LA NUIT DU PETIT OISEAU
Déjà tout s'éveille dans la vallée. Le soleil dore la cime des grands arbres ; on entend les aboiements des chiens, le chant des coqs et le meuglement des vaches dans les fermes.
Le petit oiseau mêle sa voix à toutes ces voix et chante avec bonheur le retour de la lumière et de la vie.
Perché sur une petite branche, le petit oiseau croyait pouvoir dormir sans crainte, la tête ensevelie sous ses plumes, quand, à la lueur d’une étoile, il a vu se glisser dans les arbres la chouette silencieuse.
La fouine est venue du fond de la vallée, l'hermine est descendue du rocher, la martre des sapins a quitté son nid, le renard rôde dans les broussailles.
Qu’elles sont longues ces heures où. n’osant bouger, il n’a pour protection que les jeunes feuilles qui le cachent ! Quelle est sa joie, au lever du soleil, de pouvoir s’élancer à tire-d’aile, protégé, défendu par la lumière !
Il serait bien cruel à nous de rendre les heures du jour aussi dangereuses pour les petits oiseaux que les ténèbres de la nuit. Laissons vivre en sécurité ces jolis hôtes des bois et des prairies : ils embellissent notre séjour, et rendent aux laboureurs d’inappréciables services.