CHAPITRE V LE VERBE
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262. Définition. — Le verbe est un mot qui exprime l'existence, l’état ou l’action d’une personne,
‘un animal ou d’une chose. Ex. : Je suis, tu souffres, 1! laboure.
Le verbe suis exprime l'existence ; souffres exprime l'état ; laboure exprime l’action.
268. Manière de reconnaître un verbe. — On reconnaît qu’un mot est un verbé quand on peut mettre devant ce mot un des pronoms Je, tu, tl, nous, vous, ils. Ainsi aimer est un verbe, parce qu’on peut dire : jaime, tu aimes, il aime, etc.
NOTE. — Il n'y a pas de phrase sans verbe exprimé ou sous-entendu.
Sujet du verbe.
264. Définition. — Le sujet du verbe est le mot représentant la personne, l’animal ou la chose qui est ou qui fait ce qu’exprime le verbe. Ex: L'oiseau vole. La terre tourne.
Oiseau est le sujet du verbe vole, parce que c'est l'oiseau qui fait l’action de voler ; terre est le sujet du verbe tourne, Parce que c’est la terre qui fait l’action de tourner.
265. Manière de reconnaître le sujet l’un verbe. — On reconnaît le sujet d’un verbe en plaçant devant ce verbe la question : qui est-ce qui? pour les personnes ou les animaux, et qu'est-ce qui? pour les choses. Ex.: Dieu nous aime. La modestie plait.
Qui est-ce qui aime ? Dieu. — Qu'est-ce qui plaît ? la modestie. Donc, Dieu est le sujet du verbe aime, et modestie est le sujet du verbe plait.
REMARQUE. — Le sujet d’un verbe peut être un nom, un pronom ou un verbe à l'infinitif. Ex. : Le vin enivre—Nous étudions.— Mentir est un Péché.
LF VERBE
Complément du verbe.
266. Définition. — On appelle complément d’un verbe tout mot qui complète la signification de ce verbe. Ex. : Franklin inventa le paratonnerre.
Dans cet exemple, le mot paratonnerre est le complément du verbe inventa, parce qu’il complète la signification du verhe.
257. Trois sortes de compléments. — Il y a trois sortes de compléments : le complément direct, le complément indirect et le complément circonstanciel.
258. Complément direct. — Le complément direct est le mot qui complète la signification du verbe directement, c’est-à-dire sans le secours d’un autre mot. Ex. : Les fleurs ornent les jardins.
Dans cet exemple, lè mot jardins complète directement la signification du verbe ornent, c’est donc un complément direct.
259. Manière de reconnaître le complément direct. — On reconnaît le complément direct d'un verbe en plaçant après ce verbe la question qui? pour les personnes et les animaux, et quoi ? pour les choses. Ex.: L'enfant aime ses parents. Ménageons nos forces.
L'enfant aime qui ? ses parents. — Ménageons quoi ? nos forces. Parents et forces sont des compléments directs.
260. Complément indirect. — Le complément indirect est le mot qui complète la signification du verbe indirectement, c’est-à-dire à l’aide d’une préposition à, de, par, pour, en, arce, dans, etc. Ex. : Résistez à l’orgueil.
Dans cet exemple, le mot orgueil est un complément indirect parce qu’il complète, à l’aide de la préposition à, la signification du verbe résistez.
261. Manière de reconnaitre le complément indirect. — On reconnaît le complément indirect d’un verbe en plaçant après ce verbe l’une des questions à qui ? de qui ? par qui ? pour qui ? etc., pour
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les personnes et les animaux, à quoi? de quoi ? par quoi ? pour quoi ? etc., pour les choses. Ex. : Obéissons à nos parents. Le brave meurt pour sa patrie.
Obéissons à qui ? à nos parents. — Le brave meurt pour quoi ? pour sa patrie. Parents et Patrie sont des compléments indirects.
262. Complément circonstanciel. — Le complément circonstanciel est une sorte de complément indirect qui complète la signification du verbe en y ajoutant une circonstance de lieu, de temps, de cause, de manière, etc. Ex.: Le ballon s'élève dans les airs.
tudions avec ardeur.
Dans ces exemples, dans les airs est le complément circons-
tanciel du verbe s'élève, et avec ardeur est le complément circonstanciel du verbe étudions.
263. Manière de reconnaître le cor. plément circonstanciel. — On reconnaît le complément circonstanciel d’un verbe en plaçant après ce verbe l’une des questions où ? d'où ? quand ? combien de temps ? comment ? combien ? pourquoi ? etc. Ex. : L’exilé est heureux de rentrer dans sa patrie. Le juste dort en paix.
L'exilé est heureux de rentrer où ? dans sa patrie. — Le juste dort comment ? en paix. Les mots dans sa patrie et en paix sont des compléments circonstanciels.
Modifications du verbe.
264. Quatre modifications. — Le verbe peut subir quatre modifications ou changements de formes, selon la personne, le nombre, le temps et le mode.
266. Personnes et nombres. — [| y a dans les verbes, comme dans les pronoms personnels, trois personnes : la première, la deuxième et la troisième personne. Ex. : Je chante, tu chantes, il chante ; nous chanions, vous chantez, ils chantent.
Il y a dans les verbes, comme dans les noms, deux nombres : le singulier et le pluriel. Ex.: Le poisson nage. Les poissons nagent.
è Lu f
266. Temps. — Il y a dans les verbes trois temps principaux : le présent, le passé et le futur.
Un verbe est au présent, quand il exprime une action qui se fait au moment où l’on parle. Ex.: Je parle.
Un verbe est au passé, quand il exprime une action faite avant le moment où l’on parle. Ex.: J'ai parlé.
Un verbe est au futur, quand il exprime une action qui se fera après le moment où l’on parle. Ex. : Je parlerai.
267. Présent. — Il n’y a qu’un seul temps pour exprimer le présent, parce qu’une uction ne peut être plus ou moins présente. Ex. : Je chante, nous lisons.
268. Passés. -- On distingue cing sortes de passés : l’imparfuit, le passé défini, le passé indéfini, le passé antérieur et le plus-que-parfait.
269. Futurs. — On distingue deux sortes de futurs : le futur simple et le futur antérieur.
Nore. — Il n’y a qu’un seul présent, mais il y a plusieurs passés et plusieurs futurs, parce que toute action peut être plus où moins passée, plus ou moins future.
‘270. Temps simples et temps composés. — Les temps se divisent aussi en temps simples et en temps composés.
Les temps simples d’un verbe sont ceux qui se conjuguent sans le secours du verbe avoir ou du verbe être. Ex. : J'aime, j'aimerai.
Les temps composés sont ceux qui sont formés d’un auxiliaire et d’un participe passé. Ex. : J’ai aimé, je suis aimé.
271. Modes. — Il y a dans les verbes sir modes ou manières de présenter l'existence, l’état ou l’action : l’indicatif, le conditionnel, l'impératif, le subjonctif, l'infinitif et le participe.
272. Indicatif. — L’indicatif exprime une action — Ex. : Je marche, tu as chanté, vous sor-
rez. .
373. Conditionnel. — Le conditionnel exprime une action dépendant d’une condition. Ex. : Je lirais si je le pouvais. J ‘aurais chanté si je n'avais Pas été malade.
374. Impératif, — L’impératif exprime le commandement, la prière. Ex. : Aimez vos parents. Veuillez remplir vos devoirs.
276. Subjonctif. — Le subjonctif exprime une action douteuse, parce qu'elle dépend d’une autre action. Ex.: 1! veut que je parte. Nous souhaitons que vous réussissiez.
276. Infiniti. — L'infinitif exprime l’action d’une manière vague, indéfinie, sans indication de nombre ni de personne, (C’est le verbe changé en nom. Ex.: Enseigner, c'est s'instruire. Il est temps de travailler.
277. Participe. — Le participe tout en exprimant l'état ou l’action sert à qualifier d’une manière générale les personnes et les choses, Ex. : Une petite fille aimant sa mère. Une romance lue.
378. Modes personnels et modes impersonnels. — L’indicatif, le conditionnel, l'impératif et le subjonctif sont appelés modes personnels, parce qu’ils admettent la dise des personnes.
L’infinitif et le Participe sont appelés modes impersonnels, parce qu'ils n’admettent pas la distinction des personnes.
Formation du verbe.
279. Radical et terminaison. — Le verbe est formé d’un radical et d’une terminaison.
Le radical est la partie essentielle du verbe, elle est généralement invariable et renferme souvent l’idée principale contenue dans le verbe. Ex. : Chant dans chanter ; Jin dans finir.
Le terminaison est la derüière partie du verbe, elle change pour exprimer les idées de nombre, de
rsonne, de temps et de mode qu’elle ajoute à Pidée générale du verbe. Ex. : er, ais, ons, eront, dans aimer, j'aimais, nous aimons, ils aimeront.
és | is. -
Conjugaison du verbe.
280. Définition. — On appelle conjugaison le tableau de toutes les formes que prend un verbe, à tous ses modes, et à tous ses temps, nombres et personnes. |
Conjuguer un verbe, c'est le réciter ou l'écrire dans tous ses modes, st; temps, ses nombres et ses personnes.
281. Quatre conjugaisons. — Il y a en français uatre conjugaisons ou classes de verbes, que l’on istingue les unes des autres par la terminaison
du présent de l’infinitif.
La ire conju: :ison a j’infinitif terminé par er. Ex.: Aimer. La %e conjugaison a l'infinitif terminé parir. Ex.: Finir. La 8e conjugaison a l’infinitif terminé par oir. Ex.: Recevoir. La 4e conjugaison a i’infinitif terminé par re. Ex.: Kompre.
Verbes auxiliaires.
282. Verbes AVOIR et ÊTRE. - ies verbes avoir et être sunt appelés verbes auxilisires lorsqu'ils servent à conjuguer les autres verbe: üans leurs teraps composés : J'ai aimé ; je :nis venu.
Avoir et être ne sont pas auxiliaires lorsqu'ils sont employés seuls, comme verbes indépendants : Il a un beau jardin ; Dieu est bon.
Remarque. — Certains verbes, comme aller, devoir, venir de, peuvent accidenteilement être employés come verbes auxiliaires. Ex. : Je vais sortir ; il devait ré::i- : il vient de partir.
Notes. — Les verbes avoir et être, malgré 1-4 irrégularités g renferment, aident à conjuguer tous les autres verbes ans leurs temps composés : c’est pour ce motif que nous commencerons par la conjugaison de ces deux verbes,