‹ Grammaire française [microforme]Chapitre 227 sur 257 · I.— Historique sommaire de la langue française · texte numérisé non relu

I.— Historique sommaire de la langue française

Ja langue parlée autrefois dans les Gaules était la longue celfigue, dont les restes se sont conservés jusqu’à nos jours dans la Bretagne, l'Ecosse, l'Irlande et le pays de Galles,

Les Romains ayant conquis Îles Gaules un demisiècle avant Jésus-Christ, y introduisirent peu à peu le latin, leur langue,

On distinguait alors le latin populaire, parlé par les soldats et les colons, et le latin littéraire parlé et écrit pair les gens de lettres et les personnes en place. Ainsi, pour désigner le cheval, le peuple disait CABALLUS, d'où sont dérivés cavale, cavalier, cheval, chevalier: et les gens de lettres disticnt HoUUS, d'où sont venus érurie, équitation, écuver, équestre.

Or ce fut le latin populaire qui se propagea le plus, mais en se modifiant selon les contrées,

Au vesiècle, il avait formé une langue d'un usage assez général, et que les savan's nommaient par dérision /ngua romana rustica où ‘langue romaine des paysans. ””

C'est cette langue que l’on a appelé le roman : elle avait beaucoup d'analogie avec l'#falien et l'espgnol, formés à peu près de la mêr1: manière

. . u vit siècle, cette A langue se partagea en deux EE grandes branches dési-

gnées, comme c'était alors | l'usage, par le mot qui

» à) | iMarquai l'affirmation SR à A (oui): au nord, la /anpt

pounin si d'oil, au sud, \ langue LANGUE D 40€, | d'oc. —. dde ee, COR La langue d'oÿ/ fut illus-

ot res | trée par les frouvéres ; la 5 langue d’or, par les / badours. La première, par-

lée dans des contrées où l'élément barbare était plus considérable, avait plus de rudesse, de sévérité ; Ju seconde, voisine de l'Italie, était plus brillante, plus sonore,

La langue d'oil et 1a langue d'oc se divisaient ellesmêmes en dialectes nombreux,

Les principaux dialeétes du Nord étaient le nOPMANT, le pcard, le bourguignon et le français, ainsi appe'é parce qu'on le parlait dans a province de l'//e-dfrance,

Les dialeétes du Midi étaient le gascon, le limousir. le /anguedocien et le Provençal.

À partir du xn° siècle, Les rois de France, ajoutant peu à peu de nouvelles provinces à leur domaine, y introduisirent le dialecte français, qui, par là même qu'il était la langue du roi, devint aussi celle de Ja cla-se élevée et instruite. Ce dialette est ce qu'on appelle le veux français, Par opposition au français moderne qui en est sorti.

Dans chacune des provinces ajoutées au domaine royal, le peuple conserva son ancienne langue, et c’est ainsi que se sont maintenus les idiomes normand, Picard et bourguignon, qui sont, non du français altéré par les paysans, mais les restes des vieux dialectes provinciaux. :

Au xrri siècle, le Midi, vaincu par les rois de France, fut à son tour, ajouté à leur domaine : je français s'y substitua dès lors À la langue d oc. Les débris de cette dernière langue se sont conservés dans les dialectes lmousin, gascon, languedocien et Provença/!, qui pendant longtemps n'ont plus guère été parlés que par les hommes du peuple, mais qui de nos jours sont cultivés par des écrivains et des poètes distingués.

Aïnsi le dialecte français, parlé d'abord seulement dans l’Ile-de-France, Supplanta peu à peu tous les autres dialectes, soit du Nord, soit du Midi, et devint, au xXIV* siècle, la langue commune du royaume, la langue française. -

De la fin du x1v® siècle au CoOmMmencement du xvrie (1630), la langue française passa par diverses transfor. mations, qui fut l’œuvre non du peuple, mais des

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