Cette femme a l'air gaie ou gai
4823. Si l’adjectif ne peut qualifier que l’un des deux, le sujet ou le substantif air, l’accord n’a lieu qu’avec celui qu’il qualifie.
Ex. : Cette femme a l'air bossue.
463. Lorsque le sujet est un nom d’objet inanimé, un nom de chose, l’adjectif s'accorde toujours avec le sujet.
Ex. : Ces fruits ont l'air pourris.
Cette monnaie a l'air fausse.
Cette maison a l’air inhabitée.
Norte. — Lorsqu'il s'agit de choses, il est préférable de dire a l'air d'être : Cette viande a l'air d’être fraîche. (Acad.)
Accord de l'adjectif après un collectif.
464. L’adjectif placé après le complément d'un collectif s’accorde avec le nom qu'’indique le sens. Ex. : Le nombre des soldats décédés. -
Une troupe de soldats formée à la hâte.
Observations sur quelques adjectifs qualificatifs. Demi, mi, semi.
466. Demi, placé devant le nom, est invariable et s’y joint par un trait d'union.
Ex. : Revenez dans une demi-heure.
Ce sont des demi-mesures.
Norte. — Demi, dans ce cas, est considéré par plusieurs grammairiens comme une sorte de préfixe.
466. Demi, placé après le nom, prend le genre de ce nom, mais reste toujours au singulier.
Ex. : Il mesure cinq pieds et demi.
Il est parti à trois heures et demie précises.
REmarQU£. — L'Académie fait remarquer qu’on dit abusivement midi et demi, minuit et demi, pour indiquer une demiheure après midi, après minuit.
467. Demi est toujours invariable dans l’expression adverbiale à demi, qui ne demande pas de trait d'union. Ex. : fis étaient à demi mort:. c’est-à-dire morts à demi.
468. Demi s'emploie quelquefois adverbialement dans le sens de à demi, devant les adjectifs et s’y joint par un trait d'union ; il reste alors
invariable et forme avec le mot qui suit un adjectif composé.
Ainsi au lieu de dire : Ils étaient à demi morts, on peut dire : ls étaient demi-morts.
469. Remarque I. — Demie s'emploie quelquefois comme nom féminin pour signifier une demi-heure: Cette horloge sonne les heures et les demies — La demie est sonnée.
Remarque II. — En terme d’arithmétique, demi s'emploie comme nom masculin pour désigner la moitié d’une unité : Deux demis font un entier.
471. Remarque III. — Mi et semi sont des expressions adverbiales ou des préfixes, par conséquent sont toujours invariables ; ils se joignent au mot qui suit par un trait d'union. Ex. : {n'y a de l’eau qu'à m:-jambes. (Acad.)—La mi-carême; des fleurssemi-doubles; des journaux semi-mensuels.
Feu.
472. Feu (défunt) s'accorde lorsqu'il précède immédiatement le nom qu'ii qualifie.
Ex. : Votre feue mère était très charitable.
Les feus rois de Suède et de Danemark.
(Acad.) Mais il reste invariable lorsque le nom est précédé de l’article ou d’un déterminatif quelconque. Ex. : Feu la reine, feu votre sœur.
Feu les rois de Suède. (Acad.)
ReMARQUE. — L'usage est de laisser l’adjectif feu invariable devant un nom propre : feu Marie Stuart.
Nu.
473. Nu est invariable quandilest placé devant un nom sans article, comme dans nu-bras, nu-cou, nu-jambes. nu-pieds, nu-tête ; et se joint au nom par un trait d'union. ;
Ex. : Les montagnards sont souvent nu-pieds et
nu-tête.
Norg. — Les expressions telles que nu-tête, nu-pieds, sont
des locutions d’une nature particulière : c'est comme s’il y avait les pieds à nu, la tête à nu.
Dans tous les autres cas, nu est variable et reste séparé du nom qu’il qualifie.
Ex. : Les enfants doivent parler tête nue aux vieillards.
Saint Denis suivait pieds nus l’étendard de la sainte Croix. (Fléchier.) Toute nue, la vérité offense souvent.
Ci-inclus, ci-joint.
474. Ci-inclus, ci-joint sont toujours invariables au commencement d’une phrase.
Ex. : Ci-inclus copie de sa lettre.
Ci-joint les copies du contrat.
Ils sont encore invariables, lorsque, au milieu d’une phrase, ils sont suivis immédiatement d’un nom employé sans article ou sans adjectif déterminatif.
Ex. : Vous trouverez ci-inclus copie de sa lettre.
Dans tous les autres cas, c’est-à-dire quand ils ne commencent pas la phrase et qu'ils se rapportent à un nom détermir, ci-inclus et ci-joint sont variables.
Ex. : Vous trouverez ci-jointes les copies du contrat.
Franc de port.
476. Quoi qu’en disent certains grammairiens, dans l’expression franc de port on peut, à volonté, considérer franc comme un adjectif variable, ou le considérer comme faisant partie de la locution adverbiale franc de port et le laisser inivariable.
Ex. : Envoyons toujours nos lettres franches de port ou franc de port.
Il m'enroya cette caisse franc de port.
(Acad.)
Nore. — L'usage tend à remplacer franc de port par l’adverbe italien franco (sans frais). Ex. : Ces marchandises seront expédiées franco.
SYNTAXE DE L’'ADJECTIF Possible.
476. Possible n’est invariable que lorsqu'il modifie une des expressions : Le plus, le mieux, le moins, le meilleur, le pire.
Ex. : Faites le plus d’aumônes possible, c'est-à-
dire qu’il soit possible de faire.
Tâchons qu’il y ait le moins de malheureux possible.
Dans tous les autres cas, possible est variable.
Ex. : Faites tous les efforts possibles pour vous instruire, c’est-à-dire qui sont possibles.
Faites les plus grandes aumônes possibles.
Proche.
477. Proche est adverbe et par conséquent invariable quand il modifie un verbe.
Ex. : Les maisons qu’on a construites proche de la ville.
Ils habitent proche de notre villa.
478. Quand proche est placé après le verbe étre, exprimé ou sous-entendu, il est à volonté variable ou invariable, parce qu’alors on peut le considérer comme adjectif, ou comme le premier élément d’une locution prépositive.
Ex. : Les maisons qui sont proches où proche de la ville.
Adjectifs employés accidentellement comme adverbes.
479. Tout adjectif employé accidentellement pour modifier un verbe devient adverbe et par conséquent invariable.
Ex. : Elles chantent juste (avec justesse).
Que ces fleurs sentent bon!
La victoire nous coûta cher (chèrement).
Une jeune fille court vêtue.
SYNTAKE DE L'ADSECTIF
480. Remarque. — L'adjectif n’est jamais employé adverbialement lorsqu'il est placé comme attribut après l’un des verbes être, paraître, sembler, devenir, etc.
Ex. : Vos mesures sont justes.
Vos parents paraissent bien bons.
Ces livres me semblent chers.
Noms employés accidentellement comme adjectifs pour désigner la couleur.
481. Un certain nomhre de noms, comme aurore, jonquille, marron, noisette, olive, orange, serin, etc., sont employés accidentellement pour désigner la couleur d’un objet : dans ce cas, ils ne varient pas, parce qu’ils sont le complément du mot couleur sous-entendu.
Ex.: Des habits marron, des gants orange, c’est-àdire des habits de La couleur du marron, etc.
Nore.— L'usage tend à considérer ces noms comme = 4 tifs. Les mots amarante, cramoisi, écarlate, garance, mordoré, rose sont déjà employés comme adjectifs : des chapeaux roses.
Adjectifs réunis pour désigner la couleur.
482. Quand deux adjectifs sont réunis pour désigner une couleur. ils restent habituellement tous deux invariables, parce que le premier est employé comme nom + qualifié par le second ; il y a ellipse du mot d’un.
Ex. : Des cheveux châtain clair, des yeux bleu
foncé, c’est-à-dire d’un châtcin clair, d'un bleu foncé.
Adjectifs composés.