‹ Grammaire française complèteChapitre 66 sur 108 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

228. Exercice. — Copier ou écrire sous la dictée le morceau suivant en soulignant d’un trait les prépositions.

Une vallée vue du haut de la montagne

Tandis que je gravissais, par une matinée très froide, le sentier escarpé qui conduit à la montagne, le brouillard épais remplissait l'atmosphère. Je voyais à peine les arbres les plus voisins de moi, et leurs troncs se dessinaient comme des ombres à travers la vapeur. Quand je fus arrivé au sommet, le brouillard que j’avais auparavant sur la tête était au-dessous de mes pieds ; il s’étendait comme une mer immense et allait flotter jusque dans les moindres sinuosités. Un instant après, je jouissais d’un spectacle tout différent : la vallée, comme une rose fraîchement épanouie, me montrait ses bois, ses coteaux, ses plaines vertes, ses étages couverts de hameaux et de pâturages, ses bosquets fleuris, enfin des glaces et des roches menaçantes. Mais ce qu’il est impossible de rendre, c’est le mouvement si varié des oiseaux de toute espèce, des troupeaux qui avançaient lentement d’une haie à l’autre, de ces nombreux chevaux qui bondissaient dans les pâturages ; ce sont surtout ces bruits confus des sonnettes, des eaux et du vent, qui, adoucis par la distance, exprimaient une vie si calme. Thiers.

229. Exercice écrit. — Donner l’origine des prépositions soulignées. — Trouver six mots se rapportant à la montagne , six désignant des arbres de montagne.

230. Exercice oral ou écrit. Remplacer chaque tiret par une préposition et apprendre le morceau suivant.

Les fleurs du printemps

L’anémone si mobile,

Frêle tribut du printemps,

Courbe sa tige débile — ses pétales flottants.

EXERCICES

La primevère — joie Brise ses langes dorés ;

La violette déploie Sa robe aux pans azurés.

Voici la noble pensée

— ses trois écussons ;

— l’épine élancée

Qui blanchit — les buissons;

La véronique étoilée

Aux yeux bleus et languissants,

Et la pervenche étalée

— les gazons renaissants.

Le fraisier brode — l’herbe Des festons — fleurs d’émail, Lui qu’on verra plus superbe Chargé de fruits — corail ;

La gentille pâquerette S’égaye aux feux du matin,

Et comme une collerette,

Ouvre ses plis de satin.

Le thym né — la colline Répand ses dons parfumés ;

Le narcisse qui s’incline Se mire aux ruisseaux aimés ;

Le muguet — les fougères Courbe son front assoupi,

Et le bleuet des bergères Ya grandir — l’épi.

— les ombres taciturnes D’un sentier sombre et voûté La mousse arbore ses urnes Sur un tapis velouté ;

Et la liane balance,

En embrassant le bosquet,

Ses feuilles — fer de lance Et ses coupes — bouquets.

Charles Nodier.

231. Exercices oraux ou écrits. — A quelles remarques de grammaire historique peuvent donner lieu les mots en italique dans les phrases suivantes?

Les alcyons pondent leurs petits lez le rivage. (Rabelais, xvi® siècle.)

Il vint une grande assemblée de recteurs [curés] pour assister à la cérémonie de notre chapelle : M. du Plessis était parmi . (Sévigné.)

Le ciel agit sans nous en ces événements

Et ne les règle point dessus nos sentiments. (Corneille.)

Rome est dessous vos lois par le droit de la guerre. (Id.)

Celui qui est vertueux est touz jours droit et bien, non obstant les fortunes. (Oresmes, xive siècle.)

Sous Alexandrie [il y] ad un port juste mer. (Chanson de Roland, xie siècle.)

Ils appeloientjureté sa sévérité encontre les mesclians. (Amyot, xvie siècle.)

Encoste lui avoit couché son brant [épée]. (Aliscans, xne siècle.)

S’étant tout le long du jour promené emmi la place. (Malherbe, xvie siècle.)

Voyez ci de nos ennemyz qui accourent. (Rabelais, xvie siècle )

Nous vous en rapportons le cuer [cœur] , et ve le ci, (Berte, xme siècle.)

Voy me la prest à boire. (Rabelais xvr siècle.)

Tant s’entresamblent de vis et de menton. (Amis et Amiles , xue siècle.)

23î bis. Exercice complémentaire. (Page 210 du Livie du Maître.) — Copier ou écrire sous la dictée le morceau suivant et rétablir les vers. (Ces veijî sont de 12 syllabes, sauf le premier, et à rimes embrassées).

La chanson du vannier

Sous les doigts du vannier courbez-vous assouplis, brins d’osier, brins d’osier.

Vous serez, brins d’osier, le lit frêle où, aux sons d’un vieux couplet, la mère berce un petit enfant; dans sa couche légère, la lèvre toute blanche encor de lait, l’enfant s’endort en souriant.

Vous serez le panier plein de fraises vermeilles que dans les taillis s’en vont cueillir les filles ; le soir, au logis elles rentrent rieuses, et des corbeilles s’exhale l’odeur des fruits mûrs.

Vous serez le grand van où l’alerte fermière fait bondir le froment qu’ont battu les fléaux, tandis qu’à ses côtés des bandes de moineaux se disputent les grains dont est couverte la terre.

Vous serez, brins d’osier, la cage où chante l’oiseau, et au milieu des roseaux la perfide nasse où la truite qui monte et file entre deux eaux, s’enfonce et se débat tout .à coup frémissante.

D’après Theuriet.

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