‹ Grammaire et lexicographie des patois de la Suisse romande. Bibliographie analytiqueChapitre 76 sur 111 · C. R. Rom. Jahresber., XIIX, I, p. 220-221 (E. Herzog · texte numérisé non relu

C. R. Rom. Jahresber., XIIX, I, p. 220-221 (E. Herzog

1569. — Herzog, E. Aus dem Atlas Linguistique, dans la Zeitschrift für franzôsische Sprache und Litteratur, t. XXXVII1 (1911), p. 124-137.

Suite des articles 1-3 publiés dans la même revue, t. XKXIV, p. 301-305. Les nos 1-4 ne concernent guère la Suisse romande. $. Toile, étoile. Critique les exemples choisis par M. JABERG, Sprachgeographie (n° 1558), pour prouver que les limites des lois phonétiques ne coïncident pas pour plusieurs représentants de la règle. 6. Soif. Contrairement à M. JABERG, qui y voit un mot d'expansion moderne, dont l’f, due à des raisons toutes particulières, n’a pu naître que dans un domaine primitivement restreint, M. HERZOG croit que l'aire de soif a été autrefois plus grande. Preuves tirées de l’ancienne littérature. Voir la réplique de M. JABERG, Sprachgeographisches. Soif und die sprachliche Expansion in Nordfrankreich, dans la Zeitschr. f. franz. Spr., XXXVII (1911), p. 231-273, et la duplique de M. HERZOG, Noch einmal soif, dans la même revue, XL 1 (1913), p. 213-221, où le problème est copieusement discuté.

C. K. de la réplique JABERG : Herrigs Archiv, CXXVIIL, p. 473 [H. Morf].

1570. — Jaberg, K. Sprachgeographische Untersuchungen. VII. S'asseoir, dans l’Archiv für das Studium der neueren Sprachen und Literaturen, t. CXXVI (1911), p. 371-423, avec deux cartes. — Tiré à part : Braunschweig, Westermann, 1911. 53 p. in-8°.

Essai intéressant d'appliquer à la morphologie la méthode de la géographie linguistique. Sedere faiblit devant des concurrents plus forts: seditare, sedentare, assedere, ou bien sa conjugaison est réformée d’après des types courants. L'auteur met de l’ordre dans les données très compliquées de la carte s'asseoir de l'Atlas ling. de la France, mais il ne perd pas de vue les conditions de ce verbe dans les autres pays romans. À noter que M. JABERG admet à côté des patois et de la langue littéraire un français régional (Volksfranzôsisch), appelé à jouer un rôle dans nos études, et qu’il emploie la

géographie linguistique pour décider une question de critique de textes. Cartes : I. types asseoir ; II. r >> 7 et 7 > r ; limites de vir, keir = voir, choir ; phénomènes de contact au Sud-Ouest.

Cf. Rom. Jahresber., XIL, I, p. 177 (E. Herzog).

1571. — Matzke, John. The development and present status of Romanic dialectology, dans Matzke Memorial volume, containing two unpublished papers by John E. Marzke and contributions in his memory by his colleagues (Stanford University, California, 1911), p. 21-36.

Publication d’un discours prononcé devant la Philological Association of the Pacific Coast, en novembre 1909. L'auteur y rend compte de l’évolution de la dialectologie romane, des Schizzi franco-provenzali d’Ascorr (n° 1058) jusqu’aux travaux de géographie linguistique de M. GILLIÉRON.

1572. — Gilliéron, J. L’aire clavellus d’après l'Atlas linguistique de laFrance. Résumé de conférences faites à l'École pratique des Hautes Études en 1912. Neuveville, Beerstecher, 1912. 27 p. in-8°, avec un tableau et six cartes.

Dédié à M. H. SCHUCHARDT à l'occasion de son 7ome anniversaire. La rencontre phonétique, au Midi de la France, de clavis et clavus, devenus tous deux claus, à une époque où Particle n’était pas encore assez usuel pour les distinguer, aurait fait naître clavellus non diminutif dans le sens de clou. A l’aide de l’Aflas, M. GiLLIÉRON fixe les limites de ce phénoméne. Se basant sur le verbe romand clouler, sur l'apparition isolée chez nous de clavel et sur des affinités entre patois, il conclut que la Suisse romande est aussi comprise dans ce domaine. Le mot clou, bien représenté chez nous, serait d'importation française et aurait remplacé un ancien clavel. Nos patois participeraient par conséquent à la loi phonétique -v final > -u. Toute la base de ce travail nous semble avoir encore besoin de preuves historiques et nous n’avons jusqu'ici rencontré aucun exemple du passage de -v à -u dans nos patoist. Mais il y a dans cette étude, à part la thèse générale, une foule d’idées en partie très neuves sur l’homonymie, les rapports entre le mot simple et son diminutif, la dédiminutivisation, les phénomènes de collision, une théorie séduisante sur l’origine du verbe flütrer pour siffler dans le Jura bernois, et d’autres choses encore qui en rendent l’étude très profitable. Cartes : tableau résumant l’historique de clou, clouer ; carte générale des types traités ; clavellus au Midi; dédiminutivisation; claver et claveler ; clavel — hameçon ; clouter, cloutrer, clouler.

C.R. Zeitschr. f. franz. Spr., XLA, p. 139-149 (L. Spitzer). — Zeitschr. f. rom. Phil., XXXVIIX, p. 491-499 (W. v. Wartburg). — Deutsche Litzto., 1914, col. 2445-2446 (W. Meyer-Lübke). Cf. no 1581.

4 Le mot ry6, que cite M. v. WARTBURG dans son compte rendu, remonte certainement à rivale et non à rivu, qui est du reste un autre cas que clave.

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1573. — Gilliéron, Jules et Roques, Mario. Études de géographie linguistique d’après l'Atlas linguistique de la France. Paris, Champion, 1912. X-155 p. in-8, avec tableau et cartes.

Réunion en volume des études citées sous nos 1554-1556, 1562, 1567, munies d’un avertissement et d’un index des cartes de l’Ailas et des ouvrages utilisés. Le volume est dédié à M. H. SCHUCHARDT, à l’occasion de son 7ome anniversaire, et à la mémoire de J. MoNGIN, décédé en 1910. Dans l'avertissement, les auteurs exposent leur point de vue et se défendent contre une critique qui ne tient pas assez compte des faits géographiques.

C. R. Romania, XLII, p. 287-290 (A. Dauzat). — Rev. crit., 1913, I, p. 291-295 (E. Bourciez). — Germ. Jabresber., 1910, p. 34.— Herrigs Archiv, CXXXI, p. 268 [H. Morf]. — Zeitschr. f. franz. Spr., XLI, p. 25 (L. Spitzer). — Bull. de la Soc. de ling. de Paris, no 61 (1913), p. CCLxxxIV-CcLxxx VII (A. Meillet). — Voir aussi deux petits articles d’orientation générale sur la géographie linguistique et ses résultats : Alphonse BayoT, La géographie linguistique, dans le Bulletin du Dictionnaire général de la langue wallonne, t. VI (1911), p. 65-75, et Albert DAUZAT, Une nouvelle science. La géographie linguistique ou la géologie du langage, dans la Revue du Mois, t. XVI (1913), p. 279-295. M. E. ULRIX a fait à Gand, au Congrès philologique flamand de 1913, un rapport intéressant sur le développement de la géographie linguistique: Over Taalgeographie (Handelingen van het Tweede Vlaamsch Philologencongres), 21 p. On trouvera enfin une revue succincte. mais très instructive, de la nouvelle discipline dans l’étude capitale de A. L. TERRACHER, Les aires morphologiques dans les parlers populaires du Nord-Ouest de l'Angoumois (Paris, Champion, 1913), p. I-X.

1574. — De Montoliu, Manuel. La geografia lingüistica, dans Estudio, t. I (1913), p. 24-34, 76-98.

Relève l’importance de la géographie linguistique, comprise dans son sens le plus large. Bien au courant des derniers travaux et de leurs résultats, expose, à titre d'exemples, les problèmes soulevés par les cartes suivantes de l'Atlas linguistique de la France : Noël, baiser, nous avons été, menuisier, boîte, oiseau, nager (carte inexacte), vigne. Ces cartes sont reproduites en petit dans le texte, avec hachures indiquant les aires lexicologiques.

1575. — Jaberg, Karl. Die neuere Forschung auf dem Gebiete der romanischen Sprachgeographie, dans Die Geisteswissenschaften, t. I (1913-

Excellent résumé des travaux de géographie linguistique romane.

1576.— Jud, J. Probleme der altromanischen Wortgeographie, dans la Zeit-

schrift für romanische Philologie, t. XXXVIII (1914), p. 1-75, avec cinq cartes.

Grâce à une documentation d’une richesse remarquable et à une force de synthèse extraordinaire, M. Jup étend la géographie linguistique au delà des limites actuelles des pays romans, en étudiant les traces d’un grand nombre d'anciens emprunts conservés par des populations autrefois romanisées dans les pays de langue germanique, celtique-anglaise, basque et dans les Balkans. A l’aide de ces vestiges, il réussit à reconstituer l’aire ancienne de mots aujourd’hui presque disparus et à rétablir la continuité lexicologique de la Romania primitive. Mais ce latin commun n'est déjà plus uniforme : l’auteur pose les premiers jalons d’une dialectologie latine du IVe ou Ve siècle. Il étudie les chemins de pénétration (Aufmarschstrassen) et les centres de diffu-

sion de ce latin, notamment l'importance de Augusta Trevirorum. Il y a

dans ce travail tout un programme pour l'avenir. Il est sorti d’une conférence faite à Berne, à Zurich et à Bâle. Une partie des problèmes avaient été traités dans une communication présentée au Congrès philologique de Marburg ; voir Verhandlungen der $2. Versammlung deutscher Philologen und Schulmänner in Marburg, 29 Sept.-3 Okt. 1913, p. 53-56. Les déductions de M. Jup s’appuient fréquemment sur des matériaux de la Suisse romande. Cartes : I. Romania du IVe siècle ; II. Partie de la Suisse germanisée du VIe au XVe siècle ; III. Reconstruction d’aires diverses en France; IV. Extension des types pippita et pipita; V. Type castinea pour castanea.

C. R. Rev. de phil. fr., XXIX, p. 154-158 (A. Dauzat). — Rev. sau., LVII, p- 53-55 (J. Désormaux). — Rev. de fil. española, I, p. 408-410 (C.).

1577. — Dauzat, Albert. Essais de géografie linguistique. Première partie :

Animaus d'élevage, dans la Revue de philologie française et de littérature, t. XX VIII (1914), p. 81-99, 161-185, avec six cartes. Deuxième partie : Animaus sauvages, ibid., t. XXIX (1915), p. 81-97, avec deux cartes.

Peu de ces essais intéressants, basés sur l’Aflus Jing. de la France et des enquêtes personnelles dans le Centre, ont trait à la Suisse romande. Ce sont : Noms de femelles. 1. La jument. 2. La truie dans le centre et le sud-est. 3. La brebis (répartition de berbice, ovicula, feta dans la Gaule romane), où les représentants lexicaux actuels sont étudiés au point de vue de la géographie linguistique et de l’étymologie. Dans le premier, l’auteur aurait dû tenir compte du travail de M. JuD sur poutre (no 1559). Mais les considérations préliminaires de la première partie sont à consulter pour l’histoire de notre vocabulaire. A retenir l’idée de la « despécification » : par exemple jars employé pour taureau, grâce au sens d’animal reproducteur, en excluant son appartenance à l'espèce oie. Ces études sont un utile complément du travail de M. TAPPOLET cité sous n° 1538. Cartes à utiliser pour la Suisse romande : types de jument, truie.

1578. — Morf, H. Geschichte der lateinischen Wôürter gallus, gallina, pullus

im Galloromanischen.

Communication faite à l’Académie des Sciences de Berlin, le 4 février 1915, et qui paraîtra dans les Abhandlungen de cette Académie. L'auteur s’y

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occupe de l’histoire des appellations gallo-romanes du cog, de la poule et du poussin, en prenant pour base l’Aflas ling. de la France. Ün bref compte rendu a été publié dans les Sitzungsherichte der k. preuss. Akad., 1915, 1, p. 31. — M. Mario RoQueEs avait déjà traité le problème de la survivance de gallus (et de son conflit avec geaÿ) dans une communication, restée inédite, à la Société de linguistique de Paris. Voir le Bulletin de cette Société,

n° 59 (1911), p. IX.

1579. — Gamillscheg, E. et Spitzer, L. Die Bezeichnungen der « Klette » im Galloromanischen. Halle, Niemeyer, 1915. VII-80 p. in-8°, avec une carte. (Sprachgeographische Arbeiten. 1. Heft.)

Dédié à M. GILLIÉRON à l’occasion de son 6oms anniversaire. La carte bardane de l'Atlas ling. de la France est une des plus riches, bien qu’incomplète. Pour l’expliquer, les auteurs ne font pas seulement appel à la géographie linguistique, mais à la botanique, au folklore et à toutes les ressources de la philologie. Comme principaux résultats de ce travail très savant on peut retenir : la constitution de deux grandes aires primitives, au Sud lappa, au Nord dérivés du thème glett, d’origine germanique; la grande influence de la terminologie érudite sur les appellations populaires des plantes ; les nombreuses confusions entre des plantes ayant plus ou moins de rapports, qui viennent compliquer le travail de l’étymologiste. Les auteurs ont consulté les matériaux du Glossaire romand. Carte : diffusion des thèmes lappa et glett. Additions : Rev. de dial. rom., VI, p. 371-372.

C. R. Litbl. f. germ. u. rom. Phil., 1916, col. 120-124 (W. v. Wartburg).

1580. — Spitzer, Leo. Die Sprachgeographie (1909-1914). Kritische Zusammenfassung, dans la Revue de dialectologie romane, t. VI (1915), p. 318- 372:

Continue la récapitulation de Jos. HUBER (n° 1564). Comme son prédécesseur, M. SPITZER conçoit la géographie linguistique dans un sens très large. On trouvera donc dans ce résumé un jugement très personnel, mais impartial. non seulement des principaux travaux de géographie linguistique proprement dite, mais aussi de ceux que nous avons énumérés sous onomasiologie, même de quelques-uns qui figurent au chap. III.

1581. — Gilliéron, J. Étude de géographie linguistique. Pathologie et thérapeutique verbales. 1. Neuveville, Beerstecher, 1915. 56 p. in-8° et trois cartes.

Les phénomènes étudiés dans ce premier volume (collision de caro « chair » avec d’autres mots; neutralisation de l’article picard, la étant devenu phonétiquement le, et ses multiples conséquences) appartiennent au Nord de la France et l’auteur ne s’occupe pas des cas parallèles de nos patois : LE nuit ; la vache, ELLE est malade, etc. Mais nous devons citer cette étude

importante à cause des considérations générales sur la nature de l'Atlas ling. de la France (p. 44-47) et sur la méthode de la géographie linguistique (p. 48- 49). Signalons aussi la défense de l’étude sur clavellus (ne 1572) contre la critique de M. MEYER-LüBKE (p. 50-55).

C. R. Rev. de phil. fr., XXIX, p. 151-154 (A. Dauzat). — Litbl. f. germ. u. rom. Phil., 1916, col. 238-240 (W. Meyer-Lübke). — Neophilologus, I, n° 4 (J. Salverda de Grave).

1582. — Gilliéron, J. Étude de géographie linguistique. Pathologie et théra-

peutique verbales. II. Mirages étymologiques. Neuveville, Beerstecher, 1915. 51 p. in-8°, avec trois cartes et deux tableaux.

I. * Commenquer. II. Claudere «rentrer (une récolte) ». III. Collision de trabem avec traucum en fraou. IV. Le verbe fraouka « trouer ». Cette nouvelle série, réunie sous le titre de Mirages étymologiques, et faisant pendant aux Mirages phonétiques (no 1555), doit être classée parmi les études de M. GILLIÉRON les plus aptes à réformer la science. Elle montre une fois de plus les risques que l’on court à vouloir résoudre un problème isolément, sans tenir compte des faits linguistiques qui l’entourent et l’expliquent. Elle nous intéresse directement par les deux derniers articles : V. Exæquare et exaquare. VI. Bouter et mettre. L'auteur retrace la lutte de æquare et *aquare (de aqua) et de leurs dérivés avec ex -; il consacre un paragraphe spécial aux conditions du Val d’Anniviers, p. 30-32. Le dernier article est d'ordre à la fois sémantique et morphologique ; il étudie les influences réciproques du groupe bouter - mettre - foutre. Que bouter « vomir » soit le même verbe, il ne faut pas en douter, mais nous ne saurions approuver sans examen approfondi l'équation bouter — «regarder», comme explication du mot neuchâtelois bôt{a, à travers la parenté sémantique ficher (fixer) et mettre, bouter. Les formes de ce verbe que nous avons recueillies ont toujours lou long, tel que M. GILLIÈRON l’a noté Jui-même, contrairement à M. EDMONT, tandis que bouter — « mettre » l’a toujours bref. La façon de l’auteur de contourner cet obstacle ne nous tranquillise point. Cartes intéressant la Suisse romande : IT-III, types morphologiques de bouter, mettre et leur développement sémantique, tableau résumant leur histoire.

C.R. Litbl. f. germ. u. rom. Phil., 1916, col. 240-242 (W. Meyer-Lübke).

1583. — Griera, À. Els derivats gallo-romänics de absinthium santonicum,

dans Estudis Romanics, t. 1, p. 42-46, avec une carte. (Biblioteca filologica de l'Institut de la Ilengua catalana, t. VI ; Barcelona, 1916.)

Examine rapidement les types lexicaux représentés par la carte absinthe de l'Atlas ling. de la France, et s'arrête le plus longuement à la forme catalane donxell, tirée ingénieusement de absinthium. Cette forme paraît avoir causé partiellement la disparition de son homonyme donzell « jeune homme ». Carte : types absinthe.

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