DE L’ADVERBE
222. Exercice. — Copier ou écrire sous la dictée le morceau suivant en soulignant d’un trait les adverbes.
Gomment il faut apprendre
Bien apprendre, c’est apprendre vite, et retenir longtemps. Comment atteindre ce double but?
Nous voici en face d’une page de prose ou d’un morceau de poésie à apprendre. Par où commencerons-nous ? Allons-nous attaquer tout de suite l’étude de ce morceau mot à mot, ligne à ligne, vers à vers, et, la^première phrase ainsi apprise, passerons-nous à la seconde? Mauvais moyen. C’est le chemin des écoliers, c’est-à-dire le plus long. Le plus court, je vais vous étonner peut-être, c’est de débuter par une lecture d’ensemble et tout intellectuelle; ne vous occupez pas d’abord des üaroles, rendez-vous compte de la composition du morceau, de la marche des idées; voyez d’où l’auteur part, par où il passe, par où il arrive. Imprimez-vous dans l’esprit, si je puis parler ainsi, l’architecture de cette page, de façon à ce que les lignes générales se dessinent dans votre mémoire et s’y fixent à l’état de charpente. Sans doute, ce travail préalable à tout apprentissage littéral du texte prend un certain temps, car il ne s’agit pas d’une lecture courante, mais d’une lecture lente, réfléchie, où l’on s’arrête, où l’on recommence, où parfois l’on retourne en arrière; cependant, loin d’être du temps perdu, ce sera du temps gagné, et votre besogne mnémonique s’en trouvera diminuée de moitié. Comment cela? direz-vous. Parce que, quand vous commencerez l’apprentissage littéral, les phrases et les mots, au lieu de s’entasser au hasard dans votre tête, iront se loger d’euxmêmes à la place que leur assignera l’enchaînement des idées; c’est comme une sorte de cadre qui les appellera et les retiendra.
Legouvé.
223. Exercice oral. — Donner l’origine des adverbes bien, longtemps , comment, où, ainsi, plus, abord, y, parfois , comme.
224. Exercice oral ou écrit. — Remplacer chaque tiret par un adverbe et apprendre le morceau par cœur.
L’oiseau prisonnier
Enfant, vous avez pris un oiseau dans un champ.
Et vous voilà joyeux, et vous criez victoire !
Et le pauvre petit, dans une cage noire,
Se plaint, et vous prenez sa plainte pour un chant*
Il va vous amuser — jusqu’à demain,
Et pour ce court plaisir vous lui coupez les ailes,
Tout en l’emprisonnant entre ces barreaux grêles,
Pour qu’il ne vole pas — haut que votre main.
Et vous le regardez — , depuis une heure,
Meurtrir son petit bec dans son étroit cachot,
Courir aux quatre coins, voler de bas en — ,
Avec le cri plaintif de toute âme qui pleure.
Et — vous semez sa cage de muguets
Et de toutes les fleurs, ses anciennes compagnes ;
Mais cela — vaut — l’air des vastes campagnes Et les chansons du soir dans le fond des bosquets.
Vous ne savez donc pas, enfant, quel saint mystère En becquetant — remplit l’oiseau pieux?
Les petits sont dans l’arbre au fond du nid joyeux ;
Pour vous, c’est un oiseau; mais, pour eux, c’est un père.
11 descend le matin du nid de mousse frêle Pour prendre un — de blé qu’il reporte — haut,
Pour les faire grandir, puis afin que —
Leur cri devienne un chant et leur duvet une aile.
Or, quand votre captif, qui crie et vous évite,
S’arrête en écoutant, c’est qu’il entend la voix Des petits qu’il laissa, dire du fond des bois :
(( Nous allons tous mourir si tu ne reviens — * »