DE L’ADVERBE
Car, — recevant — ce qu’il doit lui porter,
La mère reste au nid, inquiète et fidèle;
Et, malgré son amour et l’abri de son aile,
Tous ses petits mourront sans avoir pu chanter!
Écoutez donc l’oiseau, respirez donc la rose,
Sans les prendre à la plaine, à l’air pur, au ciel bleu,
Car — notre main à ce que créa Dieu,
Même en le caressant, enlève quelque chose.
Al, Dumas fils (Calmann Lévy, éditeur).
225. Exercice de mémoire. — Apprendre par cœur les vers précédents.
226. Exercices oraux ou écrits. — A quelles remarques de grammaire historique peuvent donner lieu les adverbes en italique dans les phrases suivantes ?
Telz desconfit au soir son adverse partie,
Qu’au jour d’hui perdera les membres et la vie. ( Guesclin , xive s.)
Les fossez furent bien tost emplis, (ld.)
Le grant seneschal lui doit donner à V entour de Vienne quelques chasses qui le pourront retarder. (Marguerite, xvie siècle.)
Vingt ans. au par avant on n’avoit senti un si dur hiver que celui qu’il faisoit lors. (Lanoue, xvie siècle.)
Aussi tost qu’il y a tant soit peu d’apparence que le dangier soit esloigné. (Montaigne, xvie siècle.)
Je voy que il a céans huit cents personnes et plus. - (Joinville, xme siècle.)
Des ja y avoit cinq ou six enseignes du roi qui estoient arrivées. (Commines xve siècle.)
Si commencerons des ore mais notre livre en la manière que ensuit. (Beaumanoir, xiii® siècle.)
Nostre mescompte ne pourroit d’ores en avant excéder vingt et quatre heures. (Id.)
2 2 T Même exercice.
La plus forte bataille que les Grecs aient oncques donnée. (Montaigne, xvie siècle.)
Je l’ai ja dit d’autre façon. (La Fontaine.)
Pitheus taschoit à lui persuader qu’il fist^/ws tost ce voyage par mer. (Amïot, xvi® siècle.)
Tenez-vous dans la route commune ; ne faict mie bon estre si subtil et si fin. (Montaigne, xvie siècle.)
La vraie pénitence peut-elle consister sans foi? nenni pas. (Calvin, xvie siècle.)
EXERCICE
Si nous fuyons, nous sommes perdus dyovantage „ (Froissaut, xive siècle.)
Oïl, par Dieu, ne puet (cela 11e peut) estre autrement. ( Couci7 xme siècle.)
Et tant qu ’ouy et nenny se dira,
Par l’univers le monde me lira. (Marot, xvie siècle.)
Ensi comme il fut devisé (résolu) ït fait. (Villehardouin, xme siècle.)
Voire mais, comment serait-il possible de trouver un taureau si grand? dit Pestranger. (Amyot, xvie siècle.)
227 bis. Exercices complémentaires. — 1° Écrire sous la dictée le morceau suivant eu soulignant d’un trait les adverbes. — 2° Analyser de vive voix les adverbes. — 3° Décomposer en propositions la première phrase.
La ville antique comparée à nos villes modernes
Toutes les rues de Pompéi sont étroites; la plupart sont des ruelles qu’on franchirait d’une enjambée. Le plus souvent elles n’offrent de place que pour un char, et l’ornière est encore visible; de temps en temps de larges pierres permettent de les traverser corpme sur un pont. Tous ces détails indiquent d’autres mœurs que les nôtres ; évidemment on ne trouvait point ici la grande circulation de nos villes, nos lourdes charrettes chargées, nos voitures de maître qui courent au grand tôt. Les chars apportaient le blé, l’huile, les provisions; beaucoup de transports se faisaient à bras et par des esclaves; les riches allaient en litière. Le bien-être était moindre et différent. Un trait saillant de la civilisation antique, c’est le manque (^industrie. On n’avait point les provisions, les ustensiles, les tissus, tout ce que les machines et le travail libre fabriquent aujourd’hui en quantités énormes, pour tout le monde et à bon marché. C’est l’esclave qui tournait la meule; l’homme s’était appliqué au beau, non à l'utile; ne produisant guère, il ne pouvait guère consommer. La vie était forcément simple, et les philosophes comme les législateurs le savaient bien ; s’ils prescrivaient l’abstinence, ce n’était pas par pédanterie : le luxe était visiblement incompatible avec la société telle qu’elle était. Quelques milliers d’hommes braves et fiers, qui vivent sobrement, qui ont une demi-tunique et un manteau, qui se complaisent à voir sur leur colline un groupe de beaux temples et de belles statues, qui causent d’affaires publiques, passent leur journée aux gymnases, au forum, aux bains, au théâtre, se lavent, se frottent d’huile, sont contents de la vie présente : voilà la cité antique.
H. Taine.
Exercice oral. — Donner les mots de la même famille que long, temps, voir% vivre . — - Donner les homonymes d Qplus> point , tard , puis.