SYNTAXE DES VERBES
Place du sujet.
Règle. I^e sujet, soit nom, soit pronom se place ordinairement avant le verbe : [''oiseau vole. Nous demandons souvent des conseils que nous lïe suivons point.
Première exception. Dans les pbrascs interrogatives, le pronom qui sert de sujet se place toujours après le verbe j mais le nom ne
BE C. C. LETELLIER. iSg
se place après le verbe que quand il est seul : car il conserve sa place avant le verbe, si celuici est suivi d'un pronom qui marque interrogation. Exemples: /r(7/-je'r* P'iendras-Xnï Que pensera la postérité, si....P Fos frères sont' ils arrwésP
Remarque. Quand le verbe qui précède i7, elle., on., finit par une voyelle, on ajoute im t entre deux tirets, devant ces pronoms, pour éviter un hialus; comme, arrive-l-il? P2endra-t-elle? Abue-l-on les enfants indociles F
L'interrogation, à la première personne, se fait en transportant le pronom /e après le verbe ^ mais Tusage ne permet pas toujours celte manière d'interroger, parce que la prononciation en seroit rude et désagréable ; ne dites pas : cours- je? sens- je? dors- je ? etc. ^ il faut prendre un autre tour et dire : est-ce que je cours ? est- ce que je sens ^ est-ce que je dors?
Lorsque le pronom je se trouve après un verbe qui est au présent de Tindicatif, et qui se termine par un e muet , il faut mettre un accent aigu sur cet é , et dire : aimé— je ? chanté-je? à qui parlé-je? On dit aussi par manièrf de souhait : puisse je ., etc. (Acad.)
Deuxième exception. Le sujet se met encore après le verbe , quand on rapporte les paroles de quelqu'un. Exemple : je me croirai heureux., disait un bon roi, quand je ferai le bonheur de mes sujets.
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Troisième eoc^ception. Après tel , ainsi. Exemples : tel étoit son avis^ ainsi mourut cet homme.
Quatrième exception, i^près les verbes unipersonnels. Exemples : // est arrii'é un grand malheur^ il j a des hommes^ etc.
Accord du Ferbe avec le sujet.
Quoiqu'un verbe qui se rapporte à deux sujets singuliers, doive se mettre au ])luriel, cependant le verbe reste au singulier, quand les deux sujets sont se'parés par la conjonction ou qui donne l'exclusion â l'un des deux. Exemple : la séduction ou la terreur Va en^ traîné dans le parti des rebelles. Racine a donc fait une faute en disant :
Roxane ou le sultan ne te tout pas ravie.
On met encore le verbe au singulier, malgré les pluriels qui pre'cèdent , lorsqu'il y a une expression qui réunit tous les substantifs en wn.^ comme, biens., dignités .^ honneurs^ tout disparoît à la mort.
Mettez au pluriel le verbe qui suit Vun et Vautre. Ainsi , dites : Vun et Vautre sont bons ^ Vun et Vautre font un très— mauvais usage du don de la parole.
Loisque les substantifs sont liés par ni répété, et (ju'il n'y a qu'un des deux sujets, qui puisse faire ou recevoir l'action exprimée par le verbe, le verbe et l'adjectif doivent se mettre
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au singulier Ex : ui Monsieur le Comle ^ ni Monsieur le Duc ne sera ambassadeur à Vienne,
Maïs si les deux siibstanfifs font ou reçoivent en même temps faciion, et qu'il ny ait point d'exclusion, alors hî verbe et radjeclirpremicnt le pluriel. Exemples :
...TSi cette erreur même où je la fais garder, JSi moa juste; courroux \\ont pu riulimidcr,
(R.VCINE.)
Dans ce cœtir malheureux son image est tracée, La vertu ni le temps ne Vont poiut efTacee.
( Voltaire. )
Ma maison ni mon lit ne sont point faits pour vous.
(BoiLEAU. )
Ni For ni la grandeur ne nous rendent heureux 5 etc.
Régime des P^erbes.
Le re'gime des verbes passifs s'exprime par les prépositions de ou par. Exemples : un enfant doux et docile est aimé de ses parents. J''ai été trompé |)ar lliomme que je regardois comme mon meilleur ami.
Les verbes passifs s'emploient souvent sans re'gime , comme : Home fut plusieurs fois saccagée.
Un nom peut être re'gi par deux verbes à la fois ^ pourvu que ces deux verbes ne veuillent pas un re'gime diife'rent. Exemple : 7ios troupes attaquèrent et prirent la vide. Mais on ne diroit point : nos troupes attaquèrent et
l4a GRAJIMAIRE FRANÇOISE
s'emparèrent de la i^ille , parce que le verbe attaquer ne peut régir de la ville.
Emploi des Temps et des Modes»
Le prétérit défini ne s'emploie qu'en parlant d'un lemps absolument écoulé, et dont il ne reste plus rien. Ainsi, ne dites pas : j'étudiai aujourd'hui , cette semaine , cette année , parce que le jour , la semaine , Tannée ne sont pas encore passés :, ne dites pas non plus : fétU" diai ce matin j il faut pour le prétérit défini^ qu'il y ait rinlervalle d'un jour 5 mais on dit bien : j'étudiai hier , la semaine dernière , Van passé , etc.
Le prétérit indéjîrd s'emploie indifféremment pour un temjis passé, soit qu'il en reste encore une partie à écouler, ou non ^ on dit bien : j'ai étudié ce malin ^ j'ai étudié hier .^ j'ai étudié cette semaine .^ j'ai étudié la semaine passée , etc.
On emploie le mode du subjonctifs
1°. Après une interrogation qui exprime le doute : pensez-vous qu'en formant la république des abeilles^ Dieu n'ait pas voulu //7^truire les rois à commander avec douceur ^ et les sujets à obéir avec amour ?
7?. Ai)rès une proposition négative qui exprime le doute :
Jlèlas \ on ne craint pas qu'il venge un Jour son père,
(RiClBE.)
DE C. C. LETELLIEPv. l4o
3°. Après les pronoms relalifs qui ^ que ^ lequel, dont et oh ^ lorsqu'ils sont pre'céue's d\iue proposilion qui interroge, on qui marque un (Jotite , un désir, une condition. Exemples : y at il quelqu'un qui ne sente... f // ri'jr a point de honnf action quil ne fasse ; choisis' sez une retraite où vous soyez tranquille. Ces pronoms veulent encore le subjonctifquaud ils sont pre'cédés d^m superlatif : le meilleur cortège qnun prince puisse Oi^oir ^ ccst le cœur de ses sujets.
4°. Après les verbes unipersonnels :
Cest peu qii''en un ourrage où les fautes fourmillent,
'13ps irails d'esprit scmds de temps en temps pétillent;
Il faîit tjue cLaque chose y soit mise en son lieu , etc.