‹ Grammaire générale des grammaires françaises, présentant la solution analytique, raisonnée et logique de toutes les questions grammaticales anciennes et modernesChapitre 184 sur 279 · DE LA CONSTRUCTION · texte numérisé non relu

DE LA CONSTRUCTION

proprement dite.

Nous avons arrangé de six manières différenlei la phrase latine : Cœsar v'icit Pompeium ; nous y avons trouvé six constructions différentes, c'est-àdire six manières de combiner ou d'arranger les mots ; mais nous n'y avons reconnu qu'une syntaxe, établissant les règles d'après lesquelles les mots sont subordonnés les uns aux autres. La.raison en est que, dans chacune des six constructions, il y a les mêmes signes de rapports que les mots entre eux, et que ces rapports sontconsêquemment les mêmes dans chacune de ces six phrases. Pour conclure, la syntaxe est la partie de la Grammaire qui donne la connaissance des signes établis dans une langue , pour communiquer la pensée par le moyen des mots ; et la construct'ion n'a pour objet que l'arrangement des mots.

Nous insistons sur la définition de ces deux termes, pour ne plus embarrasser par la suite nos lecteurs de la distinction particulière qu'il est utile et nécessaire d'en faire ; nous nous trouverons d'ailleurs souvent forcés de les confondre ensemble, tant la nuance qui les distingue est délicate à apercevoir et à saisir.

La construction est vicieuse quand les mots d'une phrase ne sont point arrangés selon l'usage delà langue.

Elle est louche lorsque les mots sont disposés de telle sorte qu'ils semblent se rapporter à d'autres qu'à ceux auxquels ils se rapportent réellement. On a donné ce nom à ce genre de construction par une métaphore tirée du motif que, dans le sens propre, celui qui est louche regarde d'un côté, lorsqu'il paraît regarder de l'autre.

La construction est grecque, ou latine, ou anglaise, etc., etc., lorsque les mots sont arrangés conformément à l'usage, au tour, au génie de la langue grecque, ou latine, ou anglaise, etc.

Elle est pleine, quand on exprime tous les mots dont les rapports successifs forment le sens que l'on veut énoncer.

Elle est elliptique, lorsque quelqu'un de ces mots est supprimé ou sous-entendu.

Elle est simple et analytique, si les mots y sont placés successivement , suivant l'ordre qu'exige l'analyse delà pensée qu'on veut exprimer.

Elle est figurée, quand les mots s'écartent de cet ordre d'une manière quelconque.

Nou« ferons connaître suffisamment ces différentes sortes de construction, en traitant séparément de la construction analytique et de la construction figurée, omettant seulement pour celte dernière partie ce que nous en avons déjà dit en commençant notre Giammaire.

DE LA SYNTAXE

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