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CHAPITRE’ VIII

354. Exercice oral ou écrit. — Lire ou copier les phrases suivantes en indiquant à la fin de chacune d’elles l’idée marquée par la préposition à. Exemple : Mon frère est allé à Paris (direction) ; il y est arrivé à minuit (temps), etc.

Le nom d’animal est commun a l’homme et à la bête.

Il faut travailler à modérer ses passions.

A raconter ses maux souvent on les soulage. (Corneille).

Un homme vain trouve son compte à dire du bien ou du mal de soi.

Malheur au citoyen ingrat à sa patrie ,

Qui vend à l’étranger son avare industrie 1 (Delille )

11 ne faut jamais sacrifier l’honneur à l’intérêt.

On compte à Paris plus de deux millions d’habitants.

De tout temps l’idée de patriotisme a eu à souffrir de la lutte des partis.

Rebecca puisait de l’eau à la fontaine, lorsque Eliézer l’aperçut.

Mon cœur toujours rebelle, et contraire à lui-même,

Fait le mal qu'il déteste, et fuit le bien qu’il aime. (L. Racine.)

J’ai ôté cette perdrix à mon chien qui la dévorait.

La doctrine d’une vie à venir, des récompenses et des châtiments après la mort est nécessaire à toute société civile»

(Voltaire.)

355. Exercice oral ou écrit. — Lire ou copier les phrases suivantes en indiquant à la fin de chacune d’elles l’idôe marquée par la préposition de. Exemple : Il lient de Paris (point de départ).

Le titre de conquérant n’est écrit que sur le marbre, le titre de père du peuple est gravé dans les cœurs.

L'honnête homme est estimé même de ceux qui n’ont pas de probité.

Un rat, hôte fî un champ, rat de peu de cervelle,

Des lares paternels, un jour, se trouva saoûl. (La Fontaine.)

Un niable de neveu

Me fait, par ses écarts, mourir à petit feu. (Piron.)

Faire bon marché de son pays, railler ceux qui font preuve de patriotisme, est d ’ un esprit léger et sottement égoïste.

Que voulez-vous! ce diable d’homme a toujours ses poches pleines d’arguments irrésistibles. (Beaumarchais.)

De larrons à larrons il est bien des degrés;

Les petits sont pendus et les grands sont titrés.

(F. de Neufchateau.)

Les meilleurs vins viennent de la Bourgogne et du Bordelais.

356. Exercice oral ou écrit. — Lire ou copier les phrases suivantes en remplaçant chaque tiret par en , dans, ou au, aux, à la, à des.

Nous possédons — Asie, — l’Hindoustan, quelques débris de notre ancien empire colonial.

Poussés par l’esprit d’aventure, Cortez et Pizarre arrivèrent presque en même temps — Amérique, et tous deux fondèrent deux puissants empires, l’un — Mexique (1519), l’autre — Pérou (1555).

Porter de l’eau — rivière, c’est porter secours et assistance — des lieux ou — gens qui n’en ont pas besoin.

Qui ne songe qu’à soi quand la fortune est bonne

— le malheur n’a point d’amis. (Florian.)

Demande-toi le soir, avant de te coucher, le bien que tu auras fait — la journée.

Quand vous vous mettez en colère, regardez-vous — un miroir.

Louis XVI abolit — France la coutume barbare de la question et détruisit les restes de l’ancienne servitude — ses domaines.

Il ne faut pas mettre tous ses œufs — le même panier : c’est-à-

EXERCICES

dire risquer toute sa marchandise — le même navire, mettre tout son argent — même endroit.

— xixe siècle, la France a fondé — Afrique plusieurs colonies importantes : — Algérie, — Tunisie, — Obok, — Congo, — l'Afrique équatoriale, — Madagascar, — l’Afrique australe.

Trouver la pie — nid se dit par dérision de ceux qui croient avoir fait une heureuse découverte ou être venus à bout d’une chose difficile.

On voit encore l’Afrique centrale passer des convois d’esclaves avec la fourche — cou et la chaîne — pieds.

Sous le bon roi René :

On vit partout — bords de la Durance De grands troupeaux de moutons et de bœufs,

Poules alors pondaient de plus gros œufs,

Et l’âge d’or existait — Provence. (Diouloufet.)

357 Exercice oral ou écrit. — Lire ou copier les phrases suivantes en remplaçant chaque tiret par avant ou devant , selon la règle.

Le plus tôt arrivé se place — les autres; le plus considérable se place — .

La conscience nous avertit en ami — de nous punir en juge.

La patrie doit passer — tout.

Règle ta propre conduite — critiquer celle des autres.

Au moyen âge, lorsqu’un chevalier s’était déshonoré, une manière de le dégrader consistait à trancher la nappe — lui, lorsqu’il était à table.

Il faut casser le noyau pour en avoir l’amande, c’est-à-dire prendre de la peine — retirer un profit de quelque chose.

358. Exercice oral ou écrit. — Lire ou copier les phrases suivantes en indiquant à la fin de chacune d’elles l’idée marquée par la préposition par. Exemple : Il a passé par Bordeaux (passage).

On va en Italie par le tunnel du mont Cenis.

J’ai appris par des étrangers la bonne nouvelle qui vous concernait.

Il s’écoulera encore quelque temps avant qu’on puisse voyager par air comme on voyage par eau.

Le loup est naturellement grossier et poltron; mais il devient ingénieux par besoin et hardi par nécessité.

Ne laissez pas cet enfant courir tout seul par les chemins,

Les oranges se divisent naturellement par quartiers enveloppés d’une peau mince et renfermant les pépins.

L’ennui est entré dans le monde par la paresse.

Les Anglais ont été chassés de Calais par François de Guise en

359. Exercice oral ou écrit. — Lire ou copier les phrases suivantes en indiquant à la fin de chacune d’elles l’idée marquée par la préposition pour. Exemple : Il a fait cela pour sa mère (intention).

Disputer sur la pointe d’une aiguille, c’est contester pour une bagatelle.

Scudéry passa parmi ses contemporains pour un grand poète et se déclara l’adversaire de Corneille.

11 ne faut pas être trop faible pour les enfants.

11 y a des gens qui donnent un œuf pour avoir un bœuf.

Il faut de la prudence pour éviter le malheur, et du couragepowr le soutenir.

Salomon fut estimé dans tout l’Orient pour sa sagesse.

Un magistrat doit être sévère et impitoyable pour les perturbateurs du repos public.

ïl faut aimer les gens non pour soi, mais pour eux.

Vous avez pour mère une femme excellente qui ne vit que pour vous.

11 est bien rare en ce monde qu’on donne rien pour rien.

360. Exercice oral ou écrit. — Lire ou copier les phrases suivantes en remplaçant chaque tiret par les locutions près de ou auprès de , près de ou prêt à

On voit toujours — grands, à leur table, et quelquefois dans leur familiarité, des hommes alertes, spirituels, intrigants.

Toute perfection est — un défaut.

Quand les hirondelles reviennent, les beaux jours sont — revenir.

Je définis la cour un pays où les gens Tristes, gais, — tout, à i jut indifférens,

Sont ce qui plaît au priiice* (La Fontaine.)

t( Il faut penser avec les habiles gens, mais parler avec le vulgaire », est un proverbe dirigé contre ceux qui, toujours — faire parade de leur savoir, ne savent pas se mettre à la portée du commun des mortels.

La terre n'est qu’un point — reste de l’univers.

Reprends — moi ta place accoutumée. (Corneille.)

EXERCICES

Neuilly-sur-Seine est une ville tout — Paris.

On dit qu’un navire se. tient — vent lorsque sa voilure reçoit le vent obliquement et sous un angle plus grand que douze degrés.

361. Exercice oral ou écrit. — Lire oa copier les phrases suivantes en remplaçant chaque tiret par les locutions auprès de ou au prix de, à travers ou au travers.

La richesse n’est rien — la vertu.

— les flatteries des courtisans, l’intègre Sully faisait entendre èïïenri IV la voix de la vérité.

L’art est bien peu de chose — la nature.

Nos soldats, bouillants et intrépides, se sont ouvert un passage — l’armée’ennemie.

Au sein de ses amis, — ses parents,

Les plaisirs sont plus doux et les malheurs moins grands.

(Delille.)

Le cuivre est vil — l’or.

• Tous les ouvrages de l’homme sont vils et grossiers — moindres ouvrages de la nature, — un brin d’herbe ou de l’œil d’une mouche.

Quel chemin a pu jusqu’en ces lieux

Vous conduire — un camp qui nous assiège. (Racine.)

On ne voyait le soleil qu’ — les nuages.

Mais un gueux qui n’aura que l’esprit pour son lot,

— un homme riche à mon gré n’est qu’un sot.

(Destouches.)

Apprenez, mon ami, que c’est une sottise

De se venir jeter — un discours. (Molière.)

362. Exercice oral ou écrit. — Lire ou copier les phrases suivantes en remplaçant chaque tiret par les locutions envers ou vis-à-vis de, voici ou voilà.

— tous mes forfaits ; en — le salaire. (Racine.)

Il faut être indulgent — l’enfance et la faiblesse.

La droiture du cœur, la vérité, l’empire sur les passions, — la véritable grandeur.

Un bouffon coupable — son souverain fut condamné à mort. 11 demandait grâce. « Je te laisse le choix de ton supplice, dit le roi, — la seule grâce que je puisse te faire; choisis donc comment tu veux mourir. — De vieillesse », répondit le bouffon.

Mon père habite — de pies fenêtres.

EXERC. SUR LA GRAMM. COJ1PL.

if

Corps d’athlète et âme de sage, — ce qu’il faut pour être heu reux.

Remplissez vos devoirs — Dieu, — la patrie et — vos parents. « — et contre tous » est une locution qui terminait les formules des anciens serments de foi et hommage ; elle signifiait contre tout le monde.

— trois médecins qui ne nous trompent pas :

Gaîté, doux exercice et modeste repas.

Le voyageur s’éloigne : et qu’un nuage

L’oblige de chercher retraite en quelque lieu. (La Fontaine.)

363. Exercices oraux ou écrits. — Quel est le sens des {dépositions à,

devant dans les phrases suivantes?

Si je trouvois le diable à mon chemin, je lui passerois sur le ventre. (Malherbe, xvi® siècle.)

S’ils connoissoient quelqu'un qui fût plus homme de bien que tes autres, ils se laissoient conduire à lui. (Id.)

Achève ton ouvrage au bien de cet empire. (Id.)

En disant cela vous ne faites que changer le nom à Dieu. (Id.)

On devient ton complice à te favoriser. (Corneille.)

Laisse-toi vaincre enfin à de si fortes armes. (Id.)

Je me laisse charmer à ce discours flatteur. (Id.)

Je fus reçu de mon oncle avec toute sorte d’amitié. (Racine.)

De quelle ardeur j’irais reconnaître mon roi! (Id.)

Ce sont là les choses que Denys écrit de lui-même. (Id.)

Je pourrais vous dire qu’on vous fait beaucoup d’honneur de vous répondre. (Id.)

Vous êtes trop aimable des soins que vous avez pour votre maman. (Sé VIGNE.)

Devant toutes choses, je lus quatre de vos lettres. (Sévigné.)

Soyez très persuadée que nous ne songeons qu’à partir, et qu’il n’v a rien — cette envie ni — ce voyage. (Id.)

364. Exercices oraux eu écrits. — À quelles remarques dé grammaire historique peuvent donner lieu les phrases suivantes?

En Lacédémone le pancrace et le ceste étoient défendus* (Malherbe, xvi* siècle.)

On le reconnoît en ce que toujours le bienfait dsi bon. (Id.)

EXERCICES

Ils ne sont pas encore en terre, mais ils sont déjà dans le port. (Id.)

D’où nous vient, quand nous sommes prêts à mourir, le soin de reconnoître ceux qui nous ont fait plaisir. (Id.)

J’ai cru qu’il suffisoit de les mettre en la protection des habitants. (La Rochefoucault.)

La philosophie triomphe aisément des maux passés et de ceux qui ne sont pas prêts d’arriver, mais elle n’a pas grande vertu contre les maux présents. (Id.)

Pour s’acquitter vers moi de ce qu’elle me croyait devoir. (Id.)

Je te peindrai vaillant, juste, bon, libéral,

Invincible en la guerre, en la paix sans égal. (Corneille.)

On a fait contre vous dix entreprises vaines;

Peut-être que l’onzième est prête d’éclater. (Id.)

Mais ce n’est rien encore au prix de ce qui reste. (Id

Pour m’acquitter vers lui j’irai me déclarer. (Id.)

A travers les rochers la peur les précipite. (Racine.)

365 . Exercice. — Copier le morceau suivant en le transcrivant avec l’orthographe moderne.

La correspondance de Montaigne

J’ay naturellement un style comique et privé ; mais c’est d’une forme mienne , inepte aux négociations publicques , comme en toutes façons est mon langage, trop serré, désordonné, coupé, particulier : et ne m’entends pas en lettres cérémonieuses, qui n’ont aultre substance que d’une belle enfileure de paroles courtoises. Je n’ay ny la faculté ny le goust de ces longues offres d’affection el de service : je n’en crois pas tant, et me desplaist d’en dire gueres oultre ce que j’en crois. C’est bien loing de l’usage présent; car il ne feut jamais si abject et servile prostitution de présentations, la vie, l’ame, dévotion, adoration, serf, esclave, touts ces mots y courent si vulgairement, que quand ils veulent faire sentir une plus expresse volonté et plus respectueuse, ils n’ont plus de manière pour l’exprimer.

Je hais à mort de sentir le flatteur : qui faict que je me jecte naturellement à un parler sec, rond et crud, qui tire, à qui ne me cognoist d’ailleurs, un peu vers le dédaigneux. J’honore le plus ceulx que j’honore le moins; et, où mon àme marche d’une grande alaigresse, j’oublie les pas delà contenance; et m’offre maigrement et fièrement à ceulx à qui je suis, et me présente moins à qui je me suis le plus donné : il me semble qu’ils le doibvent lire en mon

cœur, et que l’expression de mes paroles faict tort à ma conception. A bienveigner, à prendre congé, à remercier, à saluer, à présenter mon service, et tels compliments verbeux des loix cerimonieuses de nostre civilité, je ne cognois personne si sottement stérile de langage que moy : et n’ay jamais esté employé à faire des lettres de faveur et recommandation, que celuy pour qui c’estoit n’aye trouvées seches et lasches. J’escris mes lettres toujours en poste, et si précipiteusement, que quoyque je peigne insupportablement mal, j’aime rnieulx escrire de ma main que d’y en employer une aultre; car je n’en treuve point qui me puisse suyvre, et ne les transcris jamais. J’ay accoustumé les grands qui me cognoissent à y supporter des litures et des trasseures, et un papier sans plieure et sans marge. Celles qui me cous lent le plus sont celles qui valent le moins : depuis que je les traisne, c’est signe que je n’y suis pas. Je commence volontiers sans project”; le premier traict produict le second. Les lettres de ce temps sont plus en bordures et préfacés, qu’en matière. Comme j’aime rnieulx composer deux lettres que d’en clore et plier une, et résigne tousjours ceste commission à quelque aultre : de mesme, quand la matière est achevée, je donnerois volontiers à quelqu’un la charge d’y ajouster ces longues harangues, offres et prières que nous logeons sur la fin ; et désire que quelque nouvel usage nous en descharge, comme aussi de les inscrire d’une legende de qualitez et tiltres.

Montaigne (1533-1592).

366. Exercice. — Copier les vers suivants en les transcrivant avec l'orthographe moderne.

Un vanneur de bled aux vents

A vous, trouppe légère,

Qui d’aile passagère Par le monde volez,

Et d’un siflant murmure L’ombrageuse verdure Doucement esbranlez,

J’offre ces violettes,

Ces lis et ces fleurettes,

Et ces roses icy,

Ces merveillettes roses,

Tout freschement écloses,

Et ces œillets aussi . ^

EXERCICES

De vostre douce haleine Evantez ceste plaine,

Evantez ce séjour :

Ce pendant que j’ahanne A mon bled que je vanne A la chaleur du jour.

Joachim Du Bellay (1524-1560).

3*36 bis. Exercices complémentaires. (Page 431 du Livre du Maître.) — 1° Copier ou écrire sous la dictée le morceau suivant; définir les mots moignon , échoppes , emplâtres , décrépitude , suaire , et donner dix noms désignant les diverses parties d’une église. *

Bayonne

Bayonne est une ville gaie, originale, demi-espagnole; partout, gens en veste de velours et en culotte courte; on entend la musique âpre et sonore de la langue qu’on parle au delà des monts. Des arcades écrasées bordent les grandes rues; sous ce soleil, il faut de l’ombre .

Un joli palais épiscopal, élégant et moderne, enlaidit encore la laide cathédrale. Le pauvre monument avorté lève piteusement, comme un moignon, son clocher arrêté depuis trois siècles. Des échoppes se sont collées dans ses creux, en manière de verrues; on a plaqué, çà et là, de gros emplâtres de pierre. Ce vieil invalide fait peine à voir à côté des maisons neuves et des boutiques affairées qui se pressent autour de ses flancs salis.

J’étais tout chagrin de cette décrépitude, et, une fois entré, je me suis trouvé plus triste encore. L’obscurité tombait de la voûte comme un suaire; je ne distinguais rien que des piliers vermoulus, des tableaux enfumés, des pans de murs verdâtres. Deux fraîches toilettes que j’ai rencontrées ont accru le contraste; rien de plus blessant ici que des rubans roses. Jé voyais le spectre du moyen âge; comme la ‘sécurité et l’abondance de la vie moderne lui sont contraires ! Ces sombres voûtes, ces colonnettes, ces rosaces sanglantes, appelaient des rêves et des émotions que nous ne pouvons plus avoir. Il faudrait sentir ici ce que sentaient les hommes, il y a six cents ans, quand ils sortaient en fourmilières de leurs taudis, de leurs rues sans pavés, larges de six pieds, cloaques d’immondices, qui exhalaient la lèpre et la fièvre.

H. Taine ( Voyage aux Pyrénées , Hachette et Cie, édit.).

(Brevet élémentaire .)

2° Analyser les propositions de la première phrase du texte précédent : Bayonnt est une ville..., etc.

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