvé par les cartes. Mais il a laissé des traces qui permettent de conclure à son ancienne vitalité. Les mots qui l’ont remplacé sont ensuite rattachés ingénieusement à l’histoire de la faucille dentelée. Les cartes employées, comme celles des travaux récents d’onomasiologie, reproduisent à petite échelle la carte fondamentale de l’Aflas ling., sur laquelle les aires sont indiquées au moyen de couleurs et de hachures. Elles ont pour objet : « scier dans le Midi», «ce qu’a dû être l’ancienne aire de serrare », les rapports des deux ser(r)are ou de serare avec sectare, sectare — faucher et scier, sector.

Recueillir les traces directes et indirectes d’anciens types lexicaux à l’aide des cartes de l’Atlas, aussi de celles où ils apparaissent avec des significations

nouvelles ou dans des dérivés, s’en servir pour reconstituer les couches lexicales successives du sol de France, tel est donc l'objectif de la géographie linguistique. C’est en même temps réfléchir sur les causes de ces refoulements et supplantations ou faire de la biologie linguistique. L’'homonymie joue un rôle considérable dans ces études. Bien que les déductions reposent sur les données positives de l’Aflas, elles contiennent dans l’interprétation des faits des éléments subjectifs qu’on ne peut pas toujours accepter sans réserves. M. GILLIÉRON s’en tient généralement aux données de l’Atlas, laissant délibérément de côté d’autres moyens d’information. Les travaux en sont plus originaux et plus caractéristiques, mais on eût désiré la corroboration des faits géographiques par des réalités d’un autre genre. C’est ce qu’ont senti les élèves du maître, qui cherchent à combiner les méthodes géographique et historique. Mais c’est un progrès incontestable d’avoir trouvé un mode d'investigation qui peut donner des résultats là où d’autres moyens font défaut, et qui a déjà fait envisager sous un nouvel aspect des problèmes fondamentaux de la linguistique. Preuve en soient les dernières pages du mémoire sur scier, où, à côté des mots héréditaires et des mots savants, qu’admettait la science jusqu'ici, on établit une troisième catégorie, les mots voyageurs, qui ont réussi parfaitement à s’adapter à leur nouveau milieu et qui ne sont pourtant pas indigènes. [l faudra désormais s’en méfier, car ils ne représentent pas la tradition phonétique directe.

La Suisse romande étant comprise dans l’Aflas ling. de la France, la plupart des études de géographie linguistique qui le prennent comme base concernent aussi notre pays et figurent à ce titre dans les pages qui suivent.

C.R. Zeitschr. f. rom. Phil., XXIX, p. 621-622 (H. Schuchardt). — Romania, XXXIV, p. 621-622 (A. Dauzat). — Rev. de phil. fr., XIX, p. 308-312 (L. Vignon). — Litbl. f. germ. u. rom. Phil., 1908, col. 332-336 (J. Jud). — Zeïtschr. f. franz. Spr., XXIXA, p. 273-278 (L. Gauchat). — Année sociologique, IX, p. 597-599 (A. Meillet). — Rev. de synth. hist, XII, p. 254-261 (L. Febvre). — Lit. Cbl., 1906, p. 1335 ([Suchlier). — Stud. di fil. mod., 1909, p. 115 (Bertoni). — Rom. Jabresber., XII, 1, p. 208-209 (H. Urtel).

1554. — Gilliéron, J. et Mongin, J. Études de géographie linguistique, I-VI, dans la Revue de philologie française et de littérature, t. XX (1906), p. 81-110 et 161-167, avec six cartes, — Reproduit n° 1573.

Brillantesérie d’articles très originaux et de haute portée. Nous n’analysons que ceux qui concernent la Suisse romande: I. Déchéances sémantiques : oblitare. Raisons psychologiques qui amènent l'insuffisance de oblitare; on le corrige par des préfixes pour lui rendre sa force. De là notre roublier. Carte: types autres que oublier. — II. Le merle dans le Nord de la France. — III. Traire, mulgere et molere. Mulgere a disparu là où il s’est rencontré phonétiquement avec moudre. Carte : types pour fraîre ; les localités qui possèdent moudre avec d intercalé sont soulignées en rouge. La Suisse romande dit en partie aryä. Comme là où mulgere s’est exceptionnellement conservé (Valais et Fribourg), il diffère phonétiquement de molere, on peut en conclure qu’il en était de même ailleurs et que l’homonymie n’est pas, chez nous, la raison du remplacement. — IV. Echalote et cive. L'histoire du mot échalote prouve que sous l’aire oignon se cache une aire cive — oignon. Carte: types

pour échalote et oignon. — V. Comment cubare a hérité de ovare. Une fois en Valais (Lens), une fois en Savoie, plusieurs fois en Gascogne, M. EDMONT a constaté l’existence de couver au lieu de ovare « pondre ». Cette confusion est expliquée par l'addition de que aux formes verbales en Gascogne, par que relatif dans l'Est. Carte: types pondre. Nous préférons, avec M. Jup, voir dans kovä pour « pondre », qui existe aussi ailleurs qu’à Lens, l’influence du subst. kokon « œuf ». — VI. Pièce et nièce. Ruine l’hypothèse selon laquelle la diphtongue de ces deux mots serait en rapport avec celle de pied ou de nies (cas sujet de neveu). Carte : aires de pèce, pièce ; nèce, nièce; pied.

C.R. Litbl.f. germ. u. rom. Phil., 1909, col. 13-18 (Jakob Jud).— Zeitschr. f. rom. Phil, XXXI, p. so7-5s09, $10(E. Herzog). — Rom. Jahresber., XII, I, p. 203-204 (E. Herzog, à propos de l’homonymie). — Germ. Jabresber., XXXI, p. 34. — Au sujet de fraire cf. R. EKBLOM, Etude sur l'extinction des verbes au prétérit en -si et en -uien français, thèse de doctorat d’'Upsal (1908), p. 125- 127. 146-147.

1555. — Gilliéron, J. et Roques, M. Études de géographie linguistique, VII-VIIT, dans la Revue de philologie française et de littérature, t. XXI (1907), p. 107-149, avec quatre cartes et un tableau. — Reproduit

VII. Plumer — peler. Lutte de ces deux verbes dans le sens du dernier. Le premier triomphe dans beaucoup de régions gallo-romanes, aussi en Suisse romande, non pas grâce à une métaphore, mais par des qualités de forme, après s'être détaché sémantiquement de plume. Carte: plumer et peler, avec leurs dérivés en lutte. — VIII. Mirages phonétiques. Le plus impressionnant de ces articles, qui offrent tant d’idées hardies et imprévues. Examinant les résultats de plusieurs mots commençant par cl ou fi dans 40 parlers de l'Ouest et du Centre, les auteurs constatent un grand désordre dans leur traitement. Ce désordre est normal, car les mots entrent à diverses époques dans le vocabulaire et la langue est sans cesse sujette à des retouches partielles et à des régressions sous l'influence de patois dominants et de la langue littéraire. La série homophone, où tous les résultats sont identiques, est un état anormal, un mirage phonétique. Chaque mot a son histoire phonétique à lui; on n'est jamais sûr de tenir une tradition latine ininterrompue. Ainsi flagel- Ilum est un intrus dans la Suisse romande, ce qui est surtout démontré par la présence de *exflagellum, croisement du nouveau venu flagellum avec un ancien *excussorium. Le produit de fl- dans le Jura bernois confirme l’enquête sur les patois de l’Ouest, de même que l'étude des mots boucle et roue-rouelle dans l'Ouest. Ces déductions sont un véritable coup de massue pour les théories des néogrammairiens. Cartes : tableau de cl-, fldans l’Ouest et le Centre, excussorium et exflagellum, boucle et rouerouelle au (Nord) Ouest.

C.R. Litbl. f. germ. u. rom. Phil., 1911, col. 330-334 (]. Jud). — Zeitschr. J. rom. Phil., XXXIITI, p. 252-254 (E. Herzog). — Herrigs Archiv, CXIX, p.473. — Germ. Jahresber., XXXIIX, p. 38.

1556. — Gilliéron, J. et Mongin, J. Étude de géographie linguistique, IX, dans la Revue de philologie française et de littérature, t. XXI (1907), p. 293-296, avec une carte. — Reproduit n° 1573.

IX. Le sel; les aires disparues. Montre que la répartition actuelle des types le sel, la sau, etc., n’est pas naturelle et fait supposer des aires intermédiaires disparues.

C.R. Zeitschr. f. rom. Phil., XXXIIL, p. 255 (E. Herzog). — Germ. Jabresber., XXXII, p. 34.

1557. — Gauchat, L. Ueber die Bedeutung der Wortzonen.

Conférence donnée au 49me congrès des philologues allemands, à Bâle, le 24 septembre 1907, et restée manuscrite à cause de la difficulté de reproduire les 18 cartes qui l’illustraient. On en trouvera un extrait, par l’auteur, dans les Verhandlungen der 49. Versammlung deutscher Philologen und Schulmänner in Basel (Leipzig, Teubner, 1908), p. 124-125, et un compte rendu détaillé, sous le titre Von der Ausbreïtung der Würter, dans la Neue Zürcher Zeitung des 27 et 28 novembre 1907 (Erstes Morgenblatt), signé T. G. L'auteur étudie dans son travail les types d’expansion qui apparaissent le plus fréquemment sur les cartes de l’Atlas ling. de la France.

1558. — Jaberg, D: Karl. Sprachgeographie. Beitrag zum Verständnis des Atlas linguistique de la France. Aarau, Sauerländer, 1908. 28 p. gr. in-8° et 14 cartes. — Aussi paru dans le 37m Jahresheft des Vereins schweizerischer Gymnasiallehrer, p. 16-41.

Développement d’une conférence faite en automne 1906 à l'assemblée d’Aarau des professeurs de gymnases suisses. Clair et suggestif exposé, avec exemples bien choisis, de la méthode de la géographie linguistique. L'auteur y examine les questions suivantes : les limites des lois phonétiques coïncident-elles pour les différents représentants de la loi? Réponse: Non. Invasion de la langue littéraire dans les domaines dialectaux. La migration des mots et ses causes. Géologie linguistique. Néologismes patois. Sémantique et concurrence des mots. — Cartes (entre parenthèses celles qui ne comprennent pas la Suisse romande): I. e long et libre latin dans étoile. toile, mois ; (II. voyelle prosthétique dans échelle, écuelle, écrire, école ; III. c + a conservé dans chandelle, chanter, chant, chambre ; IV. id. dans chausser, chauffer, chaud, chaudière ;) V. soif avec et sans f; VI. types blaireau; VII. types établi de menuisier ; VIII. types il faut ; IX. erat en lutte avec était; X. types lapin ; XI. types. culotte (bas); XII pariu et caldariu en lutte; XIII. types aubépine; XIV. pantalon et bas dans l'Est.

C.R. Güôtt. Gel. Anz., 1909, p. 138-142 (W. Meyer-Lübke). — Litbl. f. germ. u. rom. Phil., 1911, col. 234-239 (E. Herzog), cf. no 1569. — Rom. Jabresber., XI, 1, p. 204. (E. Herzog). — Germ. Jabresber., XXXI, p. 34. — Lit. Cbl., 1909, p. 743 (Joh. Gessler). — Zeitschr. f. franz. Spr., KXXIVi,

p. 138-143 (Jos. Huber). — Zeitschr. f. rom. Phil, XXXV, p. 250-256 (Karl von Ettmayer). — Herrigs Archiv, CXXI, p. 234 [H. Morf]. — Deutsche Litztg., 1910, col. 1947-1951 (L. Gauchat).

1559. — Jud, D' Jakob. Poutre. Eine sprachgeographische Untersuchung, dans lArchiv für das Studium der neueren Sprachen und Literaturen, t. CXX (1908), p. 72-95, avec cinq cartes. — Paru aussi à part comme thèse d’habilitation au professorat, présentée à l’Université de Zurich : Braunschweig, Westermann, 1908. 28 p. in-8° et $ cartes.

Remarquable étude de la lutte entre poutre 1 — jument et poutre II — pièce de bois, qui finit par avoir le dessus. L’auteur, qui a une richesse étonnante de matériaux à sa disposition, traite incidemment les homonymies peis — poisson et pois, traou == trou et poutre, qui s’excluent géographiquement au Midi. Il esquisse l’histoire de plusieurs dénominations de poutres, y compris des mots romands, et celle d’autres termes de métiers dérivés de noms d'animaux : chevron, de chèvre ; écrou, de scrofa. Cartes : I. restes de poutre = pouliche; Il. types poutre; III. restes de trabem; (IV. traou — trou au Midi ;) V. types cheuron. Cf. Alice SPERBER, Zur Animalisierung von Gegenständen, dans Würter und Sachen, II, p. 190-195 (poutres ornées de têtes d'animaux).

C.R. Romania, XXXVIII, p. 339 (Salverda de Grave). — Zeitschr. f. franz. Spr., XXXIV:, 72-75 (Joseph Huber). — Litbl. f. germ. u. rom. Phil., 1909, col. 12 (A. Zauner). — Archografo Triestino, 1909, 6 (Subak).

1560. — Jaberg, Karl. Sprachgeographische Untersuchungen. II. Arocher, garocher, garoier, rocher, rucher — werfen, dans l’Archiv für das Studium der neueren Sprachen und Literaturen, t. CXX (1908), p. 96-98, avec une carte.

Fait suite à l’article précédent. Étudie les verbes cités dans le titre, leurs aires, leurs rapports et leur provenance. La Suisse romande participe avec (a)rocher, dérivé de roche « pierre ». Cartes: types jeter.

C. R. Romania, XXXVIIL, p. 339 (Salverda de Grave). — Germ. Jahresber., XXXI, p. 34-35.

1561. — Jud, J. Sprachgeographische Untersuchungen. III. Aune « Erle », dans l’Archiv für das Studium der neueren Sprachen und Literaturen, t. CXXI (1908), p. 76-96, avec deux cartes. — Tiré à part (avec une autre étude qui ne concerne pas la Suisse romande) : Braunschweig, Westermann, 1908. 27 p. in-8°.

Arrive, par des considérations de géographie linguistique, au résultat inattendu que aune, nom d’arbre, ne vient pas de alnus latin, mais de alira germanique. L'ancienne France possédait un nom celtique à radical vern, ce qui est surtout démontré à l’aide de noms de lieux. A cette occasion sont

discutés d’autres noms de plantes d’origine allemande ou des noms allemands d’arbres tirés dans les Alpes de mots préromans (drausa, larix). Cartes : I. répartition de aune et vern; II. vern, verne, vergne, diffusion des noms de lieux de ce type au Nord. Voir n° 1566.

C. R. Article de MsyEr-LüBkE dans la Zeischr. [. rom. Phil., XXXIII, p. 431-438, voir n° 1565. — Romania, XXXVIII, p. 340 (Salverda de Grave). — Zeitschr. f. franz. Spr., XXXIV2, p. 143-147 (Joseph Huber). — Litbl f. germ. u. rom. Phil., 1909, col. 157 (A. Zauner). — Rom. Jabresber., XII, 1, p. 202-203 (E. Herzog).

1562. — Gilliéron, J. et Roques, M. Études de géographie linguistique, X, dans la Revue de philologie française et de littérature, t. XXII (1908), p. 268-290, avec une carte. — Reproduit n° 1573. — Paru aussi dans l'Annuaire de l’École des Hautes-Études, 1908-1909, p. 5-30.

X. Les noms gallo-romans des jours de la semaine. Examine avec une logique rigoureuse, basée sur la géographie, les rapports des types martis dies, dies martis, martis, des noms des jours ouvrables. Le latin n’a importé que martis dies, transformé indépendamment, à l’extrème Nord et au Midi, en (dies) martis, selon la syntaxe romane et à la faveur d’une vitalité encore intacte du mot dies. La fin de l’article s’occupe de l'extension analogique de l’s finale propre à plusieurs des noms des jours, et de la résistance que ces noms, comme d’autres familles morphologiques, offrent à l’amuissement phonétique général de cette consonne finale, vers lequel l’ Atlas atteste « une marche par échelons et non une course en masse ». La carte est synoptique pour tous ces problèmes.

C. R. Zeitschr. für rom. Phil., XXXIV, p. 254-256 (E. Herzog). — Rom. Jahresber., XI, I, p. 123 (E. Richter).

1563. — Jud, Jakob. Ein Sprachatlas Frankreichs, feuilleton de la Frankfurter Zeitung, 3 janvier 1909 (Viertes Morgenblatt).

Renseigne sur l'élaboration et l’arrangement de l’Aflas linguistique de la France (n° 1108), ainsi que sur sa haute valeur. Illustre par de bons exemples la méthode de la géographie linguistique.

1564. — Huber, Dr Joseph. Sprachgeographie. Ein Rückblick und Ausblick, dans le Bulletin de dialectologie romane, t. I (1909), p. 89-117. — Tiré à part : Bruxelles, Soc. int. de dial. rom., 1909. 31 p. in-8c.

Utile exposé récapitulatif destiné à orienter le lecteur sur les publications relatives à la géographie linguistique et sur les problèmes qui s’y rattachent. Il y est question des divers atlas linguistiques qu’ont produits les philologies romane et germanique et des principaux travaux qui sont nés autour d'eux jusqu’en 1905. Les études faites depuis ne sont traitées que sommairement. Cette revue a été continuée par L. SPITZER, voir n° 1580.

1565. — Meyer-Lübke, W. Franzôsische Etymologien. Franz. aune «Erle », dans la Zeitschrift für romanische Philologie, t. XXXIII (1909), p. 431-

Critique les résultats du travail de Jup, ne 1561. Le germanique alira, au lieu des’assimiler à carpinus,fraxinus,cassinus pour donner aune, aurait marché avec *colirus, coudrier. Les autres noms d’arbres tirés d'Allemagne ont moins de poids qu’on ne leur en accorde. Les noms de lieux renfermant le radical vern peuvent dater d’avant la conquête romaine. Il est inexact de dire que le Nord de la France a mieux conservé le vocabulaire celtique que le Midi. Voir sous le no suivant la réponse de Jup.

1566. — Jud, Jakob. Sprachgeographische Untersuchungen. V. Franzôsisch aune «Erle ». Zweiter Teil, dans l’Archiv für das Studium der neueren Sprachen und Literaturen, t. CXXIV (1910), p. 83-108, avec deux cartes. — Tiré à part : Braunschweig, Westermann, 1910. 26 p. in-8e.

Habile défense contre la critique de MEYER-LüBkE (ne 1565). Alira germanique avait plus de chances de s’assimiler à trois noms d’arbres qu’à un seul nom d’arbuste. Le thème vers était encore vivant au Nord de la France à l’époque romaine, puisqu'on l’a muni des suffixes latins - etum, - aria dans des noms de lieux. L'extension du mot houx, d’origine germanique, est presque la même que celle d’aune. Également celle des noms de lieux formés avec le germ. fara ou haim. Discussion intéressante des survivances celtiques au Nord et au Midi. Cartes: I. Reproduction de la carte vern du premier article. II. Aires de aune et de houx. Cf.ibid., p. 358, E. KLEINHANS au sujet des formes celtiques à radical vern.

1567. — Gilliéron, J. et Roques, M. Études de géographie linguistique, XI-XIII, dans la Revue de philologie française et de littérature, t. XXIV (1910), p. 39-50, 278-307, avec quatre cartes. — Reproduit n° 1573.

XI. Di, jour, et leurs composés. Étudie la lutte des types die et diurno comme mots simples et, à leur suite, dans les composés foujours (toudis), midi (mijour). Raisons psychologiques de la chute de semper. Carte synoptique des faits étudiés. — XII. Mofs en collision. A. Le cog et Le chat, concerne la Gascogne, — XIII. Mots en collision. B. Epi et épine. N'’intéresse la Suisse qu’en tant que la forme latine spica s’y est maintenue, tandis que spicu a triomphé ailleurs. Le problème principal, rencontre phonétique de épi et épine, est propre à la Gascogne. Considérations importantes sur l’homonymie dans les deux dernières pages. Seule, la troisième des cartes : types méridionaux pour épi, concerne la Suisse romande.

C.R. Zeitschr. f. rom. Phil., XXXVIII, p. 245, 247-248 (E. Herzog).

1568. — Jud, J. Sprachgeographische Untersuchungen. VI. Frz. son « Kleie ». (frz. cresson), dans l’Archiv für das Studium der neueren Sprachen und

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Literaturen, t. CXXVI (1911), p. 109-145, avec trois cartes. — Tiré à part : Braunschweig, Westermann, 1911. 37 p. in-8°.

Le plus riche et le plus persuasif des articles de cette série. L'auteur prouve géographiquement que le vieux mot pour son en France était bran, d’origine celtique. Son apparaît d’abord en Normandie, il est rattaché à des termes de droit germanique. Discussion de nombreux autres termes de droit et d’autres expressions romanes pour so#, entre autres des termes romands kourisa (tiré d’un mot préroman *crüsca, dont dépend l'allemand dialectal gräsch), reprin et remolon. Cresson est ramené à une origine germanique ; l’ancien mot de la Gaule était berula celtique, qui survit en Valais et dans le Jura bernois. Cf. MEYER-LüBKkE, Zeitsch. f. rom. Phil., XXXIII, p. 438-440. Cartes: I. types son ; IT. diffusion ancienne de bran ; III. types cresson.

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