‹ Grammaire française complèteChapitre 97 sur 108 · Même exercice · texte numérisé non relu

Même exercice

J’évite l’apparence autant comme le crime. (Corneille.)

Je ne sais tantôt plus comme vivre avec vous. (Id.)

Un cœur né pour servir sait mal comme on commande. (Id.)

Il y a autant de gloire à celui qui reçoit un bienfait de le publier. comme à celui qui le donne de n’en faire connoître que ce que celui qui fa pris veut qu’on en sache. (Malherbe, xvie siècle.)

Un misérable autant ruineux à ses amis qu’h ses ennemis. (Id.)

SYNTAXE DE V ADVERBE

Autant qu'il y a d’écrivains, autant chaque chose peut avoir de noms, si bon leur semble. (Malherbe.)

Vous trouverez que la colère des rois n’en a pas fait davantage mourir, que le dépit et l’indignation des propres serviteurs. (Id.)

Je dois autant à l’un comme l’autre me doit. (Corneille.)

Se relever plus forts, plus ils sont abattus,

N’est pas aussi l’effet des communes vertus. (Id.)

Votre refus est juste autant que ma demande. (Id.)

Autant que sa fureur s’est immolé de têtes,

Autant dessus la sienne il croit voir de tempêtes, (fd.)

Tu juges mes desseins autres qu’ils ne sont pas. (Id.)

Le combat par sa fuite est-il pas terminé? (Id.)

352. Exercice. — Copier le morceau suivant en le transcrivant avec l’orthographe moderne.

Bataille de Crécv

*Le vaillant et gentil roi de Behaigne, qui s’appelait messire Jean de Lucembourc, car il fut fils de l’empereur Henry de Lucembourc, entendit par ses gens que la bataille était commencée; car quoiqu’il fût là armé et en grand arroi, si ne véait-il goûte et était aveugle. Si demanda aux chevaliers qui de lès lui étaient comment rordonnance de leurs gens se portait. Cils lui en recordèrent la vérité, et lui dirent : « Monseigneur, ainsi est; tous les Gennevois sont déconfits, et a commandé le roi eux tous tuer; et toutes fois entre nos gens et eux a si grand toullis que merveille, car iis chéent et trébuchent l’un sur l’autre, et nous empêchent trop grandement. )) — « Ha! répondit le roi de Behaigne, c’est un povre commencement pour nous. » Lors demanda-t-il le roi d’Allemagne son fils, et dit : « Où est messire Charles mon fils? » Cils répondirent : « Monseigneur, nous ne savons; nous créons bien qu’il soit d’autre part, et qu’il se combatte. » Adonc, dit le roi à ses gens une grand’ vaillandise : « Seigneurs, vous êtes mes hommes, mes amis et mes compagnons; à la journée d’huy je vous prie et requiers très espécialement que vous me meniez si avant que je puisse férir un coup d’épée. » Et ceux qui de lès lui étaient, et qui son honneur et leur avancement aimaient, lui accordèrent. Là était le Moine de Basèle à son frein, qui envis l’eût laissé; et aussi eussent plusieurs bons chevaliers de la comté de Lucembourc qui étaient tous de iès lui : si que, pour eux acquitter et qu’ils ne le

EXERCICES

perdissent en la presse, ils se lièrent par les freins de leurs chevaux tous ensemble, et mirent leur roi leur seigneur tout devant, pour mieux accomplir son désir; et ainsi s’en allèrent sur leurs ennemis.

Là était messire Charles de Behaigne, qui s’appelait et escrissait jà roi d’Allemaigne et en portait les armes, qui vint moult ordonnèrent jusques à la bataille; mais quand il vit que la chose allait mal pour eux, il s’en partit : je ne sais pas quel chemin il prit. Ce 11e fit miede bon roi son père, car i\ alla si avant sur ses ennemis que il férit un coup d’épée, voire trois, voire quatre, et se combattit moult vaillamment; et aussi firent tous ceux qui avec lui étaient pour l’accompagner; et si bien le servirent, et si avant se boutèrent sur les Anglais, que tous y demeurèrent, ni oncques nul ne s’en partit; et furent trouvés lendemain sur la place autour de leur seigneur, et leurs chevaux, tous allayés ensemble.

Froissart (1333-1400).

353. Exercice. — Copier les vers suivants en les transcrivant avec l’orthographe moderne. — Apprendre par cœur le même morceau.

Avril

Avril, l’honneur et des bois

Et des mois, #

Avril, la douce espérance

Des fruits qui, sous le coton Du bouton,

Nourrissent leur jeune enfance;

Avril, l’honneur des prez verds,

Jaunes, pers,

Qui, d’une humeur bigarrée,

Emaillent de mille fleurs De couleurs

Leur parure diaprée ;

C’est toy, courtois et gentil,

Qui d’exil

Retires ces passagères,

Ces arondelles qui vont,

Et qui sont

Du printemps les messagères.

SYNTAXE DE L* ADVERBE

L’aubespine et l’aiglantier,

Et le thym,

L’œillet, le lis, et les roses

En ceste belle saison,

A foison,

Monstrent leurs robes écloses.

Le gentil rossignolet,

Doucelet,

Découpe dessous l’ombrage

Mille fredons babillars Frétillars

Au doux chant de son ramage.

Tu vois, en ce temps nouveau,

L’essaim beau

De ces pillardes avettes

Yolleter de fleur en fleur,

Pour l’odeur

Qu’ils mussent en leurs cuissettes.

Remy Belleau (1528-1577).

353 bis. Exercice complémentaire. (Page 419 du Livre du Maître. — Copier ou écrire sous la dictée le morceau suivant et rétablir les vers sur la copie. (Les vers sont de douze syllabes et à rimes suivies.)

Le premier vol du jeune oiseau

Voyez avec quel nouveau zèle et quel soin ses parents forment le jeune oiseau à voler. C’est aux heures du soir, lorsque tout est fraîcheur, verdure, et repos, et parfum dans la nature; ravi de ce bel horizon, dans son nid devenu sa prison, l’adolescent s’agite; il sort, et, balancé sur la pliante branche, il essaie une aile encore tremblante, il hésite. En voltigeant, le couple l’appelle, gourmande sa frayeur, provoque son essor et vole encor ; enfin, non sans crainte, il se hasarde, et, déployant ses ailes, il se fie à ses nouvelles plumes. L’air reçoit ce doux poids ; il touche le gazon; enchantés, ses parents répètent la leçon. Alors le jeune élève s’enhardit, prend l’essor d’une aile moins novice, s’abat et se relève; enfin, plus audacieux et sûr de sa force, il part; tous se font leurs adieux, tout est fini. D’après Delille.

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