‹ Grammaire française complèteChapitre 6 sur 108 · DES SONS ET DE 'LALPHÀBET · texte numérisé non relu

DES SONS ET DE 'LALPHÀBET

Les arbres sont cachés sous Fonde;

Nous sommes les maîtres du monde,

C’est le déluge universel.

— Ne croyez pas cela, répond la vieille mère;

Pour que l’eau se retire il ne faut qu’un instant :

Ne vous éloignez point, et, de peur d’accident,

Suivez, suivez toujours le fond de la rivière.

— Bah! disent les poissons, tu répètes toujours Mêmes discours.

Adieu, nous allons voir notre nouveau domaine. »

Parlant ainsi, nos étourdis Sortent tous du lit de la Seine,

Et s’en vont dans les eaux qui couvrent le pays.

Qu’arriva-t-il? Les eaux se retirèrent,

Et les carpillons demeurèrent ;

Bientôt ils furent pris,

Et frits.

Pourquoi quittaient-ils la rivière?

Pourquoi? Je le sais trop, hélas!

C’est qu’on se croit toujours plus sage que sa mère;

C’est qu’on veut sortir de sa sphère;

C’est que..., c’est que.... Je ne finirais pas. Florian.

H. — Donner le sens des mots côtoyez, meurtrière , épervier , zéphyrs, à gros bouillons , carpillons , radoteuse, demeurèrent, sphère.

12. — Donner les mots de la même famille que prenez, garde, fils, côtoyez bord. — Donner les homonymes de fond , peine, par, crains, mer.

13. Exercice. — Mettre en prose la faille La carpe et les carpillons.

14. Exercice oral. — Lire le morceau suivant et signaler les e longs et les voyelles ou diphtongues nasales à la fin des mots. — Apprendre par cœur le même morceau.

c Les forêts agitées par le vent

Qui pourrait décrire les mouvements que l’air communique aux végétaux? Combien de fois, loin des villes, dans le fond d’un vallon couronné d’une forêt, assis sur le bord d’une prairie agitée des vents, je me suis plu à voir les trèfles empourprés et les vertes graminées former des ondulations semblables à des flots et présenter à mes yeux une mer agitée de fleurs et de verdure ! Cependant les vents balançaient sur ma tête les cimes majestueuses des arbres; le retroussis de leur feuillage faisait paraître chaque espèce

CONSONNES

cîe deux verts différents. Chacun a son mouvement : le chêne au tronc raide ne courbe que ses branches; L'élastique sapin balance sa haute pyramide; le peuplier robuste agite son feuillage mobile, et le bouleau laisse flotter le sien dans les airs comme une longue chevelure. Ils semblent animés de passions : l’un s’incline profondément auprès de son voisin comme devant un supérieur; l’autre semble vouloir l’embrasser comme un ami ; un autre s’agite en tous sens comme auprès d’un ennemi. Le respect, l’amitié, la colère semblent passer tour à tour de l’un à l’autre comme dans le cœur dès hommes, et ces passions versatiles ne sont au fond que les jeux des vents. Quelquefois un vieux chêne élève au milieu d’eux ses longs bras dépouillés de feuilles et immobiles. Tknnme un vieillard, il ne prend plus de part aux agitations qui l’environnent; il a vécu dans un autre siècle. Cependant ces grands corps insensibles font entendre des bruits profonds et mélancoliques. Ce ne sont point des accents distincts, ce sont des murmures confus comme ceux d’un peuple qui célèbre au loin une fête par des acclamations. Il n’y a point de voix dominante; ce sont des sons monotones parmi lesquels se font entendre des bruits sourds et profonds qui nous jettent dans une tristesse pleine de douceur.

Bernardin de Saint-Pierre (Brevet élémentaire , 1887).

15. Exercice oral. — Donner dix noms rl’arbres, comme chêne ; dix noms de graminées, comme blé.

IG. Exercice d’analyse. — Analyser par écrit les mots de la phrase : Qu?, pourrait décrire les mouvements que l'air communique aux végétaux ? — Analyser les propositions de la même phrase.

SECTION II

CONSONNES

17. Exercice oral. — Lire le morceau suivant en indiquant les consonnes palatales et les consonnes dentales au commencement des mots.

La mort d’un ami

Heureux celui qui possède un ami! J’en avais un : la mort me l’a ôté; elle l’a saisi au commencement de sa carrière, au moment où son amitié était devenue un besoin pressant pour mon cœur. Nous nous soutenions mutuellement dans les travaux pénibles de la guerre, nous buvions dans la même coupe; nous couchions

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