‹ Grammaire générale des grammaires françaises, présentant la solution analytique, raisonnée et logique de toutes les questions grammaticales anciennes et modernesChapitre 119 sur 279 · DU NOMBRE ET DES PERSONNES · texte numérisé non relu

DU NOMBRE ET DES PERSONNES

Divers accidents modifient la signification et la forme des verbes, et il y en a do deux sortes. Les uns sont communs aux verbes et à d'autres espèces de mots déclinables ; tels sont les nombres et les personnes, qui varient selon la différence des mêmes accidents dans le nom ou le pronom, qui exprime le sujet déterminé auquel on applique le verbe.

On dislingue donc, dans un verbe, les nombres, c'est-à-dire le singulier, quand une seule personne fait l'action, comme : cet enfant lit, et le pluriel, quand plusieurs personnes font l'action, comme : ces enfants lisent.

Il y a quelque différence dans la signification du mot personne, selon qu'il est appliqué au sujet du verbe ou au même verbe. La personne, dans le sujet, c'est sa relation à l'acte de la parole; dans le verbe, c'est une terminaison qui indique la relation du sujet à l'acte de la parole, et qui sert à mettre le verbe en concordance avec le sujet considéré sous cet aspect. En parlant du sujet, il faut dire qu'il est de telle personne ; et en parlant du verbe, qu'il est à telle personne ; de même qu'il faut dire qu'un nom est de tel genre, et qu'un adjectif est à tel genre.

On dit qu'un verbe est à la première pei-sonne, quand c'est l'individu qui parle qui fait l'action, comme : je chante, nous chantons ; il est à luseconde personne, quand c'est la personne à qui l'on parle qui fait l'action, comme : tu citantes, vous chantez; enfin, il est à la troisième personne, quand c'est celle de qui l'on parle qui fait laciion, comme : il chante, elle chante; ils chantent, elles chantent.

En français, quoiqu'on ne parle qu'à une seule personne, la politesse veut qu'ordinairement on se serve de la seconde personne du pluriel, au lieu de celle du singulier ; on dit : monsieur, vous écri' vez fort bien, et non pas tu écris fort bien.

Dans les verées passifs et dans les verbesneulres, dont nous parlerons bientôt, quand on dit par politesse i'ou«, au lieu de tu, le verbe ne prend point s au pluriel; on ne dit point : madame, vous êtes aimées, mais vous êtes aimée, quoique vous et êies soient au pluriel. Voyez quelques lignes plus bas notre opinion sur ce pluriel.

Dans les requêtes, les placets, les exposés, on se sert de la troisième personne au lieu de la seconde. Un domestique peut dire aussi à son n»aître : monsieur, vous êtes servi ; mais, dans les maisons montées sur nn haut ton, le domestique dira : monsieur est servi. (Giradlt-Duvivier.) Nous ferons ici une remartjue essentielle, et qui

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ne manquera pas de paraître à quelques-uns une étrange nouveauté, quoiqu'elle soit des plus raisonnables. On doit bien se garder de considérer dans l'analyse vous, employé pour fu, comme étant toujours un pluriel employé pour un singulier; ce serait une grossière erreur. Vous, employé pour tu, ne saurait être expliqué dans l'analyse autrement que comméfingulier; il en est de même du verbe qui accompagne ces sortes de pronoms ; ce sont des singuliers employés sous la forme plurielle.

Il y a d'autres accidents qui sont propres aux verbes, et dont aucune autre espèce de mot n'est susceptible ; ce sont les temps et les modes.

pour exprimer une action passée, ou une action présente, ou une action future; c'est-à-dire que chaque verbe a trois temps principaux, le passé, le présent et le futur. Tel est l'ordre qu'on devrait tout naturellement suivre. Nous allons nous y conformer pour l'explication de chacun des temps; mais, pour ne point embarrasser les esprits , nous ne changerons rien à la marche suivie par la généralité des Grammairiens, dans nos tableaux de conjugaisons.

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