‹ Grammaire générale des grammaires françaises, présentant la solution analytique, raisonnée et logique de toutes les questions grammaticales anciennes et modernesChapitre 112 sur 279 · DU NOMBRE DANS LES ADJECTIFS · texte numérisé non relu

DU NOMBRE DANS LES ADJECTIFS

Les adjectifs, prenant les deux nombres, doivent revêtir au pluriel une forme différente de celle qu'ils ont au singulier; or, cette forme, pour être dans l'analogie de la langue, est assujétie aux règles suivantes.

Règle générale. Tous les adjectifs, de quelque terminaison qu'ils soient, forment leur pluriel par la simple addition d'un s, soit à la forme masculine, soit à la forme féminine : Bon, bons; bonne, bonnes; poli, polis; polie, polies.

Cette règle est sans exception pour la terminaison féminine. Quant à la terminaison masculine, il y a deux exceptions principales à faire.

1° Les adjectifs dont la terminaison est en s ou en X ne changent pas de forme au pluriel; ils ressemblent en cela aux substantifs. Gras, gros, hideux, jaloux, servent également pour les deux nombres.

2" Les adjectifs terminés en au ou en al forment leur pluriel en changeant cette terminaison en aux. Cette exception leur est encore commune avec les substantifs. Beau, nouveau, général, égal, font au pluriel beaux, nouveaux, généraux, égaux.

Tous les noms de nombre, qu'on appelle cardinaux, n'ont point de singulier, non plus que y adjectif plusieurs. Il serait absurde qu'un nom, dont l'office est de marquer la p/ura/i«é, pût n'indiquer qu'im seul être; ainsi deux, dix, vingt, cent, etc., sont toujours au pluriel. Deu^ hommes, dix ans, vingt jours, etc.; un est ici excepté.

Les adjectifs possessifs mon, ton, son, font au pluriel, tant pour l'un que pour l'autre genre, mes, tes, ses . Notre, votre, font vôtres, nôtres, quand ils servent dans les phrases où un seul dirait miens, miennes, tiens, tiennes, comme ces livres sont les nôtres ; ceux-là sont les vôtres. Si un seul homme parlait de lui-même, il dirait : ces livres sont les miens; ceux-là sont les tiens, s'il ne parlait qu'à un seul ; mais dans les cas où ce seul intéressé di- I ait ce sont là mes livres; voici tes brochures ; plusieurs devraient dire : voici nos livres, voilâtes brochures, etc.; notre, votre, ont donc pour pluriel de l'un et de l'autre genre, nos, vos, quand ils sont joints à leurs substantifs.

Les adjectifs pronominaux ont aussi bien des caprices pour la formation de leur pluriel ; celut fait ceux, cet fait ces; mais ils sont détaillés au mot Pronoms. Crud, nud ou cru, nu, font leur pluriel crus, nus sans d; tout foit tous, exceptionnellement ; hébreu fait hébreux , les prêtres hébreux ; pénitentiel, qui n'est plus en usage, fait péniten-

iaiLX, les psaumes pénitentiaux ; univerae/ fait uni-

versels, selon la règle générale, quand i! est adjec' tif: quel siècle a vu des hommes universels? Mais pris substantivement en termes de philosophie, il fait universaux (1) : ^ thèse des universaux a fait dans les siècles passés un grand sujet de dispute dans les écoles.

Les adjectifs verbaux terminés en ant, ou même les slmiÀes adjectifs terminés par ent, prennent un s après le t, caressant, caressants, etc. Pour les participes d'où ces adjectifs sont tirés, ils ne prennent ni la terminaison plurielle, ni la terminaison féminine, quoiqu'on les emploie dans l'un et l'autre cas : ces deux femmes, craignant de le chagriner, font perdu dès sa jeunesse. {Voyet la règle des substantifs terminés par ant ou par ent).

Parmi les adjectifs de nombre cardinal, il y en a qui sont toujours terminés par un s ou un a;,comj me deux, trois, six, dix; les autres ne prennent j jamais le signe du pluriel, excepté vingt et cent, \ qui prennent uns lorsqu'ils sont multipliés par un autre nombre qui les précède, et qu'ils sont immédiatement suivis par leur substantif; ailleurs ils n'en prennent jamais. Ainsi l'on dit : quatrevingts ans, trois cents hommes, six-vingts chevaux, quatre cents livres, etc., quatre-vingt-deux pieds, trois cent cinquante livres. Mille, qui ne prend jamais s, si ce n'est quand il signifie certaines distances, comme on les mesure en Italie : un mille, deux milles, etc., devient nombre ordinal dans les dates, et s'écrit mil : l'an mil huit cent un. Millier et million prennent un s, quand ils sont multipliés par quelque autre nombre qui n'est pas U7i : un millier, un million; deux milliers, deux millions, etc. Monsieur, monseigneur, madame, font, au pluriel, messieurs, messeigneurs, mesdames.

Quantes n'a ni singulier ni masculin ; on ne s'en sert que dans cette seule phrase : toutes et quantes fois.

Revenons aux mots terminés au singulier par al.

Ses adjectiOt en AZ.

C'est ici que la langue aurait besoin d'une sage réforme ; car on a beau poser comme règle générale que le plus grand nombre de ces mots en al forment leur pluriel en aux, la difficulté n'en demeure pas moins grande ; et, pour le prouver, nous allons donner l'avis de tous les plus fameux Grammairiens ; c'est un véritable chaos que nous nous efforcerons de débrouiller, lorsque nous aurons fait passer tout ce qui a été écrit sur cette matière sous les yeux du lecteur.

Commençons par les Grammairiens les plus modernes.

a) Dicliomaire de l'Académie, édition J855.

Les adjectifs en al font leur pluriel masculin, les uns en aux, et c'est le plus grand nombre : égal, égaux; moral, moraux: original, originaux; trivial, triviaux, brutal, brutaux, etc.; deux poids égaux (Académie) ; des préceptes moraux (ibid.) ; des habitants brutaux (fiuiïon,); des détails triviaux (Académie); des juges impartiaux (La Harpe); et les autres par l'addition d'un s : fatal, fatals; final, finals; glacial, glacials; nasal, nasals ; naval, navals; théâtral, théàtrals. Des instants fatals (Saint- Lambert) ; des sons finals (Beauzée); des effets théàtrals (Gattel) ; des vents glacials.

Bénéficiai, canonial, diagonal, diamétral, expérimental, instrumental, médicinal, mental, patronal, virginal, vocal, zodiacal, ne s'emploient pas au pluriel masculin, par la raison qu'ils n'accompagnent que des substantifs féminins : ligne diagonale, phjfsique expérimentale, musique instrumentale. (MM. NoEL et Chapsal.)

Les adjectifs dont la terminaison masculine est al ou eau font leur pluriel masculin en aux. Egal tait égaux; électoral, électoraux; féal, féaux; général, généraux; impartial, impartiaux ; libéral, libéraux; triomphal, triomphaux; verbal, verbaux, etc. Beau fait beaux; jumeau,jumeaux; nouveau,nouveaux, etc., etc.

Les adjectifs suivanls austral, fatal, final, glacial, initial, lingual, natal, oral, théâtral, ne changent pas en aux leur terminaison en al. On sentqu'il serait extrêmement dur de dire austraux, fataux, filiaux, etc.; c'est pourquoi l'on dira et l'on écrira des pays australs, des instants fatals, des arguments finals, etc.

Il n'en est pas de même des adjectifs ci-après, auxquels les uns ont donné, les autres ont refusé l'inflexion plurielle. Ces adjectifs sont : amical, banal, boréal, canonial, claustral, clérical, colossal, conjectural, conjugal, cordial, curial, déloyal, diaconal, doctoral, dotal, ducal, équinoxial, filial, fiscal, frugal, idéal, jovial, littéral, martial, naval, pascal, pastoral, pectoral, trivial, vénal et vital. C'est à tort que plusieurs Grammairiens et quelques lexicographes les ont exceptés de la règle concernant les adjectifs dont la terminaison al au masculin se change en aux pour le pluriel. On dira donc, sans blesser l'oreille : des sentiments amicaux, des fours banaux, des signes boréaux, des domaines canoniaux, des usages claustraux, des biens cléricaux, des portiques colossaux, des raisonnements conjecturaux, des liens conjugaux, des remèdes cordiaux,des droits curiaux, des amis déloyaux, des ornements diaconaux, des bonnets doctoraux, des deniers dotaux, des habits ducaux, des vents équinoxiaux, des sentiments filiaux, des droits fiscaux, des repas frugaux, des êtres idéaux, des écrits joviaux, des commentaires littéraux, des hommes martiaux, des combats navaux, des cierges pascaux, des jeux pas-

GRAMMAIRE FRANÇAISE

toraux, des fruits pectoraux, des termes triviaux, des offices vénaux et des esprits vitaux.

(BomVILLIERS.)

Grand tumulte parmi les Grammairiens sur cette finale; l'Académie elle-même ne peut se faire entendre.

Buffon a dit : des habitants brutaux, des mouve-ments machinaux.

Jean-Jacques : des compliments triviaux; ceux qui ont été libéraux.

Regnard : des liens conjugaux.

L'Académie : des offices vénaux; des moyens légaux, tandis qu'elle rejette tous les mots précédents.

M. Chapsal, qui cite et adopte les exemples cidessus, se ghsse dans la mêlée, et, augmentant le désordre, il veut qu'on dise ; les sons nasals, les soins filials, les chevaux fatals. Letellier accourt, s'escrime à droite et à gauche, s'attaque aux habitants brutaux de Buffon, arrête ses mouvements machinaux, rit des compliments triviaux de Jean- Jacques, foule aux pieds les liens conjugaux de Regnard, étouffe les sons nasals de M. Chapsal, et, sans respect pour l'autorité qui tient notre langue en tutelle, proscrit ses offices vénaux.

Quel parti prendre dans une aussi grande affaire?— Celui de l'analogie, ou s'abstenir, lorsqu'on craint par trop de choquer l'oreille par un son tout à fait inusité. (Lemare.)

Domergue fait observer que c'est à tort que la plupart des Grammairiens donnent une liste é' adjectifs terminés en al, qui, disent-ils, ne peuvent s'employer au pluriel. Après avoir démontré la fausseté de cette assertion, il a conclu qu'ils peuvent s'employer au pluriel, et que c'est à l'oreille de décider s'ils doivent se terminer en als ou en aux, puisque ces deux analogies sont également grammaticales.

Depuis quelques années nous faisons des recherches dans les auteurs , pour voir quelle analogie ils ont généralement suivie ; nous avons recueilli un grand nombre de faits , dont voici à peu près le résultat.

Girault-Buvivier a donné une liste de vingtsix adjectifs sans pluriel mascuUn. Cependant ces adjectifs sont réduits à neuf par l'Académie, puisqu'elle ne se prononce formellement que sur les suivants : amical, colossal, frugal, glacial, idéal, jovial, labial, natal, austral. Parmi ces neuf, il y en a cinq qui ne peuvent être contestés, d'après l'autorité des auteurs; ce sont colossal, natal, glacial, labial et idéal. Il en reste donc quatre sur lesquels il y en a un (austral) qui ne s'emploie qu'avec pôle au singuher, parties ou terre (1).

(1) TNous avons plus haut cité un exemple de BoinvilUers qui veut qu'on dise des pays australs.

DE L'ADJECTIF

Enfin, pour les trois qui restent sans autorité, pourquoi ne suivrait-on pas la grande analogie, /exception n'étant point fondée en raison? INe craignons donc pas de dire : des sentiments amicaux, des repas frugaux, des discours joviaux, afin que le grand nombre d'adjectifs en al, auquel les Grammairiens refusent le masculin pluriel , se trouve réduit à zéro. Quant à ceux qui font als, en voici la liste : des vents glacials (Bailly); des instants fatals (Saint -Lambert); des cierges pascals (Trévoux); nous ne lisons pascaux que dans Boinvilliers ; des personnages théâtrals (La Harpe); des combats navals (Boursault). Les Grammairiens qui ont traité des sons, et qui ont modifié le substantif son par les adjectifs nasal, labial, lingual, oral, final, initial, médial, ont ajouté un s pour le pluriel de ces adjectifs. Cependant les meilleurs anatomistes ont écrit : des nerfs labiaux, nasaux, par analogie avec les nerfs cérébraux, rénaux, cruraux, etc. Enfin il n'y a pas un seul adjectif en al que les chirurgiens, comme termes de leur art, aient fait terminer par als. [Manuel des amateurs de la langue française.)

La plupart des adjectifs terminés en al n'ont pas de pluriel masculin. Ce sont : austral, boréal, canonial, conjugal, fatal, filial, final, frugal, jovial, pastoral, nasal, natal, total, nuptial, spécial et pectoral.

Remarque. Nous n'avons pas compris dans cette liste les adjectifs : pascal, naval, littéral, libéral et trivial, parce qu'on dit ; des cierges pascals, des combats navals, des commentaires littéraux, les arts libéraux, des détails triviaux, et non trivials,comme quelques Grammairiens le disent. Nous ne voyons pas pourquoi l'on ne pourrait pas également dire : rites nuptiaux, devoirs canoniaux, faits spéciaux. Nous ne doutons pas que la plupart de ces adjectifs ne s'emploient bientôt au pluriel, et sans réclamation. (Lévizac.)

Comme Girault-Duvivier arrive avec le plus lourd bagage, c'est lui que nous nous chargerons de commenter. Voici ses principes :

Les adjectifs terminés en a/ forment leur pluriel au masculin, en changeant cette terminaison en aux; ainsi l'on dira, avec l'Académie : des droits abbatiaux, des biens allodiaux, des verbes anomaux, des esprits arsenicaux, des fonts baptismaux, des nerfs brachiaux, des édits bursaux, des péchés capitaux, des points cardinaux, des lieux claustraux, des héritiers collatéraux, des officiers commensaux, des effets commerciaux, des remèdes cordiaux, des droits curiaux, des prix décennaux, des biens domaniaux, des deniers dotaux, des poids égaux, des ornements épiscopaux, des droits féodaux, des points fondamentaux, des principes généraux, des juges infernaux, des points lacrymaux, des sinus laté-

raux, des moyens légaux, des princes libéraux, des usages locaux, des peuples méridionaux, des préceptes moraux, des juges municipaux, des com^ks nationaux, des habits nuptiaux, des remèdes martiaux, des psaumes pénitentiaux, des nombres ordinaux, des peuples orientaux, occidentaux, des biens patrimoniaux, des ornements pontificaux, des juges p'ésidiaux, des cas prévotaux, des articles principaux, des verbes pronominaux, des jeux quinquennaux, des notaires royaux, des biens ruraux, des ornements sacerdotaux, des mots sacramentaux, des droits seigneuriaux, des pays septentrionaux, des vases sépulcraux, des pouvoirs spéciaux, des ressorts spiraux, des règlements synodaux, des trésoriers triennaux, des arcs triomphaux, des offices vénaux, des cercles verticaux, des esprits vitaux.

L'Académie ne s'est pas expliquée sur beaucoup d'autres adjectifs qui ont, au singulier, leur terminaison en al; cependant comme nous pensons avec Domergue que la plupart, pour ne pas dire tous, du moins si l'on en excepte ceux dont on ne fait usage qu'avec des substantifs féminins, peuvent s'employer au pluriel, alors c'est à l'analogie de décider s'ils doivent se terminer en als ou en aux, puisque ces deux terminaisons sont également grammaticales. Toutefois, pour la satisfaction de nos lecteurs, nous allons présenter des observations sur chacun de ces adjectifs.

Amical. Le pluriel de cet adjectif n'est indique nulle part ; mais puisque l'on dit un conseil amical, pourquoi ne serait-il pas permis d'exprimer cette idée au pluriel? Et pourquoi blâmerait-on celui qui dirait : j'ai des conseils amicals à vous donner'} — Nous dirons à Girault-Duvivier que puisqu'il faisait tant que de créer, il aurait peut-être du préférer amicaux à amicals; la terminaison aux éiant la plus générale. Amicaux se trouve dans Boiste.

Annal. Féraud et Trévoux disent des arrêts annaux. — Aucun autre auteur n'en donne d'exemple : nous pensons que leur intention, en écrivant ce pluriel en aux, a été d'empêcher qu'on ne confondît, du moins quant au son, ce pluriel mascuUn avec le mot annales, substantif et adjectif pluriel féminin.

Archiépiscopal. Le pluriel n'est pas indiqué ; mais puisque l'Académie dit épiscopaux, il n'est pas douteux qu'on peut dire archiépiscopaux. — L'Académie de 1853 n'a point réparé cette omission.

Austral. Féraud est d'avis qu'il ne faut dire ni australs ni austraux ; et il se fonde sur ce que l'on n'emploie cet adjecti/" qu'avec le mot féminin ferre, et avec le mot pôle : pôle austral ou méridional, qui ne saurait se dire au pluriel ; néanmoins dans le Dictionnaire de l'Académie (édition de 1798), et dans celui Be Laveaux , on trouve les signes aus-

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traux. — La dernière édition de l'Académie se tait sur l'emploi de ce mot au pluriel masculin ; nous sommes , nous , de l'avis de Boinvilliers que nous citons plus haut ; nous pensons qu'il serait extrêmement dur de dire ; austraux; australs est préférable.

Automnal. Le même Grammairien (Féraud) ne croit pas que l'on puisse dire : les trois mois automnaux, mais bien les trois mois d'automne. L'Académie et plusieurs lexicographes disent positivement que ce mot n'a point de pluriel masculin ; cependant, comme le fait observer M. Chapsal, n'est-ce pas être bien scrupuleux que de ne pas vouloir qu'on dise les trois mois automnaux ? Lorsqu'une expression est réclamée par la pensée, et qu'elle apour elle l'analogie et la raison, pourquoi ne pas l'employer? Le Dictionnaire de Laveaux met des fruits automnaux. — Nous n'oserions condamner absolument automnaux.

Banal. Trévoux et Laveaux (nous ajoutons : et l'Académie) disent des fours banaux : l'usage paraît avoir adopté cette expression.

Bénéficiai. Ce mot, ne s'employant qu'avec les substantifs féminins matière, "pratique, ne doit point être en usage au pluriel masculin. — Il est vrai que l'Académie se tait sur ce mot ; mais ne dirait-on pas bien : des produits bénéficiaux ?

Biennal. Puisque l'on dit, d'après l'Académie, des officiers triennaux, pourquoi ne pas dire des officiers biennaux, des emplois biennaux? — L'Académie en consacre aujourd'hui le principe.

Boréal. Cet adjectif ne s'employant qu'avec les mots féminins terre, régions, contrées, aurore, etc. ^ et avec le mot masculin pôle, et n'y ayant qu'un pôle boréal (côté du nord), on ne saurait lui donner un pluriel masculin. — On nous permettra d'admettre parfaitement les signes boréaux de Boinvilliers. L'Académie reste muette sur ce pluriel.

Brumal, ne s'employant qu'avec les mots féminins pla7ite et fête, ne peut pas non plus avoir de pluriel au masculin. — C'est peut-être trop restreindre la signification de ce mot; ne pourrait-on pas dire des arbres brumaux en parlant des arbres qui sont toujours verts? Il est vrai que l'Académie prétend que ce terme de brumal est peu usité.

Brutal. Bossuet a dit, dans son Discours sur l'Histoire universelle, page 480, des conquérants brutaux; Vaugelas, des esprits brutaux; Molière, dans les Femmes savantes : des sentiments brutaux; et Buffon , des habitants brutaux. — L'Académie fixe aujourd'hui l'emploi de ce mot au pluriel masculin , en écrivant des appétits brutaux.

Canonial, ne se disant qu'avec les mots féminins heure, maison, ne doit point avoir de pluriel au masculin. — Et le mot office ne saurait-il donc prendre cette épithète? Dans ce cas, nous croyons qu'on dit fort bien : offices canoniaux^ C'est du

reste l'opinion de MM. Noël et Chapsal et celle de Boinvilliers.

Cérémonial. Trévoux et Gattel emploient ce mot comme adjectif: préceptes cérémoniaux. — L'Académie n'en fait mention ni comme adjectif ni dans son emploi au pluriel; nous pensons que c'est un tort grave de sa part ; et nous nous rangeons à l'avis de Trévoux et de Gattel.

Collégial. L'Académie observe que ce mot n'est guère en usage qu'au féminin, et dans cette phrase : église collégiale; mais Féraud pense qu'on le dit aussi de ce qui sent le collège : poète collégial, production collégiale. Dans Gresset, on trouve un exemple de ce mot employé au pluriel masculin : des poètes collégiaux; et Trévoux parle de chapelains collégiaux, qui formaient les six collèges de la cathédrale de Rouen. — Ce pluriel masculin ne saurait, selon nous, rencontrer de contradicteurs.

Colossal. L'Académie, dans son Dictionnaire, n'emploie cet adjectif qu'avec les mots féminins figure, statue : aussi dit-elle que colossal n'a de pluriel qu'au féminin. Cependant on dit monument, édifice colossal, et même pouvoir colossal. D'après cela, qui empêcherait de faire usage de ces mots au pluriel masculin, et conséquemment de dire, avec M. Daunou : des monuments, des édifices colossals ou colossaux? — L'Académie fait usage aujourd'hui de ce mot tout aussi bien avec un masculin qu'avec un féminin ; mais elle continue en effet à dire qu'il n'est usité qu'au féminin , au pluriel. Nous ne sentons nullement le besoin de cette restriction. Mais faut-il dire colossals ou colossaux? Nous préférons, avec Boinvilliers, colossaux qui rentre dans la formation la plus générale.

Conjugal. Les Grammairiens et les lexicographes n'indiquent pas de pluriel à ce mot, mais il nous semble que l'on pourrait très-bien dire des liens, des devoirs conjugaux. — Nous avons déjà consacré ce pluriel en aux dans notre Dictionnaire ; celui de l'Académie n'en fait pas mention.

Crural. — L'Académie n'indique pas encore le pluriel masculin de cet adjectif; nous renvoyons à la citation raisonnée du Manuel des amateurs de la langue française.

Décemviral. On ne trouve nulle part décemviraux au pluriel ; mais si l'on avait besoin de ce terme , nous ne voyons pas pourquoi on ne l'emploierait pas. — On trouve dans l'Académie collège décemviral. Collèges décemviraux ne serait pas plus ridicule au pluriel, ce nous semble.

Décimal. Cet adjectif, n'étant en usage que dans ces phrases : fraction décimale, calcul décimal, paraîtrait ne devoir point avoir de pluriel au masculin ; cependant nombre d'écrivains ont dit : les calculs décimaux. — L'Académie ne se prononce point encore; mais décimaux est employé par tout le monde.

Déloyal. Voyez Loyal.

DE L'APJECTIF.

Diagonal. Cet adjectif, disent les lexicographes, n'étant employé qu'avec le mot ligne, ne saurait avoir de pluriel au masculin ; cependant, puisque l'on dit un plan horizontal, pourquoi ne dirait-on pas un plan diagonal, et dès lors des plans diagonaux?—^om adressons également cette question à rAcadëmle.

Diamétral. Cet adjectif, ne s'employant qu'avec le mol féminin ligne, n'a pas de pluriel au mascub'n. — Nous pensons, contre l'avis de Girault- Duvivier et de l'Académie , qu'on peut dire des points diamétraux. Nous avons cependant encore contre nous MM. Noël et Chapsal.

Doctrinal. Trévoux et Laveaux disent des jugements doctrinaux. — L'Académie le dit avec eux.

Électoral. Quoique les lexicographes n'indiquent pas le pluriel de cet adjectif, il est certain cependant que l'usage lui en désigne un, comme dans cette phrase : collèges électoraux. — Girault- Duvivier se trompe sans doute; car nous trouvons électoraux dans presque tous les dictionnaires.

Equilatéral. L'Académie et d'autres autorités disent des sinus latéraux; il nous semble que des triangles équilatéraux ne sonneraient pas plus mal. — C'est aussi notre opinion.

Équinoxial. L'Académie, Trévoux, Féraud, etc. , n'indiquent ni le pluriel masculin, ni le pluriel féminin de ce mol ; cependant les géographes et les astronomes appellent points équinoxiaux les deux points de la sphère où l'équateur et l'écliptique se coupent l'un l'autre ; et Gattel indique ce pluriel dans son Dictionnaire. — La dernière édition de l'Académie donne aujourd'hui l'exemple précité.

Expérimental, ne s'employant qu'avec les mots féminins p/ii/osopftie, phijsique, preuve, etc., n'a point de pluriel au masculin. — Parce qu'on ne trouve aucun exemple de cet adjectif employé au pluriel masculin , il n'en résulte pas qu'on ne saurait en faire usage. Nous devons avouer que ce mot ne semble pas avoir de pluriel masculin ; mais si l'on avait dans quelque circonstance besoin de s'en servir, il ne faudrait pas hésiter à dire expérimentaux.

Fatal. Saint-Lambert a dit :

Fuyez, volez, instants fatals à mes désirs ;

cependant Trévoux et Féraud ne veulent pas que ce mot ait un pluriel au masculin. — L'Académie lui donne maintenant ce pluriel , en avertissant toutefois qu'il est peu usité.

Féal. Ce vieux mot, dit l'Académie, qui signifie fidèle, était, il y a peu de temps, encore en usage dans les ordonnances royales : à nos amés et féaux conseillers. — Nous ferons observer, en passant, que l'Académie, dans la rédaction de ce mot, conserve toujours l'expression surannée de lettres roijaux. C'est du vieux langage.

Final. Féraud dit positivement que cet adjectif n'a point de pluriel au masculin ; cependant plusieurs Grammairiens, parmi lesquels il faut citer Beauzée et du Marsais, ont dit des sons finals. — L'Académie ne donne point ce pluriel , que nous admettons ; c'est une omission grave de sa part.

Fiscal. Le pluriel de cet adjectif n'est point indiqué ; cependant on dit des avocats, des procureurs fiscaux. — Il n'était point indiqué sans doute à l'époque où Girault-Duvivier faisait sa Grammaire; mais nous trouvons droits fiscaux, dans l'Académie.

Frugal. Féraud est d'avis qu'on ne dit point des hommes frugal» ni frugaux; mais il nous semble que des repas frugals ne serait point incorrect. — L'Académie n'adopte ni l'un ni l'autre de ces pluriel. Nous préférerions admettre frugaux avec Boinvilliers, afin de rentrer toujours le plus qu'il est possible dans la terminaison le plus universellement employée.

Glacial. L'Académie, Gattel, Féraud et d'autres lexicographes, sont d'avis que ce mot n'a point de pluriel au masculin. Cependant Bailly, l'astronome, a dit des vents glacials, et assurément l'oreille n'en est pas blessée. — Du moment quil y a un exemple, il faut l'accepter, d'autant plus qu'il est d'accord avec la raison.

Grammatical. Beauzce a dit des accidents grammaticaux, et M. Raynouard {Éléments de Grammaire de la langue romane), des rapports grammaticaux. — L'Académie elle-même dit : des principes grammaticaux.

Horizontal. Des plans horizontaux ne nous semble pas être une locution incorrecte. - C'est peut-être dur à l'oreille; mais nous aimons mieux horizontaux, que horizontals. L'Académie ne se prononce pas à cet égard.

Idéal. Féraud et Gattel pensent qu'on ne dit point des trésors idéaux, mais bien des tréwrs en idée. Buffona dit cependant des êtresidéaux, et on ne peut que l'approuver. — Idéaux est accepté depuis que Buffon s'en est servi. L'Académie cependant n'en tient aucun compte.

Illégal. Le pluriel n'est point indiqué; mSs, de même que l'on dit des moyens légaux, ne pourraiton pas dire des moyens illégaux? — L'Académie écrit positivement des actes illégaux.

Immoral. Cet ac/jecâ/" est trop nouveau pour que nous puissions citer des exemples de remj)loi de ce mot au masculin pluriel; mais il nous semble qu'on pourrait très-bien dire des principes imryw raux. — Nous sommes de l'avis de Girauh-Duvivier, quoique l'Académie n'en parle pas.

Impartial. Trévoux a dit des historiens impartiaux, et La Harpe {Cours de Littéraiure,ti)meyu\, page 66) : des juges impartiaux ; ce pluriel a même passé dans la conversation. — Il païaîtrait que l'Académie n'est pas encore de cette opinion. Ce-

pendant l'assertion de Girault-Duvivier doit être admise.

Impérial, inégal. Aucun Grammairien, si ce n'est Laveaux, n'indique de pluriel à ces deux adjectifs; mais s'exprimerait-on incorrectement si l'on disait des ornements impériaux, des mouvements inégaux? — Ces pluriels en aux sont consacrés par tout le monde et par l'Académie.

Initial. Les lexicographes ne donnent d'exemple de cet adjectif qu'avec un mot féminin ; cependant, puisqu'on dit des sons finals, l'analogie n'autorise-t-elle pas à dire, comme BeauzéeetduMarsais , des sons initiais ? — Nous sommes pour ce pluriel.

Labial, lingual. Comme on ne fait usage de ces adjectifs que dans offres labiales, consonnes, lettres labiales, linguales, l'un et l'autre ne sauraient avoir de pluriel au masculin. — Ne dirait-on pas bien: les h, les p sont labials?

Littéral. Féraud veut que cet adjectif n'ait pas depluriel au masculin ; cependantle Père Berruyer a dit des commentaires littéraux; Fabre et d'Olivet, ries caractères littéraux; et Trévoux cite le Père Lagny, qui a dit : des membres littéraux. — L'Académie ne fait aucune mention de ce pluriel. Nous acceptons l'opinion des autorités que nous venons de citer.

Lombrical. Wailly, Trévoux, Féraud, Boiste et Roland appellent muscles lombricaux les quatre muscles qui font mouvoir les doigts de la main. — Le mot lombrical n'étant pas dans le dictionnaire de l'Académie, même au singulier, nous ne saurions donner son avis sur le pluriel ; nous pensons qu'il faut dire lombricaux.

Loyal. On ne donne pas ordinairement de pluriel à cet adjectif; cependant, dans le style burlesque, ou bien encore dans le style de chancellerie, on dit : mes bons et loyaux sujets; et d'après l'Académie : les frais et loyaux coûts (terme de pratique) ; alors des procès loyaux trouveront peut-être grâce aux yeux de nos lecteurs. Par la même raison, il doit être permis de dire : mes déloyaux sujets, des procédés déloyaux. — Il n'y a jamais eu de doute sur ce pluriel.

Lustral. Ce mot, d'après l'Académie et Féraud, n'est d'usage qu'en celte phrase : eaw lustrale ;cependantles Romams appelaient jour /us^ra/lejour où les enfants nouveau-nés recevaient leur nom, et où se faisait la cérémonie de leur lustration ou purification ; alors pourquoi ne dirait-on pas des jours lustraux'} — Girault-Duvivier a raison de poser celte question ; et nous demanderons avec lui : pourquoi pas?

Machinal. Buffbn a dit : des mouvements machinaux. — L'Académie admet ce pluriel en disant seulement qu'il est peu usité.

Martial. Cet adjectif na point depluriel au masculin ; néanmoins on dit, en pharmacie, des remè-

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des martiaux, et Gattel parle de Jeux qu'on appelle jeux martiaux. — Tout le monde iui donne ce pluriel.

Matrimonial. L'Académie et Féraud étant d'avis que cet adjectif n est d'usage qu'avec les mots question, cause, convention, on pourrait croire d'après cela que matrimonial n'a pas de pluriel au masculin ; cependant, puisque l'on dit biens patrimoniaux, peut-être que biens matrimoniaux ne paraîtra pas incorrect. — L'Académie admet l'expression de droits matrimoniaux.

Médial. Beauzée et du Marsais, qui ont dit des sons finals, initiais, labials, ont dit également des sons médials. — Médial ne se trouve dans l'Académie, ni au singuher ni au pluriel; à Dieu ne plaise cependant que nous le repoussions !

Médical. Cet adjectif ne saurait avoir de masculin au pluriel, parce qu'on n'en fait usage qu'avec le substantif féminin matière. — Est-ce qu'on ne dit pas un ouvrage médical ? Pourquoi ne dirait-on pas des ouvrages médicaux ?

Médicinal. Les lexicographes sont d'avis que cet adjectif ne doit point avoir de masculin au pluriel, parce que, disent-ils, on n'en fait usage qu'avec les mots féminins herbe, plante, potion ; mais il nous semble que l'on ne s'exprimerait pas incorrectement si l'on disait un remède médicinal, et alors des remèdes médicinaux. — On peut faire ici la même observation que pour médical.

Mental. La même raison est applicable à cet adjectif, puisqu'on ne s'en sert qu'avec les mots féminins oraison, restriction, etc., etc. — Pourquoi ne dirait-on pas des efforts mentaux, puisqu'on dit un effort mental?

Nasal. Beauzée dit des sons nasals. — L'Académie ne se prononce point dans ce sens ; nous pensons cependant qu'elle doit être de l'avis de Beauzée ; mais elle dit des os nasaux, en terme d'anatomie : nous admettons volontiers les deux différences.

Natal. D'après l'Académie, Féraud et Gattel, on ne dit ni natals ninataux; toutefois Trévoux parle de jeux nataux, que l'on célébrait tous les ans au jour natal des grands hommes; et, d'après la même autorité, on nomme les quatre grandes fêtes de l'année (Noël, Pâques, la Pentecôte et la Toussaint) les quatre nataux. Autrefois, pour jouir du droit de bourgeoisie dans une ville, il fallait yavoir une maison et s'y trouver aux quatre nataux, ce dont on prenait attestation. — Pourquoi ne diraiton pas nataux?

Naval. La plupart des lexicographes et l'Académie elle-même sont d'avis que ce mot n'a point de pluriel au mascuUn ; mais les rédacteurs du Dictionnaire de Trévoux sont assez disposés à lui en donner un ; ils sont seulement incertains s'ils diront navals ou navaux; cependant ils aimeraient j mieux encore que l'on dît des combats sur mer. l.a

DE L'ADJECTIF

veaux ne voit pas pourquoi on ne dirait pas des combats navals, puisqu'on dit un combat naval. — Boiuvilliers voudrait des combats navaux.

Numéral. Beauzée et le plus grand nombredes Grammairiens disent des adjectifs numéraux. — Nous ajoutons : et l'Académie également.

Ch'icjinal. Le pluriel masculin de cet adjectif n'est point indiqué ; mais nous croyons que titres originaux, esprits originaux, sont des expressions très-correctes. Condillac a dit des écrivains originaux. — Originaux est admis dans tous les dictionnaires.

Paradoxal. Si l'on dit esprit paradoxal, qui empêche de dire au pluriel esprits paradoxaux ? — Nous n'y ?ovons nul obstacle. L'Académie est muette à ce sujet.

Paroissial. Cet adjectif, ne se disant qu'avec les mots féKinins messe paroissiale, église paroissiale, ne saurait avoir de pluriel au masculin. — Nous croyons qu'on dirait bien, offices paroissiaux.

Partial. Si Trévoux et La Harpe ont dit avec raison des historiens impartiaux, ne pourrait-on pas dire des historiens partiaux'^ Dacier, Plutarque (Vie d'Aratus)^ Bernardin de Saint-Pierre [Études de la nature, étude l^e), Sicard {Histoire de Char les- Quint), ont fait usage de ce pluriel. — Us ont eu raison, quoique l'Académie dise expressément que le pluriel partiaux est inusité. On dit cependant des juges impartiaux ; il est vrai que l'Académie ne mentionne pas non plus ce pluriel.

Pascal. Ce mot , dit Féraud , n'a pas ordinairement de pluriel au masculin ; cependant Trévoux, Gattel, M. Boniface et Laveaux, sont d'avis qu'on peut très-bien dire des cierges pascals. — Nous croyons que Boinvilliers a tort de soutenir pascaux. L'Académie dit pascaux, inusité.

Pastoral. Le pluriel de ce mot n'est indiqué dans aucun dictionnaire ; mais il nous semble que des chants pastoraux peut bien se dire. — L'Académie condamne positivement ce pluriel , sans motiver en aucune manière cette sentence de mort; nous pensons qu'on peut hardiment en appeler avec Girault-Duvivier.

Patriarcal. Trévoux dit des juges patriarcaux. — Nous le dirions volontiers comme lui.

Patronal ne se dit qu'avec un mot féminin : fête patronale; et dès lors il ne saurait avoir de pluriel au masculin. — Pourquoi ne dirait-on pas des jeux patronaux?

Pectoral. Muscles pectoraux est indiqué par Laveaux, et remèdes pectoraux ne nous paraît pas incorrect. — Pectoraux es\ accepté par l'Académie.

Primordial s'emploie dans cette phrase : titre primordial, qui est le titre premier, original. Cependant s'il y avait plusieurstitresde celte nature, ne pourrait-on pas employer cet adjectif au plui iel, et dire avec Laveaux : des titres primordiaux?

—Nous n'hésiterons pas à le dire, quoique T Académie ne s'en explique pas.

Proverbial. Les dictionnaires et les écrivains n'employant cet adjectif qu'avec les mots féminins conversation, bcution, façon de parler, il ne devrait pas avoir de pluriel au masculin ; mais il nous semble que l'on pourrait fort bien dire un mot, un diclum proverbial, et dès lors des mots, des dictums proverbiaux. — C'est notre avis; seulement nous ne voulons pas qu'on écrive des dictums, mais des dictons proverbiaux.

Provincial. Trévoux sl ait des juges provinciaux. — Et l'Académie en disant : des états provinciaux, vient corroborer ce pluriel en aux.

Pyramidal. Cet adjectif, ne s' employant communément qu'avec les mots féminins /orme, figure, ne devrait donc point avoir de pluriel au masculin ; cependant, en termes d'anatomie, on dit des muscles pyramidaux, des mamelons pyramidaux; et Gattel est d'avis qu'on peut très-bien dire des nombres pyramidaux. — C'est l'opinion de l'Académie.

Quatriennal. L'Académie étant d'avis qu'on peut dire des officiers triennaux, ne paraît-elle pas autoriser à dire aussi des officiers quatriennaux? — Elle n'hésite pas, et c'est avec raison, à donner ce pluriel.

Radical. Trévoux et Wailly ont dit des nombres radicaux. — Ce pluriel est généralement admis.

Social, total. Ces adjectifs ne s'employant, disent les lexicographes, qu'avec des mots féminins : qualité sociale, vertu sociale, somme totale, ruine totale, n'ont donc pas de pluriel mascuUn ; cependant on dit très-bien un rapport social; d'après cela, des rapports sociaux est très-correct. — So~ ciaux se ht dans l'Académie ; mais nous n'y trouvons totaux que comme substantif. On ne peut douter que ce dernier ne puisse être terminé ainsi à l'adjectif pluriel masculin.

Théâtral. L'Académie, Trévoux et Féraud ne donnent d'exemple de cet adjectif qu'avec des mots féminins. Gattel et M. Boniface sont cependant d'avis que l'on peut dire au pluriel théâtrals; et La Harpe , écrivain correct , en a fait usage. — Il faut se rendre à l'avis de semblables autorités.

Transversal. L'Académie est d'avis que cet adjectif ne se dit guère que dans cette phrase : ligne transversale, section transversale ; néanmoins Buffon a dit des muscles transversaux. — Acceptons transversaux.

Trivial. Jean-Jacques Rousseau et l'abbé Desfontaines ont dit des compliments triviaux. Féraud fait observer cependant que cet adjectif n'a point de pluriel au masculin ; mais l'Académie, dans son Dictionnaire de 1798, et Laveaux, disent posi-^ tivemeut qu'on peut très-bien dire des détails triviaux. — L'Académie l'affirme de nouveau dans sa dernière édition ; mais elle ajoute, peut-être

GRAMMAIRE FRAJNÇAISE.

à tort, que ce pluriel masculin est peu usité.

Verbal. Beauzée et plusieurs autres Grammairiens ont dit des adjectifs verbaux. — Ce pluriel est d'un usage universel.

Virginal, zodiacal. Ces adjectifs, selon les lexicographes, ne s'employant qu'avec des mots féminins, ne peuvent pas avoir de masculin au pluriel : pudeur, modestie virginale; lumière zodiacale; des étoiles zodiacales; mais ne dit-on pas un teint, un air virginal; et alors des teints, des airs virginals? — Bien certainement nous n'avons entendu dire ni vu nulle part virginaux, admettons doiic virginals. L'Académie ne parle point de ce pluriel.

Vocal. Cet adjectif n'étant f suivant l'Académie, en usage qu'avec les mots prière, oraison, musique, ne saurait avoir de pluriel au masculin. — L'Académie est revenue de cette opinion : du moment qu'elle dit organe vocal, au singulier, rien n'empêche qu'on ne dise des organes vocaux, au pluriel.

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