HISTORIQUE
savants. Des érudits maladroits l’inondèrent d'abord de mots tirés du latin et formés sans tenir compte de l'accent tonique, Vint ensuite Ronsard, avec son école, qui voulut imposer des expressions et des tours bizarres empruntés au grec et au latin. Au xvif siècle, ce fut la manie de faire en français de l'italien et de l'espagnol, qui menaça à son tour d'altérer le génie de la langue, Au commencement du xvi1* siècle, Malherbe, l'Hôtel de Rambouillet, les Précieuses, firent subir à la langue une épuration nécessaire ; mais leurs exagérations lui enlevèrent quelque chose de sa vivacité et de sa richesse, Alors on commença d’orthographier *
Autheur auteur. Eslesve élève.
Aage âge. Estre être.
Avecque avec. lluste flûte.
Deffunct défunt. Plaist plaît.
Desplust déplût. Seurelé sûreté.
Ce travail de réforme fut consacré par le Dictionnaire de l'Académie, dont la première édition parut en 1694.
Sous Louis XIV, la langue française se fixe par le bon goût des grands écrivains de l’époque ; elle atteint dès lors sa perfection, et depuis, à travers les influences diverses des hommes ct des événements, elle a conservé la physionomie que lui donna le grand siècle.
Comme on le voit, la langue française s'est formée en deux fois :
1° Par l'aétion spontanée du peuple, d’où est sorti le vieux français, avec son naturel, sa fraicheur, sa vivacité.
2° Par le travail étudié, réfléchi des savants et des écrivains, sous l'influence desquels le vieux français a modifié son caractère, et, après bien des déviations et des épurations souvent exagérées, est devenu peu à peu la langue noble, sobre, claire, des grands poètes et des grands prosateurs du xvr1* siècle,
264 ADPÉNDICR ELEMENT DONT ni COMMON LA LANGUN PRANCAUNI
Lu langue lrançuise, dans le lond essentiel qui ln constitue, m'est que le latin ultéré ot Lranslormé,
À ce fond essentiel 2 sont MÈlES, À diverses époques, plusieurs autres éléments, qui n'ont pourtant Modifié notablement Ja physionomie ] topre langue,
Ces éléments CUANRCrS peuvent se ranger cn deux catégories :
1 Ceux qui se mélèrent au latin populaire tandis Qu'il se translormait en lrançuis ;
2 Ceux que reçut le Hançais une fois formé, c'est: À dire du xt Siècle à nos jours.
puis de la
Parmi les premiers, on distingue quelques mots celtiques Où £rees latinisés Par les vainqueurs, et un PU nombre de mots AEPHaNQues apportés par les Francs, ;
Parmi Les seconds, on comptes 1° les mots d'orfo ne cHrangere & arabes, Halicns, CSpPagnols, anglais, alle MANS, importés en France À la suite d'événements. politiques où de relations de commerce et d'industrie : 2 les mots d'oroine rare, Jotmés généralement du Lrec et du latrn,
A, Les dérivés du ccllique se réduisent À 250 mots CUvIron, et même À une vingtaine seulement d'après quelques auteurs. Ces mots H'exXpriment pour Ja plupart que des idées ulgaires où triviales, Ex:
oquelicot alonette boy boutde baril tagot Cochon echine doi loter
batictte
vetVoise botte B, Les MOIS Lrees qui, par l'influence de Ti colonie phocéenne établie dans le Midi, ont été introduits dans la langue romane, sont très pett nombreux j ON En CompEe Une Vingtaine environ, x:
bat bourse c'ts
bovut choôouer & luné bp. Ce osetulie
mic: due osier
Un certain nombre de MOIS français sont precs d'origine, mais ils ne sont passés dans la langue d'oil que par l'intermédiaire du latin; ils peuvent être
considérés comme de Provenance latine, ‘lels sont :