‹ Grammaire et lexicographie des patois de la Suisse romande. Bibliographie analytiqueChapitre 84 sur 111 · C. KR. Romania, XXX, p. 607 (G. P{aris · texte numérisé non relu

C. KR. Romania, XXX, p. 607 (G. P{aris

1631. — Correvon, H. Les gogants, dans le Lien vaudois, 1900, n° 7 (juillet), avec deux illustrations.

On donne ce nom aux coniféres isolés et de grande taille, appelés en allemand Wettertannen. La Flore populaire de la Savoie, par A. CONSTANTIN et P. GAVE (Annecy, 1908), mentionne aussi le mot romand, p. 124-125, et le rattache à goga « sabbat des sorciers ».

1632. — Schuchardt, H. Schweiz.-franz. (wall.) cocalé, dans la Zeitschrift für romanische Philologie, t. XXIV (1900), p. 417.

Rectifie un passage des Romanische Etymologien, Il (n° 1626). Le bagnard cocalë « coquille d’escargot » ne représente pas * coccala, mais * coccalia.

1633. — Millioud, Alfred. Vieux mots, dans le Conteur vaudois, 1902, n° 2.

Exemples empruntés à d'anciens documents d’Aigle et Leysin pour établir le sens d’avouillard « pieu de sapin », tiré d’aiguille.

1634. — Gfauchat], L. Étymologies, dans le Bulletin du Glossaire, t. 1 (1902), p. 28-29.

Fait venir le mot fribourgeois P9f& «diable » de putidu factu et pila « omelette » de patella + ata.

1635. — Rollier, D: L. Pourquoi il faut écrire «molasse» et non pas « mollasse » pour les grès miocènes de la Suisse, dans le Bulletin de la Société de géographie de l'Est, 1902, p. 83-93. — Tiré à part : Nancy, 1902. 10 p. in-8°.

Fait l’historique du mot, introduit dans la littérature scientifique par H. B. de SAUSSURE (1779) sous la forme molasse, et dont l’orthographe a varié depuis suivant les auteurs. M. ROLLIER préconise la graphie avecune seule /, parce que, d’après lui, le mot est apparenté non avec mollis « mou », mais avec mola « meule» ou moles « masse ».

1636. — Forel, F. A. Langage de pêcheurs, dans la Gazette de Lausanne, 28 juillet et 18 octobre 1902. — Tiré à part : Lausanne, Vincent, 1902,

7 + 7 p. in-12.

Causerie sur l’origine du terme milcanton «fretin de perches » et de son correspondant allemand fausend mægetli. Milcanion est ramené à milia coctorum (pisciculorum). Dans le deuxième article, idées sur l’origine du mot suggérées par des lecteurs du premier.

1637. — Jeanjaquet, ]J. Étymologies, dans le Bulletin du Glossaire, t. 1 (1902), p. 40-46.

Trueille (avec illustration) « bois servant dans les Alpes à fixer la corde qui serre une charge » dérive de trochlea ; eitchyèva, mot valaisan pour «la traite de l'après-midi », provient de octava (hora); &udêna, nom d’une herbe dure, à Liddes, de acucula + ina.

1638. — Nigra, C. Notes étymologiques et lexicales, dans la Romania, t. XXXI (1902), p. 499-526.

Discute entre autres. p. 519-520, l’origine du mot romand cordula, « danse en rond, chanson de danse », ramené avec Dirz au gréco-latin choraula, transformé « par métathèse réciproque des voyelles » en *“caurôla. Cette dernière supposition est invraisemblable et ne fournit pas la base phonétique qu’il nous faut.

1639. — Jeanjaquet, J. Notes lexicographiques, dans le Bulletin du Glossaire, t. IT (1903), p. 15-16.

Explique les mots valaisans tougda (Champéry), tyugidè (Liddes)

« serviette recouvrant un pain apporté comme offrande à l’église », qui cor-

respondent à l’anc. fr. fouaille, du germanique thwahlia, et fôchéla

(Évolène) « poitrine », qui est identique à l’anc. fr. forcele et remonte à un type latin * furcella, diminutif de furca.

1640. — Cornu, J. Poche «cuiller à pot», dans la Romania, t. XXXII (1903), p. 126.

Poche et pochon, courants dans la Suisse romande, sont des francisations des mots dialectaux pofss, poison, qui remontent au latin popia « cuiller en bois» et sont donc distincts du mot français poche. Ils sont particuliers, semble-t-il, au franco-provençal.

1641. — Gauchat, L. Étymologies fribourgeoises, dans le Bulletin du Glossaire, t. II (1903), p. 34-36.

I. fére hoité «faire semblant» («faire comme tel »); II. kouini «dosse »

(cutinna + ellus); I]. kové(r) « coffin » (cotarius); IV. kunyu « gà-

teau» (cuneolus); V. kuti parya «plane» (cultellus paratorius). Pour HI, cf. C. MARTEAUX, Rev. sav., t. LV, p. 185-186.

1642. — Désormaux, J. Savoyard goltär, dans la Revue de philologie française et de littérature, t. XVII (1903), p. 171-172.

Ce mot «bien connu en Savoie et dans les régions limitrophes » rappelle les goliards du moyen âge. Il paraît s’être croisé avec gaillard, tiré de Gallia.

1643. — Jeanjaquet, J. et Gauchat, L. Étymologies, dans le Bulletin du Glossaire, t. III (1904), p. 36-41.

Le premier s’occupe du bas-valaisan garzin « eau-de-vie », identifié avec

aqua ardens; le deuxième de Jôvr « veillée », qui représente lucubrum plutôt que illa opera (addition dans le Bulletin du Glossaire, VII, p. 32).

1644. — Niedermann, Max. Contributions à la critique et à l'explication des gloses latines. Neuchâtel, Attinger; Paris, Picard et Fils; Leipzig, HarrassowWitz, 1905. IX-49 p. in-8°. (Académie de Neuchâtel. Recueil de travaux publiés par la Faculté des Lettres. Premier fascicule.)

A l'occasion de la glose pumella, l’auteur discute, p. 37-41, la présence de m dans les formes romandes pour pruna. La question a été reprise sur une

base plus étendue par J. Jun, Probleme der altrom. Geographie (no 1575), P- 49-50.

C. R. Romania, XXXV, p. 160. — Rom. Jabresber., IX, I, p. $5 (Pirson); XI, I, p. 50 (Skutsch). — Zeifschr. f. franz. Spr., XXIX3, p. 279-280 (Pirson). — Rev. des I, rom., XLIV, p. 103 (M. G[rammont]). — Zeitschr. f. rom. Phil., XXXII, p. 640 (E. Herzog).— Litbl. f. germ.u. rom. Phil., 1906, col. 235-236 (Meyer-Lübke). — Rev. crit., 1906, I, p. 6 (A. Meillet). — Rev. de phil. fr., XIX. p. 305-308 (L. Vignon). — Arch. f. lat. Lexic., XIV, p. 437. — Deutsche Litztg., 1906, col. 279-280 (G. Gœtz).

1645. — Nigra, C. Trekawda (Haute-Savoie), trekawdé, trakudé (Aoste), etc., « sonner les cloches à fête, carillonner», dans la Romania, t. XXXIV

L'auteur, qui cite aussi les formes romandes trékaoudounä, etc., propose comme étymologie tre + *cubitare, l'emploi des coudes étant caractéristique, pour la région en cause, de la façon de sonner le carillon. Le frekawdon vaudois « violette odorante » s’expliquerait par la ressemblance du calice de cette fleur avec une clochette.

1646. — Schuchardt, H. Baskisch und Romanisch. Zu De Azkues baskischem Wôürterbuch, !. Band. Halle, Niemeyer, 1906. 62 p. in-8°. (Beihefte zur Zeitschrift für romanische Pbilologie. Heft 6.)

Discute, p. 21, les mots k6, kô, kotsè « cuiller à crème» du Valais et de la Plaine du Rhône vaudoise, ramenés au latin caucus.

1647. — Gauchat, L. et Jeanjaquet, J. Étymologies, dans le Bulletin du Glossaire, t. V (1906), p. 14-16.

M. GAUCHAT parle de semoraul « juin », qui est rattaché au verbe s0môra « labourer provisoirement » ; cf. Brachmonat en allemand. M. D. BEx- RENS a continué ces recherches et dérivé ce verbe de l’allemand sommern [Zeitschr. f. franz. Spr., XXX 1 (1907), p. 82. Reproduit Beiträge zur franz. Wortgeschichte und Grammatik (n° 1665), p. 240-241]. M. JEANJAQUET s'occupe du vieux terme de droit neuchâtelois enfrèves « consultation juridique demandée à une cour de justice du dehors au sujet de l'interprétation de la coutume ». Il montre que c’est un substantif verbal, encore vivant dans quelques patois, de entrever < interrogare.

Page 1