‹ Grammaire françaiseChapitre 184 sur 196 · IX. RépètîlioB ou eilipie def prépotitîoiM · texte numérisé non relu

IX. RépètîlioB ou eilipie def prépotitîoiM

1<» En général, on doit répéter les prépositions à, de^ en, devant chaque complément :

L^éloquence est un art destiné à instruire, à réprimer les passions, à corriger les mœurs, à soutenir les lois, à diriger les délibérations publiques, à rendre les honmies bons et neureux.

(Fânelon.)

C'est à nous d'obéir, et non de murmurer. (Corneille.) Les cadeaux consistaient en bière du pays, en cocos, 0» noix, en citrons, ou 0» riz.

^ Les autres prépositions se répètent en général, quand les compléments ont une .signification différente; on ne les exprime qu'une fois, quand lés compléments ont de l'analogie :

Annibal triompha de Roîne mr la force et par la ruse. Sardanapale passait sa vie dans la mollesse et Toisiveté.

On peat souvent les répéter ou les soos-entendre, selon qae l'euphonie, la précision ou l'énergie le demandent.

3° Il faut éviter d'employer dans la môme phrase une préposition ayant des sens dinérents.

Ne dites pas : Caton, sur le point de mourir, médita longtemps sur 1 immortalité de l'âme.

Dites : Caton, près de mourir, médita etc.

Âi"* Évitez aussi de placer la préposition et son complément de manière à faire une phrase équivoque ou louche.

Ne dites pas : Saint Louis croyait pouvoir ramener les esprits égarés, par la douceur.

Dites : Saint Louis croyait pouvoir ramener par la douceur les esprits égarés.

XZZ. Emploi de ^elques prépositions.

i^ A et DEi En général la préposition à marque une tendancey un effort^ une direùtion vers un but; et de marque séparation^ point de départ y dislance de, origine:

On nous dissuade de partir^ et l'on nous invite à rester.

Ces deux prépositions sont employées dans une foule de sens différents, qu'on uc peut indiquer que dans un dictionnaire.

Il ne faut pas confondre, par exemitie : C'est à vous à répondre ( c'est û votre tour), avec c'eU à voua de répondre ( c'est votre droit, votre devoir de répondre ).

Un pot au laU {un pot destiné au lait), avec un pot de lait ( un pot plein de lait ).

2» A TERRE et PAR TERRE. Par terre se dit d^un corps qui au moment de la chute touche à la terre; à terre se dit de ce qui n'y touche pas :

Les fruits étaient tombés à terre et nous tombâmes par terre en. les ramassant.

3^^ A LA CAMPAGNE et EN CAMPAGNE^ A LA VILLE et EN VILLE. A

la campagne veut dire hors de la ville; en campagne signifie en mouvement^ en route. En ville veut dire hors de la maison :

Tous les Français sont en campagne^

Pour donner un maître à TEspagne. (Voltaire.)

Les Anglais passent l'hiver à la campagne^ et l'été à la ville.

Le parasite dme toujours en viUe.

4* A TRAVERS LE, LA, LES, et AU TRAVERS DE. A traVCKS SC

joint toujours à l'article; au travers est suivi de la préposition de :

A travers les rochers la peur les précipite. (Racine.) Nous passâmes au travers des écueils. (Fénelon.)

Remarque. Dans nn sens partitif, on peat dire : à travers des rochers, à travers d*mmenses solitudes. A travers est suivi de i'ariicle indéfini, et non de la préposition de.

5° Près de et prêt à. La préposition près de signifie sur le point de; l'adjectif prêt à veut dire disposé à, résigné à :

Un conjuré qui tremble est toujours près de périr. (Chénier.) Le sage est toujours prêt à partir. (La Fontaine.)

Remarqde. An xvii« et ao xviiie siècle, on employait l'adjectif prêt de dans les deux sens :

Qu'on rappelle mon fils, je suis prêt de l'entendre {prêt à ). ( Racine.) Nous étions prêts d'arriver {près de ) { Montesquieu. )

6» En et dans. Ces deux mots expriment l'idée àHntériorilé. En a un sens plus vague ^ et se met plutôt devant les substantifs non précédés de l'article; dans a im sens plus déterminé^ et s'emploie devant les substantits précédés de

l'article :

En Amérique, ce sont les bisons qui ont une bosse sur le dos.

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