MODE INDICATIF OU AFFIRMATIF
Puisque les huit formes dont nous nous sommes occupés jusqu'à présent expriment toutes une affirtnation positive dans toutes leurs inflexions, toutes ces formes appartiennent donc à un même mode, qu'on pourrait nommer mode affirmatif, afin d'indiquer par son nom le point de vue de l'esprit qui est commun à toutes les formes de ce mode; on l'appelle néanmoins le plus souvent indicatif.
Nous verrons dans la suite que ce sont les formes de ce mode qui, avec celles du mode conditionnel dont nous allons parler, sont seules propres à exprimer un jugement.
MODE CONDITIONNEZ..
Si je dis : je labourerais si mes bœufs étaient en état, ou bien : j'aurais labouré, ou j'eusse labouré s'il n'avait pas plu, j'affirme aussi que je suis, ou que je serais, ouque j'eusse été dans la disposition de labourer; mais cette affirmation n'est point ici positive, absolue, indépendante, comme elle l'est dans les formes de Vaffirmatif, puisqu'ici elle dépend d'une condition ou d'une supposition : simes bœufs étaient en état ; s'il n'avait pas plu.
L'action ou la situation exprimée par le verbe est donc envisagée ici sous un point de vue différent par notre entendement; ce n'est plus une affirmation absolue, indépendante; ce n'est qu'une
affirmation conditionnelle, dépendante d'une supposition. Toutes les formes qui annoncent cette vue de l'esprit forment donc un nouveau morfe que nous appellerons conditionnel; et nous allons analyser les différentes formes de ce mode.
Elles sont en petit nombre, et il nous semble que cela doit être ainsi ; car, quand on affirme positivement qu'une chose a été, ou qu'elle est, ou qu'elle sera, on peut avoir besoin de distinguer avec une certaine précision des époques plus ou moins éloignées; et c'est pour cela que l'affirmatif est celui de tous les modes qui a le plus de formes différentes; mais lorsque l'affirmation est conditionnelle, on n'a pas besoin de distinguer autant d'époques.
Ainsi lorsqu'on dit : j'aurais eu labouré avant telle époque^ ou à telle époque, si le temps avait ou eût continué d'être beau, il est évident qu'on exprime une action dépendante d'une condition, de la continuation du beau temps, ce qui est essentiel à toutes les formes du conditionnel; et que, de plus, relativement aux époques, cette action aurait déjà été terminée plus ou moins long-temps avant une autre action passée, lorsqu'on dit : avant telle époque ; ce qui constitue un plus- que-parfait, ou que du moins elle aurait été justement terminée à une époque passée, lorsqu'on dit ; à telle époque ; ce qui constitue un prétérit antérieur; et, comme cette forme est absolument la même dans les deux cas, et qu'elle n'exprime une action plus ou moins reculée dans le passé qu'à cause de certains mots accessoires, il serait naturel de l'appeler prétérit antérieur ou plus-que-parfait du conditionnel.
Nous ne parlons pas de la forme j'eusse eu labouré, qui n'exprime rien de plus que la précédente j'aurais eu labouré.
Quand on dit : j'aurais labouré s'il n'avait pas plu, ou j'eusse labouré s'il n'avait pas plu, on exprime un rapport de simultanéité entre l'action exprimée par le verbe et une époque déjà passée ; c'est donc un prétérit ou passé ; et, puisque d'ailleurs l'action dont on parle a dépendu d'une condition, c'est le prétérit Au^ conditionnel. S'il y a une différence dans les deuxformes de l'auxiliaire, il semble quej 'aurais /ajouré indique l'époque pendant laquelle on aurait labouré, et que j'eitsse labouré indique celle où cela eût été terminé. Nous confondrons néanmoins ces deux nuances sous le nom commun de prétérit ou pq^sé du conditionnel. Qeprétérit,iLU reste, s'apphqueà toutes les époques passées, puisqu'on peut dire également '.j'aurais ou j' eusse labouré ce matin, j'aurais ou j'eusse labouré hier, j'aurais ou j'eusse labouré il tj avingt ans, si, etc. Dans tous ces cas, on ne parle que d'une action qu'on aurait entreprise à telle ou telle époque, si cette condition avait eu lieu. Si l'on veut présenter cette action comme finie à une époque déterminée, ou avant une époque fixe, il faut em-
DU VERBE
ployer le plus-que-parfait : j'aurais ou j eusse eu labouré ily a trois mois, si, etc.
Examinons maintenant la forme: je labourerais, si mes bœufs étaient en état. Il est évident qu'elle appartient au conditionnel, puisque l'action qu'elle exprime est subordonnée à une condition, et il est facile de voir qu'elle exprime un rapport de simultanéité au présent ou au futur, selon les circonstances. Car on dirait également :je labourerais dès à présent, si mes bœufs étaient en état; et voilà un rapport de simultanéité à l'époque actuelle, un vrai présent, et alors étaient indique une époque présente, quoique sous la forme de l'imparfait; on pourrait dire aussi : je labourerais demain, ou la semaine prochaine, ou, etc., si mes bœufs étaient en état; et voilà un rapport de simultanéité à une époque future, et le verbe étaient exprime alors aussi un futur sous la forme de l'imparfait. Et puisque la forme je labourerais est absolument la même dans les deux cas, et qu'elle se prête également à ces deux sens, il faut l'appeler présent et futur du conditionnel.
L'affirmation conditionnelle est donc le caractère disiinctif de toutes les formes du conditionnel. Nous jugeons inutile de faire observer que la condition n'est pas toujours explicitement énoncée; mais elle est sous-entendue. Dans ces vers de La Fontaine, par exemple :
. , . . On ne croirait jamais Que ce fût la même personne ;
la condition sous-entendue est : si l'on s'en tenait aux apparences. Dans cette autre phrase : on pourrait dire, etc., aucune condition n'est énoncée ; il y en a néanmoins une qui est tacitement supposée ; on pourrait dire, etc. , si l'on voulait entrer dans les détails , ou si l'on voulait se défendre, ou s'il était permis de s'expliquer, ou , etc. , selon les circonstances.
Les formes propres au mode conditionnel sont donc en commençant par l'époque la plus éloignée : le plus-que-parfait ou prétérit antérieur, le prétérit, et le présent et futur, outre une forme jugée inutile. De plus, le prétérit a deux formes qui dépendent de son auxiliaire.
Remarque. Dans la phrase : je pars demain, si mes affaires sont terminées, il y a une condition de laquelle dépend mon départ ; néanmoins je pars est une forme de l'indicatif qui exprime ici un futur, à cause des circonstances, et cette phras" équivaut à celle-ci : jepartirai demain, à condition que mes affaires seront terminées, ou pourvu que mes affaires soient terminées.
STT MODE IMPÉRATIF.
Quelquefois on n'affirme ni positivement, ni moyennant une condition ; mais on ordonne, ou
l'on prie de faire l'action, ou de se mettre dans la situation exprimée par un verbe; ce nouveau point de vue sous lequel notre esprit envisage la chose constitue le mode impéraù/", ainsi nomméd'unmot latin signiBant qui commande. Le commandement ou la demande absolue est donc le point de vue, ou l'accessoire distinciif qui caractérise les formes de l'impératif. Il en a peu, parce que Its formes du commandement ne peuvent guère être variées.
Cependant, ou l'on commande que la chose se fasse dès l'instant même de l'ordre reçu, comme : laboure, qu'il laboure, labourons, labourez, qu'ils labourent, et cette forme a rapport à l'époque actuelle, c'est donc un présent; ou bien elle exprime une chose qui doit toujours avoir lieu dans tous les instants de notre existence, et c'est encore un présent : soi/ons toujours justes ; tenons-nous sur nos gardes.
Ou l'on indique une époque avant laquelle o» demande que la chose soit faite : aie labouré tel champ avant mon retour; et cette forme exprime un rapport à une époque postérieure ; c'est donc un futur. La même forme exprime bien aussi un passé relativement à cette époque future que l'on indique ; car je demande que tel champ soit labouré avant mon retour, et l'on pourrait, par ce motif, l'appeler futur passé ou futur composé; mais comme l'impératif n'a pas d'autre forme, nous l'appellerons simplement futur de l'impératif.
Aucune des formes de l'impératif n'a de première personne au singulier, parce qu'ordinairement on ne se commande pas à soi-même ; on fait ce que l'on a en vue sans se le commander : ou bien si l'on commande à soi-même, comme quand on se dit : prends courage, mon ami, on se sert de la seconde personne, parce qu'alors on se décompose, en quelque sorte, en deux personnes, dont l'une cqmmande et l'autre doit obéir.
Les troisièmes personnes des deux formes de l'impératif sont précédées de la conjonction que, parce qu'elles sont empruntées du subjonctif, dont nous allons nous occuper, et qu'on les suppose toujours précédées des mots je veux om j'ordonne, ou autres semblables : je veux qu'il laboure ; j' ordonne qu'ils déguerpissent à l'instant. Le commandement ne peut guère se transmettre à la troisième personne que par l'intermédiaire d'un tiers qui le reçoit directement pour le transmettre : dites-lui qu'il m'apporte mes livres; dites-lui est à l'impératif exprimant un commandement transmis directement et immédiatement, soit de vive voix, soit parécrit, à la personne à qui l'on s'adresse ; qu'ij m'apporte est indifféremment à l'impératif ou au subjonctif. Cette forme dépend toujours d'un ver^e précédent, exprimé ou sous-entendu, comme toutes celles du subjonctif. Il en est de même de : qu'il laboure, qu'Hait labouré, qu'ils aient labouré;
et voilà pourquoi les troisièmes personnes des deux formes de V impératif, tant au singulier qu'au p/urielf sont toujours précédées de la conjonction que.
MODE SUBJONCTIF
GRAMMAIRE FRANÇAISE
seraient des prétérits; mais en même temps elles expriment une action qui était future au moment où l'on désirait, où l'on soukuiiait. Ce ne sont donc pas des pasaés purs : ce sont des passés nuancés par l'idée accessoire d'une époque difiérente ; ce sont donc encore des imparfaits.
Quelquefois l'action ou la situation exprimée par un verbe dépend d'un verôe antérieur, énoncé ou sous-entendu, exprimant ou le désir, ou la crainte, ou le doute, ou quelque autre affection de l'ame, comme : je doute qu'il laboure; je craignais qu'il ne labourât pas à temps ; je désirais qu'il eût labouré avant telle époque, etc. Toutes les formes qui expriment cette vue particulière de l'esprit appartiennent à un autre mode appelé subjonctif, formé du mot latin subjungere, qui signifie '.joindre avec une sorte de dépendance. On l'appelle aussi optatif, fait du mot latin opiare, qui signifie désirer, parce que les formes de ce mode expriment souvent le désir que l'on a qu'une chose se fasse, ou qu'elle se fît, ou, etc. Examinons les différentes formes de ce mode.
Présent et Futur.
Sijedis:jerfoM/e, ou je désire qu'il laboure dans ee moment; je doute, ou je désire qu'il laboure la semaine prochaine; la forme qu'il laboure, qui est la même dans les deux cas, exprime un présent dans la première proposition, et un futur dans la seconde. De même à ces deux questions : labouret-il? labour era-t-il? dont la première appartient au présent, et la seconde à l'avenir, on peut résoudre également : je doute, ou je ne crois pas qu'il laboure. Gonséquemment cette forme est tout à la fois un présent et un futur; nous l'appellerons donc présent et futur du subjonctif.
Imparfait.
On peut dire également : on avait douté, on a douté, on douta, on doutait que je labourasse, etc. Dans tous ces cas, l'action exprimée par la forme que je labourasse est passée au moment où l'on parle, mais elieparaitétresimultanéeavecrinstant du doute. Gette forme exprime donc tout à la fois un passé et un présent, sous deux points de vue différents, et en même temps la dépendance qui caractérise toutes les formes du subjonctif. IVous devons donc l'appeler imparfait du subjonctif, par les mêmes raisons qui nous ontconduiis à nommer l'imparfait de l'indicatif.
Dans ces phrases ; on désirait que je labourasse; on souhaitait que j'apprisse la Grammaire, et d'autres semblables; les formes que je labourasse, que j'appriise, se rapportent à une époque passée au moment où l'on parle; et, sous ce point de vue, ce
Prétérit.
// a fallu que j'aie labouré exprime évidemment une action passée; nul doute à cet égard ; mais : il ne viendra pas chez moi qu'il n'ait /«^ouré, paraît exprimer une action future à cause du futur :ilnc viendra pas, d'où dépend la forme du subjonctif qu'il n'ait labouré; et si l'on fait attention que, même dans cette dernière phrase, qu'il n'ait labouré exprime une action qui sera passée à l'époque où il pourra venir, à l'époque de l'action exprimée par le verbe précédent, on ne sera pas étonné que nous donnions à celte forme le nom de pre'té' rit du subjonctif. Ainsi le prétérit du subjonctif exprime ou une action déjà passée au moment où l'on parle, ou une action future dans ce moment, mais qu'on se représente comme déjà passée au moment où aura lieu celle qui est énoncée par le premier verbe.
Plus-que-parfait.
On aidait craint que j'eusse labouré trop tôt est évide^nment un plus-que-parfait; on désirerait que j'eusse labouré avant telle époque exprime un futur relativement à l'époque où je parle , mais un plus-que-parfait aussi, par rapport a l'époque dont il s'agit; c'est pour cela que nous nommerons cette forme plus-que-parfait du subjonctif.
Il y a encore la iovme: que j' eusse eu labouré, qui marque plus pai ticulièremeut !e temps où le labour eût été fini; mais elle n'est pas bien nécessaire.
aODE INFINITIF.
Ghaque verbe, excepté le modificatif commun être, exprime l'existence réelle ou intellectuelle d'un sujet avec une modification déterminée. Si, par abstraction, par une vue particulière de l'esprit, on envisage comme un être déterminé celte existence d'un sujet quelconque sous une relation à telle modification, le verbe est au mode appelé infinitif. 11 exprime alors une action ou un état sans aucune idée accessoire, c'est-à-dire sans aucun rapport ni aux temps, ni aux nombres, ni aux personnes. Labourer, souffrir, rendre, signifient simplement : être labourant, être souffrant, être rendant, ou exister avec la modification de labourer, de souffrir, de rendre, sans expr imer si c'est moi ou un autre, un seul ou plusieurs, à présent, ou dans le temps passé ou futur. Le mot infinitif
n'exprime pas les propriétés de ce mode, mais il est consacré par l'usage.
Apprendre à se connaître est le premier des soins Qu'impose à tout mortel la majesté suprême.
(La Fontaine, livre xii, Fable 52.) m Participes.
Chaque «er6e a, dans notre langue, deux participes de même nature que le verbe auquel ils appartiennent, et qui expriment comme lui la combinaison de l'existence ou réelle ou intellectuelle, avec une modification déterminée; labourant signifie la même chose que existant en produisant l'acte de labourer; labouré signifie existant avec l'attribut de ce qu'on laboure. Les participes expriment donc l'espèce individuelle d'attribution ou de modification de chaque verbe conjointement avec l'existence, et ils renferment les éléments de toutes les formes simples ou composées des verbes; ils pourraient donc constituer un sixième mode que nous nommerions attributif, d'après l'idée que nous venons d'en donner. Voyons quelles en sont les formes.
Ce mode a , dans notre langue , deux formes impersonnelles; l'une, terminée en ant, exprime toujours simultanéité avec l'époque quelconque dont on parle ( il avait été labourant, il eut été labourant, il est, fut labourant, il sera labourant , il aura été labourant, etc.; ou il avait labouré, il eut labouré, il laboura, il laboure, il labourera, il aura labouré ). La première forme peut seule servir à décomposer les formes des verbes, et exprime particulièrement et proprement l'énergie renfermée dans le sujet au moment même où il produit l'action, ou dans celui où il éprouve une situation : aimant, c'est-à-dire faisant ou produisant, au moment même dont il s'agit, l'action d'aimer; languissant, c'est-à-dire étant, au moment même, dans un état de Idhgueur.
Participe actif ou présent.
Le double caractère de ce participe nous autorise à le nommer participe actif, à cause de l'énergie ou«de l'activité qu'il indique dans le sujet, et participe présent, à cause de la simultanéité qu'il exprime toujours.
Participe passif on passé.
L'autre forme du mode aitributi fayantàes terminaisons variées dans lesdifférentsverèes, concourt, par sa combinaison avec les formes du verbe awir, à la composition des formes composées des verbes, et, avec celles du verbe être, à la formalion des passi/is; elle conserve , dans toutes ces combinaisons, un rapport d'antériorité à l'époque quelconque dont on parle; et elle a pour carac-
DU VERBE. 3i5
tère particulier et distinclif d'exprimer, non pas, comme le participe précédent, l'énergie du sujet qui produit l'action , mais le produit de l'action ou de la situation exprimée par le verbe auquel il appartient ; il avait été labouré , il eut été labouré, il fut labouré, etc. Il est évident qu'ici ce n'est pas le sujet qui produit ou qui exerce l'action de labourer; c'est, au contraire, lui qui la souffre, ou sur qui elle a été exercée; c'est pour cela qu'on appelle cette forme participe passif. De plus, dans tous ces cas, le labour est antérieur aux différentes époques exprimées par il avait été, il eût été, il fut, etc.; le labour est exécuté, terminé ; et c'est pour ce dernier motif qu'on l'appelle aussi participe passé.
Participe futur.
Le participe futur ne saurait être considéré absolument comme une forme; c'est plutôt une locution qui n'exprime le futur qu'avec le secours du verbe deioir,qui devient véritablement verbe auxiliaire. -
Quelquefois encore on n'affirme ni positivement, ni moyennant une condition. On ne commande pas; on n'exprime pas le doute ou le désir, relativement à l'action ou à la situation rendue par un verbe. On est dans l'ignorance ou dans l'incertitude à cet égard , et l'on questionne pour savoir ce qui en est. Cette circonstance forme un nouveau mode que l'on devrait naturellement appeler mode interrogaiif. Il a les mêmes formes que Vindicatif et que le conditionnel, avec cette seule différence que, dans le v^de inienogalif, les pronoms personnels se placent après le verbe, au lieu de se mettredevant, comme dans les autres modes ; avais-je labouré? eus-tu labouré? a-t-il labouré? labourâmes -nous? labotiriez-voiis? labourentils? etc.
Cette transposition des pronoms personnels a aussi lieu quand on s'énonce hypothéiiquement, quoiqu'on n'interroge pas. On dit, par exemple : eussé-je labouré mon champ plus tôt que vous, je n'en serais pas plus avancé, c'est-à-dire, lois même que j'aurais labouré, etc.; ou dans l'hypothèse même que j'eusse, ou que j'aurais labouré, etc. Dûton me persécu ter et me blâmer, je ferai toujours mon devoir, c'est-à-dire, dans la supposition même qu'on dût me blâmer, etc. Enfin le sujet se place aussi après le verbe, lorsqu' on exprime un vœ», un souhait par exclamation.
Puisse naître de vous un fils qui me ressemble !
(Corneille, Rodogune, acte r, scène 4.),
Nota. Pour l'emploi des temps et des modes^ voyez la Syntaxe.
Résumons en peu de mots toutes les différentes formes dont nous venons de parler.
L'ijifiniiif exprime simplemcnl l'existence avec une DiodiBcallon déterminée. Ce mode nous offre le participe sous les deux formes, active ou passive.
L'indicatif ou affirmatifa pour caractère distinctif l'affirmation positive; les formes en sont :1e p/u5que-parfail, le prétérit antérieur^ le prétérit défini, le prétérit indéfini, l'imparfait, le présent, le futur simple ou absolu, et le futur passé ou composé, sans compter les trois formes que nous avons cru pouvoir négliger, et sans faire attention qu'on exprime quelquefois un futur avec la forme du présent, et un présent avec la forme de l'imparfait.
L'affirmation conditionnelle ou dépendante d'une supposition est l'accessoire distinctif du mode conditionnel ou supposiiif. Les formes qui lui appartiennent sont le prétérit antérieur ou plus-que-parfait, le prétérit et le présent ou futur, sans compter une autre forme que nous avons cru encore devoir négliger.
Le commandement ou la prière sont le point de vue particulier qui constitue l'impératif; il n'a que deux formes, le présent et le futur; sans première personne au singulier , sa troisième personne est précédée de la conjonction que.
Le subjonctif, qu'on appelle aussi optatif, exprime le doute, le désir ou la crainte, ou toujours une dépendance d'un verbe antérieur énoncé ou sous-entendu ; toutes ses inflexions, dans toutesles formes, sont précédées par la conjonction que, à cause de celte même dépendance. Ces formes sont le plus-que-parfait, le prétérit, l'imparfait et le présent et futur, outre une forme négligée.
h'interrogatif est le point de vue particulier qui constitue le mode interrêigaiif. Les formes sont les mêmes que celles de l'indicatif et du conditionnel, en plaçant les substantifs personnels à la suite. Il a donc onze formes.
Chaque verbe, excepté ceux qui sont défectifs, a donc en tout trente-deux formes usitées, et cinq formes qu'on peut négliger. (Estarac.)
GRAMMAIRE FRANÇAISE