‹ Grammaire et lexicographie des patois de la Suisse romande. Bibliographie analytiqueChapitre 9 sur 111 · I. SUISSE ROMANDE · texte numérisé non relu

I. SUISSE ROMANDE

1100. — Gauchat, L., Jeanjaquet, J. et Tappolet, E. At/as linguistique de la Suisse romande. En préparation au Bureau du Glossaire.

Sur la base des relevés faits sur place (voir no 1099), la Rédaction du Glossaire a commencé dès 1899 l'élaboration d’un Aflas, essentiellement phonétique. Les aires des différentes évolutions linguistiques, telles qu’elles apparaissent dans les mots-types des relevés, ont été inscrites sur des exemplaires de la carte Dufour au 1 : 250 000, feuilles Nord et Sud de la Suisse occidentale, et coloriées en teintes différentes. 32 cartes ont été ainsi entièrement élaborées, 26 autres seulement pour la section Nord. On en trouvera l’énumération complète dans les Rapports annuels de la Rédaction du Glossaire, années 1900 à 1905. Une d’entre elles, celle du traitement de c et g devant a, a été publiée à échelle réduite en annexe au Rapport de 1900 : Spécimen de l'Atlas phonétique de la Suisse romande (Neuchâtel, Attinger, 1901). À l’origine, on avait fait abstraction de la question de publication de l’Ailas, qui devait avant tout servir de moyen d’information et de contrôle à la Rédaction du Glossaire. Mais pour répondre au vœu de ceux qui purent prendre connaissance du travail partiel effectué, la Rédaction a élaboré le plan de publication d’un ÆAëlas linguistique de la Suisse romande, devant comprendre environ 80 cartes synthétiques en couleur. En vue de sa réalisation une enquête complémentaire et de contrôle fut faite sur le terrain (voir n° 1115) et une carte au I : 400 000, avec nomenclature spéciale, indiquant aussi l’hydrographie et le relief du pays, fut fournie comme planche fondamentale par l'établissement cartographique Kümmerly et Frey. La carte compliquée du traitement de cl initial a été tirée en 1907 à un petit nombre d'exemplaires pour être soumise à la Commission de surveillance du Glossaire, qui a approuvé le projet. Les Rapports de la Rédaction renseignent sur les circonstances qui ont empêché jusqu'ici le lancement de l’ouvrage.

1101. — Courthion, L. Les patois romands, dans le Journal de Genève, 20 août 1900. |

Défend chaleureusement les patois et exhorte les Suisses romands à léguer à la postérité une littérature patoise reflétant fidèlement les mœurs nationales. — Fragment reproduit dans la Chronique suisse de la Bibliothèque universelle et Revue suisse, 1900, t. XX, p. 191-192.

1102. — Gauchat, L. Sono avuto, dans Scritti vari di filologia. À Ernesto Moxaci (Roma, 1901), p. 61-65. — Tiré à part: $ p. gr. in-8c.

Cherche à rendre compte de la construction je suis eu pour « j’ai été », très répandue en particulier dans les patois romands. Autre explication dans E. HErzoG, Das to-Partizip im Alitromanischen. Prinzipienfragen der romanischen Sprachwissenschaft I (Beihefte zur Zeitschr. f. rom. Phil., 26), p. 183- 184, qui retire celle qu’il avait donnée précédemment, Zeifschr. f. rom. Phil., XXVI, p. 740. Cf. J. RONJAT, Essai de syntaxe des parlers provençaux modernes (Mâcon, 1913), $ 127, et Deutsche Litztg., 1914, col. 1005.

C. R. Romania, XXXI, p. 604 (G. P[aris}). — Arch. glott. it., XVI, p. 208 (Salvioni). — Rom. Jahresber., IX, I, p. 172-174 (H. Urtel; cite beaucoup d’exemples vaudois).

1103. — Tappolet, D: E. Üeber den Stand der Mundarten in der deutschen und franzôsischen Schweiz. Zürich, Zürcher & Furrer, 1901. 40 p. in-8o. (Mitteilungen der Gesellschaft für deutsche Sprache in Zürich. Heft VI.)

Donne un aperçu de la pénétration progressive du français dans la Suisse romande et du degré de conservation des patois dans les cantons qui la composent. Recherche les raisons de l’état de choses complètement différent de celui de la Suisse allemande.

C. R.—R.HERCOD, Les patois suisses, dans la Gazette de Lausanne, 18 et 20 sept. 1901. — Basler Volksblatt, 28 sept. 1901. — Külnische Volkszeitung, Litter. Beilage, 1901, n° 35, p. 268. — Intelligenzblatt (Berne), 1er oct. 1901. — St. Galler Blätter, 1901, n° 37, p. 296. — Züricher Post, 1901, no 201. — Geogr. Anzeiger, 1901, no 227 (Dr Witte). — Allgem. Schw. Zeitung, 26 avril et 1er juin 1902. — Neue Zürcher Zeitung, 27 février 1902, Beilage (E. Schwyzer). — Zeitschr. f. deutsche Phil., XXXV, p. 143-144 (H. Suchier).— Zeitschr. J.hochd .Mund., II (1901), p. 375-376 (Ph. Lenz.) — Indogerm. Forsch., Anzeiger, XVI, p. 35-40 (J. Zimmerli). — Neue philol. Rundschau, 1902, p. 379- 380 (Heilig). — Herrigs Archiv, CIX, p. 384-386 (Mackel). — Die neueren Sprachen, XI, p. 40-41 (S. Schwarz). — Germ. Jahresber., XXIII, p. 151. — Rom. Jahresber., IX, t. I, p. 172 (H. Urtel).

1104. — Meyer-Lübke, W. Einführung in das Studium der romanischen Sprachwissenschaft. Heidelberg, Winter, 1901. X-224 p. in-80. — 2me éd. 1909. XV-277 p. in-80. (Sammlung romanischer Elementar- und Handbücher. 1. Reihe : Grammatiken. 1.)

P. 20-22 (2me éd.), caractérise les dialectes franco-provençaux et montre qu’ils se rattachent étroitement aux dialectes français. Mentionne plusieurs faits spéciaux concernant la Suisse, ainsi p. 13, fluctuations de la limite linguistique franco-allemande ; p. 141, rapport des noms Cerlier et Erlach; p. 210-211, conservation de lu latin; p. 222, appellations géographiques préromanes (chaux, joux) ; p. 240, déformation de noms de lieux sous l'influence de la forme écrite (Zinal, Za); p. 247, noms bilingues ; p. 249-250, noms de lieux comme témoins d’ancienne romanisation {Gampelen, Wablenmutt, Foferen, etc.); p. 252, noms en -ingen.

C.R. re éd. Zeitschr. f. franz. Spr., XXV, p. 111-124 (L. Gauchat ; p. 117 et suiv. concernent spécialement les dialectes romands). — 2me éd. Herrigs Archiv, CXXIV, p. 383-410 (J. Jud.). — Litbl. f. germ. u. rom. Phil., 1912, col. 113-117 (E. Herzog). — Zeitschr. f. rom. Phil., XXXIV, p. 219-224 (Ettmayer). — Rev. crit., 1910, II, p. 113 (Bourciez). — Bull. de la Soc. de ling., 58, p. cecxv-cccxix (Bloch). — Germ.-rom. Monastschr., 1, p. 770 (Meyer-Lübke).

D tt 4 tt, Éd

1105. — Cornut, Samuel. La mort du patois, dans la Gazette de Lausanne, $ mars 1902.

Constate avec tristesse la disparition du patois. On ne le retrouve plus dans le Messager boiteux, on ne l'entend plus, comme dans l’enfance de l’auteur, à Aigle et dans les Alpes vaudoises. Les montagnards rougissent de leur patois et le cachent comme une tare. Les « patoisants » ne sont plus aujourd’hui que des grammairiens qui dépècent une momie philologique. — Réponse à cet article dans le Conteur vaudois, 1$ mars 1902 : Wive le patois ! par J. MJonneT], qui trouve M. CorNuT trop pessimiste.

1106. — Gauchat, L. Nos patois romands, dans le Bulletin du Glossaire, t. 1 (1902), p. 3-24.

Caractéristique des patois de la Suisse romande, avec renseignements sur leur histoire et sur l'utilité de leur étude.

1107. — R{osajt. Patois romans, dans le Lien vaudois, 25 juillet 1902.

Constate la grande diversité des patois romands et en recherche les causes historiques. Cette diversité a eu pour conséquence que les efforts consacrés à l'étude de différents patois sont restés isolés et sans lien. Il y a lieu de se féliciter de l’organisation de l’entreprise du Glossaire, qui pourra centraliser et coordonner les renseignements.

1108. — Gilliéron, J. et Edmont, E. Atlas linguistique de la France. Paris, H. Champion, 1902-1910. 35 fascicules (1920 cartes), gr. in-fol. — Notice servant à l'intelligence des cartes. Paris, 1902. 56 p. gr. in-8°. — Table de l'Atlas linguistique de la France. Paris, 1912. VIII-s19 p. gr. in-80.

Cet ouvrage monumental n’est pas seulement un instrument de travail de premier ordre, mais il est devenu le point de départ d’une nouvelle méthode de recherches, celle de la géographie linguistique, dont les résultats sont énumérés au chap. IV. Comme l'Atlas embrasse en même temps la phonétique, un certain nombre de flexions, quelques points de syntaxe et le vocabulaire, nous avons trouvé bon de le placer ici. Mais c’est par son côté lexicologique qu’il a surtout renouvelé la science. La plupart des cartes donnant les équivalents patois d’une idée déterminée, p. ex. «hérisson », «hêtre », « hibou », etc., c’est comme si on avait devant soi 639 glossaires locaux, tous ouverts à la bonne page.

Le questionnaire a été établi par M. GILLIÉRON, les relevés sur place sont dus à M. Epmonr. L'Atlas comprend 639 points de la France et des pays limitrophes de langue française. Les formes patoises sont notées sur chaque carte à l'endroit même, représenté par un numéro. Les noms et les limites des départements servent d’orientation. Les cartes se suivent d’après l’ordre alphabétique des mots du questionnaire. Les 1421 premières cartes sont entières, les numéros 1422-1747 ne correspondent qu'à la moitié sud, et 1748- 1920 qu’au quart sud-est du domaine exploré.

La Table de l'Atlas enregistre les mots du questionnaire et tous les types patois, avec renvois aux numéros des cartes qui les contiennent. Des Suppléments donneront des matériaux qui n’ont pas trouvé place dans l”’Aflas.

La Suisse romande est représentée par les 26 localités suivantes (les chiffres entre parenthèses sont ceux qui désignent les localités sur les cartes de l’Atlas) : Berne: 1. Cœuve (74) ; 2. Courrendlin (73); 3. Saint-Braix (72); 4. Péry (71) ; 5. Les Bois (64). Neuchâtel : 1. Le Landeron (63) ; 2. Les Ponts-de-Martel (52). Fribourg: 1. Estavayer le Lac (61) ; 2. Belfaux (62); 3. Billens (60); 4. Gruyères (70). Vaud : 1. Vuittebœuf (51); 2. Le Pont (40) ; 3. Le Brassus (939); 4. Gingins (937); 5. Echallens (50) ; 6. Vevey (959); 7. L'Etivaz (969). Valais : 1. Saint-Maurice (968) ; 2. Le Chable (977) ; 3. Bourg-Saint-Pierre (976); 4. Nendaz (978); 5. Lens (979); 6. Evolène (988) ; 7. Vissoye (989). Genève : 1. Bernex (936). Les cartes 1422-1920 ne renferment que les 12 dernières localités (Le Brassus, etc.). Bien que toutes les variétés dignes de l’être ne soient pas représentées, les relevés faits dans ces 26 endroits constituent cependant un ensemble imposant de matériaux, qui mettent bien en relief l'importance et l'originalité des patois suisses. La Notice indique l’âge et la profession des sujets interrogés; leurs noms ne sont pas donnés.

C. R. Romania, XXIX, p. 316-317; XXXI, p. 470-471. — Rev. de phil. fr, XIV, p. 175-176. — Zeitschr. f. franz. Spr., XXIII*, p. 118-119 (L. Brandin); cf. XXXI, p. 110, note 2. — Deutsche Litztg., XXII, col. 1701-170$ (A. Tobler). — Litbl. f. germ. u. rom. Phil., 1902, col. 219-221 (W. Meyer-Lübke). — Journal des Débats, s février 1903 (M. Roques) ; reproduit Rev. des parlers pop., Il, p. 175-178. — Rev. des parlers pop., I, p. 28-29; IL, p. 89-93 (Guerlin de Guer). — Bull. du parler fr. au Canada, I, p- 133-136; IL, p. 30-32, 287-288 (A.-R. Laglanderie). — Journal des Savanis, 1904, p. 89-96 (A. Thomas); reproduit avec additions dans A. THomas, Nouveaux essais de phil. fr., p. 346-358. Réplique dans J. GiL- LIÉRON, Atlas linguistique de la France. Compte rendu de M. Thomas. Paris, Champion, 1904..23 p. in-80. Cf. Rom. Jahresber., VIII, I, p. 15. — Indog. Forsch., Anxeiger, XVI, p. 12-21 (M. Grammont). — Rass. bibl. della lett. it., XI, p. 219-223 (Goiïdänich). — Rev. de synth. hist, 1906, p. 253-254 (L. Febvre).— Rom. Jabresber., VIL I, p. 163 (C. Sachs); X, I, p. 141-142(H. Urtel). — Frankfurter Zeitung, 3 janvier 1909 (J. Jun, Ein Sprachatlas Frankreichs). — Cf Herrigs Archiv, CXXVIIL, p. 212-213 (compte rendu d’une conférence de H. Morf sur l'Atlas) et CXXXII, p. 219 et suiv. (K. Jaberg).

1109. — Maître], J. De la conservation du patois, dans l’École primaire

(Sion), t. XXII (1902-1903), p. 82-83, 97-98.

Prend parti pour le patois, injustement méprisé.

1110. — Ceresole, Alfred. Défendons notre patois. dans le Véritable messa-

ger boiteux de Berne et Vevey pour l'an 1903, p. 58-59.

S’élève contre la fausse honte qu’éprouvent les campagnards à parler patois.

1111. — Tappolet, E L'agglutination de l’article dans les mots patois, dans le Bulletin du Glossaire, t. II (1903), p. 3-8, 22-26, 37-46.

Classification des différents types d’agglutination et énumération d’une soixantaine de mots romands où ils se rencontrent. Essai d’en déduire des conclusions générales. Cet article a servi de point de départ à celui de M. J. DéÉsorMaux, L’agglutination de l’article dans les parlers savoyards, dans la Revue de phil. fr., t. XX (1906), p. 168-182 ; quelques-uns des nombreux exemples communs y sont interprétés différemment. M. TAPPOLET est revenu lui-même sur la question (voir nos 112$ et 1138).

C. R. Zeïtschr. f. rom. Phil., XXX, p. 368 (E. Herzog). — Rom. Jabresber., XI, t. I, p. 234-235 (H. Urtel). — Cf. la bibliographie donnée par H. Morr, Herrigs Archiv, CXXX, p. 249, note. |

1112. — Gauchat, L. Gibt es Mundartgrenzen ? dans Archiv für das Studium der neueren Sprachen und -Literaturen, t. CXI (1903). p. 365-403 (avec une carte). — Tiré à part: Braunschweig, Westermann, 1903. 39 p-. in-8°.

Discussion critique de la question de l'existence de limites dialectales. L’auteur appuie l'exposé de son point de vue par des faits empruntés à la dialectologie de la Suisse française. Deux limites linguistiques réelles sont spécialement étudiées à titre d'exemples, l’une dans le canton de Fribourg, entre Avry (type gruyérien) et Rossens (type kouétsou), l’autre à la frontière des cantons de Berne et de Neuchâtel, entre La Ferrière (type neuchâtelois) et Les Bois (type jurassien). Raisons historiques de ces limites. Tableau montrant l'isolement linguistique du Cerneux-Péquignot dans le canton de Neuchâtel. En appendice, note sur l’étymologie de Chéleau-d''Œx. Sur la carte, voir n° III4.

C. KR. Romania, XXXVIIL p. 336 (Salverda de Grave). — Rom. Jahresber., VIL I, p. 26 et XI, I, p. 226 (H. Urtel). — Germ. Jahresber., 1903, p. 167. — Année sociol., IX, p. 595-597 (A. Mfeillet}). — Voir aussi C. HAAG, Mundarigrenzen, dans Herrigs Archiv, CXV, p. 182-189. — E. MACKkEi, Ueber die Entstehung der Mundarten, mit besonderer Berücksichtigung Mecklemburgs und der Priegnitz, dans 16. Jabresber. des Kgl. Prinz-Heinrichs- Gymnasiums, Berlin, 1906, p. 17-28.

1113. — Hürlimann, Clara. Die Entwicklung des 'ateinischen aqua in den romanischen Sprachen, im besondern in den franzôsischen, francoprovenzalischen, italienischen und râtischen Dialekten. Zürich, Orell Füssli, 1903. 76 p. in-8° et 9 cartes. Thèse de doctorat de Zurich.

Dissertation abondamment documentée pour la Suisse romande, à laquelle est consacrée spécialement la carte VII. L'auteur a eu à sa disposition les matériaux du Glossaire.

C. R. Romania, XXXIII, p. 461-462 (P. Mfeyer]). — Zeitschr. f. rom. Phil., XXVIII, p. 378-384 (E. Herzog). — Litbl. f. germ. u. rom. Phil.,

1903, col. 334-336 (Meyer-Lübke). — Rom. Jahresber., XI, I, p. 228 (H. Urtel).

1114. — Gauchat, L. Les /imites dialectales dans la Suisse romande, dans le Bulletin du Glossaire, t. III (1904), p. 17-22 (avec une carte).

Carte synoptique, jointe aussi au n° 1112, sur laquelle sont réunies les limites indiquées par 20 cartes phonétiques isolées de l’Atlas linguistique de la Suisse romande en préparation. Commentaire explicatif des limites dialectales qui ressortent de cette juxtaposition ; leurs rapports avec les faits historiques. Cf. E. TaPPoLET, Ueber die Bedeutung der Sprachgeographie (voir chap. IV), P. 406-412.

Page 1