Même exercice. (Même remarque
Elle débite à tout venant les choses les plus futiles et souvent celles les plus ridicules.
Je ne sais où la robe et l’épée ont puisé de quoi se mépriser réciproquement. (La Bruyère.)
La chose sur quoi il est permis de faire fond. (Id.)
Favorisez les jeux où mon esprit s’amuse. (La Fontaine.)
Aucun vœu ne m’échappe où j’ose consentir. (Corneille.)
J’apprends tout cela, qui est justement tout ce qui me peut être le plus agréable. (Skvigné.)
La cour a refusé le passeport, qui , à mon sens, est une chose ri- .. dicule. (La Rochefoucauld.)
Je n’ai trouvé que vous qui fût digne de moi. (Molière.)
Ce ne serait pas moi qui se ferait prier. (Id.)
Nous chercherons partout à trouver à redire,
Et ne verrons que nous qui sachent bien écrire. (ïd.)
Le peuple se rassembla, qui se mita chercher le roi, et à demander quil estoit devenu. (Amyot, xvie siècle.)
C’est une des personnes du monde qui a le plus de bonnes qualités. (Sévicné.)
305. Exercice écrit. — Copier le morceau suivant en le transcrivant avec l orthographe moderne.
La procession de la Ligue
La procession fut telle : Le dit recteur Roze, quittant sa capeluche rectorale, pris! sa robe de maistre-ès-arts avec le camail et le roquet, et un hausse-col dessus; la barbe et la teste rasée tout de fraiz, l’espée au costé, et une pertuisane sur l’espaule. Les curés Amilton, Boucher et Lincestre, un petit plus bizarrement armés, faisoyent le premier rang, et devant eux marchoyent trois moynetons et novices, leurs robes troussées, ayants chacun le casque en
SYNTAXE Dü PRONOM r
teste dessoubs leurs capuchons, et une rondache pendue au col, ou esloyent peincles-les armoiries et devises des dits seigneurs. Maistre Julian Pelletier, curé de Saint-Jacques, marchoit à costé, tantost devant, tantost derrière, habillé de violet en gendarme scholastique, la couronne et la barbe faicte de fraiz, une brigandine sur le dos, avec l’espée et le poignard, et une hallebarde sur l’espaule gauche en forme de sergent de bande, qui suoit, poussoit et haietoit, pour mettre chacun en rang et ordonnance.
Puis suyvoient, de trois en trois, cinquante ou "soixante religieux, tant cordeliers que jacobins, carmes, capuchins, minimes, bonshommes, feuillants, et autres, tous couverts avec leurs capuchons et habits, agrafez, armez à l’antique. Entre autres il y avoit six capuchins ayant chacun un morion en teste, et au-dessus une plume de coq revêtuz de cottes, de mailles, l’espée ceinte au costé par dessus leurs habits, l’un portant une lance, l’autre une croix, l’un un espieu, l’autre une harquebuse, et l'autre une arbaleste, le tout rouillé, par humilité catholique. Les autres presque tous avoyent des piques qu’ils bransloyent souvent, par faute de meilleur passetemps, horsmis un feuillant boiteux qui armé tout à crud se faisoit faire place avec une espée à deux mains, et une hache d’armes à sa ceinture, son bréviaire pendu par derrière, et le faisoit bon veoir sur un pied faisant le moulinet devant les dames.'
A la queue, il y avoit trois minimes, tous d’une parure, sçavoir est, ayants sur leurs habits chacun un plastron à corroyés et le dos descouvert, la salade en leste, l’espée et pistolet à ia ceinture, et chacun une harquebuse à croc sans fourchette. Derrière estoit le prieur des jacobins en fort bon poinct. traînant une haiebarde gauchère, et armé a la légère en morte-paye; je n’y veys ni chartreux ni célestins, qui s’estovent excusés sur le commerce. Mais tout cela marchoit en moult belle ordonnance, et sembloyent les anciens cranequiniers de France. Ils voulurent en passant faire une salve, ou escoupèterie ; mais le légat leur deffendit, de peur qu’il ne luy mésadvint, ou à quelqu’urr des siens, comme au cardinal Cayetan.
Après ces beats pères marchoyent les quatre mendiants, qui avoyent multiplié en plusieurs ordres tant ecclésiastiques que séculiers; puis les paroisses; puis les Seize, quatre à quatre, réduits au nombre des aposlres et hahillés de mesme, comme on les joue à la Feste-Dieu. Après eux marchoyent les prévost des marchands et eschevins, bigarrez de diverses couleurs, puis la cour de parlement telle au elle. Satire Ménippée (1594).
PRONOMS INDÉFINIS. 151
306 . Exercice écrit. — Copier les vers suivants en les transcrivant avec ^orthographe moderne.
Les mots nouveaux
On a toujours permis, toujours permis sera Faire naistre un beau mot, qui représentera Une chose à propos, pourveu que sans contrainte Au coin du temps présent la marque y soit emprainte.
Comme on void tous les ans les feuilles s’en aller,
Au bois naistre et mourir, et puis renouveler :
Ainsi le vieulx langage et les vieulx mots périssent,
Et comme jeunes gens les nouveaux refleurissent.
Tout ce que nous ferons est sujet à fa mort ;
Ce qui fut terre ferme à cette heure est un port,
Œuvre haute et royalle : et maintenant la Seine Pour enceindre la ville abandonne la plaine,
Comme ore en mainte part boire a changé son cours,
Et sans plus nuire aux bleds, des prés est le secours.
Ainsi périront donc toutes choses mortelles;
Aussi sera l’honneur des paroles plus belles :
Car si l’usage veut, plusieurs mots reviendront Après un long exil, et les autres perdront Leur honneur et leur prix, sortant hors de l’usage Soubs le plaisir duquel se règle tout langage.
Vauqjjelin de la Fresnaye (1536-1606).
306 bisi Exercice complémentaire. (Page 536 du Livre du Maître.) — Copier ou écrire sous la dictée le morceau suivant et rétablir les vers qui sont d( 12 syllabes, et à rimes suivies.
L’enfance
L’enfant, sans regret de la veille, sans soin du lendemain, s e réveille pour jouer, joue et s’endort. Son cœur, trop faible encor, ne saurait soutenir le présent, le passé et l’avenir immense. Son âme peut à peine suffire au présent seul ; le présent seul est tout : un hochet est son trésor, son empire un coin, l’immensité un point, l’éternité un jour, le soir son avenir. Mais dans l’enfance tout entier l’homme est caché : ainsi le gland faible renferme un chêne immense. D’après Delille.